PAPPUS
D'après une agale noire
Le Maccus, au début, fut sans doute un excellent comédien, auquel divers acteurs succédèrent dans le même emploi et sous le même masque? Cela semble probable, à comparer les nombreuses sta-
luettes de terre et de bronze que les musées ont conservées'.
A mesure qu'on entre dans ces questions, plus on consulte de livres et de monuments, plus on est attristé du peu de ceititude dont l'érudition dispose.
Chaque figurine demanderait un volume de commentaires, et le public ne peut se douter des amas de notes dont on lui épargne l'étalage.
Au nombre des meilleurs acteurs comiques du théâtre antique, il flmt signaler le bâton qui s'est conservé dans la farce actuelle, le bâton qui manque à la tragédie, le bâton cher à Molière, le bâton de Polichinelle et de Guignol, le bâton avec lequel les Desgenais devraient corl'iger \ts filles de marbre au lieu de leur tenir d'éloquents discours qu'elles ne comprennent pas, le bâton, l'un des meilleurs auxiliaires de la pantomime, agent muet qui ne connut jamais qu'un rival, le soufllet.
1, On en voit deux, en bronze, au Cabinet dn> Médailles. Le n°3096 représente un masque coiftc d'une sorte de calotte avec un nez énorme de travers. Le nez considérable du n» 3UD7 retombe sur la bouche. Ces deux bustes paraissent provenir de quelque vase. Le fonds Canipana contient également divers Maccus en terre cuite.
ACTEUR COMiaUE IXEMPLISSANT LE ROLE u'f.N VIEILLAItll, D'.U'UÈS UN CAMÉE.
^iC, HISTOIRE
.Ce bâlon de la comédie, rantiquilé en faisait un tel cas qu'un graveur en pierres fines a voulu en consacrer l'importance; car le bàlon de la page 22 i a été dessiné d'après une cornaline antique.
Le bâton, on le pense, ne jouait pas son rôle seul; il était tenu par la main tremblante d'un vieux barbon grondeur qui, avec son aide, corrigeait les complaisances d'un esclave pour les amours d'un fils débauché.
A ces divers personnages et accessoires dramatiques je joindrai la représentation suivante d'après une peinture de vase.
Tichsbein ne pouvait exjtliquer la figure ciaprès : « Ce que représente cette planche, disait-il, est tout à fait singulier; c'est probablement une copie faite d'après quelque ancienne pierre précieuse. L'n dauphin porte au milieu des ondes une figure masquée, qui se laisse tranquillement conduire par son guide'. »
Il doit s'agir ici d'une figure de théâtre. L'homme à cheval sur le poisson a le masque semblable à celui de beaucoup d'autres personnages comiques qui se reirouvent fréquemment sur les vases; il
1. Les dauphins portant sur le\u' dos des personnages ont été représentés à diverses reprises par les peintres de l'antiquité ; mais la viîinotte ci-contre est le seul cas que je connaisse d'une figure bouffonne s'étalant sur le lïrave animal.
porte également le pantalon dit sarabara, à la mode des anciens Scythes, et déjà l'édition actuelle renferme assez de dessins pour que l'analogie des masques et des costumes puisse être comparée. Un autre monument inédit, je le dois à l'obli-
FIGlllINE COMIQLE EN TEiUiE COLORIÉE.
geance de M. Frœhner; ayant eu la bonne fortune de découvrir, dans une vente, des dessins de la
collection Durand, que sans doute le possesseur du fameux cabinet se proposait de l'aire graver, M. Frœhner a bien voulu en détacher pour moi les figures grotesques qui m'intéressent particulièrement; ainsi je peux ajouter à la troupe de mes comédiens une « danseuse grotesque vêtue d'une double tunique et d'un peplus disposé en écharpe ' . » D'autres comiques bizarres, au milieu desquels
KIGlIilXE COMIQIE,
il'apics une pâle de Ficoioni.
je signale celui dont un seul des yeux, énorme, se
1. « Le peplus est coloré en bleu et la tutiique en rose, ainsi que le lariie iiandeau qui entoure sa chevelure. H. 8 pouc. ) (Calai. Durand, rédigé par de Witle, 1836, in-8".)
détache en boule de loto du masque, répandaient, paraîl-il, la gaieté malgré leurs déformations.
Ficoioni a fait de ces mimes l'objet d'une étude spéciale ; et pourtant, même en y ajoutant le livre de de TAulnaye il reste beaucoup à dire ; mais le théâtre comique n'est qu'un parent de la caricature, et je ne puis insister plus longtemps sur un sujet si plein d'obscurités '.
De ces représentations de mœurs du peuple et de scènes de tavernes {tahernariœ) sortit la véritable comédie, celle de Térence et de Plante, l'^'nnuque et VAuIulaire, joués d'abord par ces comédiens, disent quelques érudits.
Malheureusement, un livre m'a manqué pour mieux préciser le sens de ces grotesques figures, qui représentent, comme le dit l'historien Mommsen, « le génie caustique des Italiens, leur vif sentiment des choses extérieures, l'amour du mouvement comique, du geste et des travestissements. » Ce livre qui, par le pays où est né l'auteur, eût éclairé le sujet d'une vive lumière, il m'a été impossible de me le procurer : l'ouvrage du chanoine
1. Dans l'ordre des courtisanes, des comédiens, des baladins, les découvertes de Tanagra ouvrent un champ illimité à rarchéologie moderne; d'ici à dix ans, bien des points de vue sur le théâtre comique grec éclaireront la question, ne fût-ce que par la publication gravée des monuments.
Jorio, le Mimica degli Antichi, qui explique la comédie latine par les gestes des Napolitains modernes.
FIGIRE COMIOIE DE THEATI'.E.
D'après une pierre antique.