‹ Histoire de la caricature antiqueChapitre 47 sur 94 · SI 01 RE · texte numérisé non relu

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dieux. « Les deux couronnes suspendues en haul de la composition, dit l'érudit berlinois, nous paraissent seulement indiquer qu'il s'agit ici d'une scène de comédie; elles remplacent les masques que Ton voit, sur des peintures analogues, suspendus au même endroit. »

Sur le revers du vase sont peints deux hommes enveloppés de manteaux; le plus âgé lient de la main gauche deux pommes et une bandelette; l'autre en face de lui porte une branche.

Le peintre aura voulu donner les emblèmes de l'amour, et la parodie amoureuse sur la face opposée du vase. Le grave elle grotesque se retrouvenf. je l'ai dit dans le chapitre précédent, sur maints autres vases.

Ces parodies se jouaient, suivant de l'AuInaye, par les comédiens étrusques à Rome. Bientôt aux pièces des Étrusques se joignirent les pièces atellanes que les Romains empruntèrent aux Osques.

Dialogues d'une telle audace satirique que Caligula fit brûler, dit Suétone, un poète atellanique dont les vers paraissaient le critiquer. Domitien également condamna à mort le poète ïlelvidius pour .semblables allusions.

Deux poètes romains, Xovius et Pomponius, furent célèbres par leurs Atellanes dont le sujet était pris dans les classes populaires. De ces pièces, il ne

reste que les litres, et cependant à travers ces titres on suit presque l'action :

UAnier, le Pâtre cordotinîer, les Foulons oisifs^ la Marchande de volailles, les Vendangeurs, le Stupide enrôlé, les Noces, les Haillons, les Boulangers, les Pêcheurs, le Lieu de débauche, les Bouffons, le Porc malade, etc.

Ces spectacles allèrent jusqu'à la plus grande obscénité; aussi Diomède déllnissait-il ces sortes de pièces : « Sermonis cujuslibet motus sine reverentia, vel faclorum cum lascivia imitatio. »

Yalère-Maxime rapporte à ce propos qu'un jour Porcius Caton assistant aux jeux Floraux, le peuple attendait impatiemment les mimes, qui n'osaient point paraître, tant le stoïcien inspirait de respect. Averti de l'embarras que causait sa présence, Caton sortit pour ne point souiller ses yeux de ce spectacle lubrique et ne point priver le public de ses plaisirs; mais alors la multitude abandonna le tbéàtre et suivit Caton avec de grandes acclamations.

Suivant le même bistorien, les Marseillais ne voulurent point admettre ces mimes, dans la crainte que leur obscénité ne corrompît les mœurs de la cité ' .

1. « Eadem civitas (Massilicnsium) severitatis custos, acerrima est nuUum aditum in scœnam Mimis dando, quorum argunieiUa majore ex parte stuprorum continent actus, ne talia spectandi consuetudo cliam imitandi licentiam sumat. »

Les Marseillais ont-ils conservé cette candeur?

La pantomime est encore traditionnelle chez eux, et à l'heure où elle est aussi délabrée que la tragédie — deux arts antiques du resle, — il y a chaque

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