‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 79 sur 261 · CHAPITRE HUITIÈME. *8S · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME. *8S

mises à la disposition de Vandamme et se rapprochent de son champ de bataille.

Napoléon marche vers Ligny à la tête de la division de grenadiers à pied, de la cavalerie, de l'artillerie de la garde et des cuirassiers de Milhaud.

Le corps de Lobau , arrivé de Charleroi depuis quelques instants, a pris position à droite de Fleurus, sur la chaussée. Il doit y rester.

L'apparition vers la Haye de la garde, qui s'avance au pas redoublé, drapeaux déployés, tambours et musique en tête, est saluée par les acclamations des soldats de Vandamme.

Ébranlés par la prise du Hameau, reculant devant l'ennemi, ils se raffermissent et s'arrêtent.

Vandamme place immédiatement en réserve générale la brigade de chasseurs à pied, et lance la division Duhesme (huit bataillons) contre la ligne de Jiïrgas. Abordée d'un impétueux élan , les Prussiens ne tardent pas à plier. Le Hameau leur est repris. Duhesme les repousse jusqu'à Wagnelée. La division Girard, conduite maintenant par le colonel Sébastiani, refoule Pirch II dans la Haye. La cavalerie de Jiïrgas, malgré sa supériorité numérique, est contenue par la division Domon, que vient de renforcer celle de Subervie, arrivant de notre aile droite.

Le terrain est déblayé jusqu'au ruisseau.

Mais Blùcher, en voyant se prononcer cette dernière attaque, avait retiré, des Trois-Burettes, la division Brause, et l'avait rapprochée du combat.

Jïirgas en appelle cinq bataillons arrivés derrière Wagnelée, et les fait entrer en ligne. Blùcher, lui même, va prendre les quatre autres bataillons de Brause et les dirige sur la Haye.

L'intervention de ces six mille hommes de troupes fraîches amortit la violence de l'attaque, puis fait regagner, peu à peu, aux Prussiens le terrain si vivement enlevé, il n'y a qu'un instant. Us reviennent jusque sur le Hameau.

m WATERLOO.

Blùcher ordonne, alors, de faire passer en réserve la division Tippelskirchen, réduite aux deux tiers de son effectif (1).

Presque en même temps, Vandamme retire aussi du feu la vaillante division Girard, plus éprouvée encore et harassée de cette lutte si longue, si acharnée, sur un terrain couvert d'obstacles, sous le poids d'une chaleur excessive.

Pendant que ceci s'est passé à notre aile gauche, Ligny est resté le théâtre de terribles combats. Blùcher a dû y envoyer encore cinq bataillons de la division Langen (corps de Pirch I) ; et, grâce à cette aide nouvelle, ses braves soldats se sont maintenus dans une grande partie du village, et, malgré l'incendie, ils n'ont pas cessé d'occuper le château. Gérard est à bout d'efforts : la nature humaine a ses limites.

A notre aile droite, Thielmann, sorti de sa longue indécision, a fait déboucher contre Grouchy, sur la chaussée de Fleurus, la brigade de cavalerie de Lottum, en l'appuyant de deux batteries et de plusieurs bataillons. Tout a été culbuté par une brillante charge de la brigade Burthe (corps d'Excelmans); six pièces d'artillerie sont tombées au pouvoir de nos dragons.

A la suite de ce coup de vigueur, le combat est devenu trèsvif dans le coude du Ligny, surtout vers la ferme de Potriaux et le pont. Une partie de la division de Borcke s'y est engagée contre les fantassins de Hulot, qui font des prodiges d'activité et de valeur.

Il était sept heures et demie ou un peu moins. La bataille restait indécise.

Napoléon disposait encore de la moitié de l'infanterie de la garde, de la division Guyot (grenadiers et dragons de la garde), des cuirassiers de Milhaud et du corps de Lobau : vingt-quatre mille hommes environ, ou le tiers à peu près de son armée. Blùcher, au contraire, avait successivement fait entrer en ligne les cinq sixièmes de la sienne. Mais trois de ses divisions,

(1) « Elle avait perdu 1,891 hommes. » — Damitz.

Page 1