‹ Histoire de la caricature antiqueChapitre 48 sur 94 · COMEDIENS · texte numérisé non relu

COMEDIENS

L'abbé deSaint-Xon, voyageant en Italie, en 1782, fut étonné de rencontrer, dans la galerie du marquis Capponi, un bronze antique, aïeul du Polichinelle français.

Ce qui paraîtra peut-être singulier, dit-il, c'est de retrouver ici un Polichinelle absolument semblable au nôtre pour les traits essentiels, la bosse devant et derrière, à l'exception de quelques petites différences d'ajustement qui ne sont qu'une affaire de mode, car en Italie, oîi le Polichinelle joue encore un bien plus grand rôle que sur nos théâtres, il est habillé autrement que le nôtre, mais il lui ressemble pour le masque et le caractère.

Cette figure a prêté à de nombreux commentaires. Très-répandue, elle est représentée dans l'antiquité sous diverses formes, même sous celle de marionnette.

Maccus chez les anciens est populaire par son masque comme Polichinelle en France, Punch en

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Angleterre; et je voyais dernièremeut, dans le musée archéologique de Moulins, un Maccus mobile, servant évidemment de jouet aux enfants.

Les savants, à Tinspection d'un masque si répandu, se sont demandé si le bouffon n'arrivait pas d'Israël, d'Egypte ou de Grèce. Quelques-uns ont disserté sur la courbe Israélite de son nez, voulant en faire un Juif. Il est certain, laissant de côté ces origines difficiles à préciser, que les anciens avaient prêté une certaine attention à cette comique figure.

Diomède (de Oratione), Apulée {Apologie), appellent ce personnage Maccus, nom de la langue osque qui paraît signilier bouffon, étourdi, stupide, selon l'explication de Juste Lipse, dans ses Questions épistolaires.

Antony Rich, qui donne une réduction de la statuette dans son Dictionnaire d'antiquités, au mot Moriones, y voit un de ces esclaves contrefaits, stupides et difformes, que les riches achetaient à titre de fous pour divertir leur intérieur à Rome.

Selon Rich, ce serait d'un de ces moriones que Martial a dit :

Acuto capite, auribus longis, Qiiœ sic moventur, ut soient asellorum.

M. Cil. Magnin trouve dans celte comique figure l'ancêtre de notre Polichinelle.

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