‹ Histoire de la caricature antiqueChapitre 65 sur 94 · G HISTOIRE · texte numérisé non relu

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chaire publique et au fauteuil de l'Institut, avait été trop doux pour que ses adversaires n'y jetassent quelques pierres.

Nécessairement, les Allemands se mêlèrent à la lutte : du côté de l'exactitude des textes (à moins que l'idéal ne les emporte dans l'inexactitude), ils sont gens à écrire un volume de huit cents pages sur un tréma oublié; et toute occasion, ils la saisissent avec joie pour faire pièce à la légèreté française.

En 18:29 fut publiée une brochure anonyme avec le titre' suivant : Quelques mots sur une diatribe anonyme intitulée : Quelques voyages récents dans la Grèce à Voccasion de Vexpéditiou scientifique de la Morée, et insérée dans TUniversel des 6 janvier et 26 mars 1829.

Un long titre qui sent son Allemagne. Le plus curieux n'était ni dans le titre ni dans la brochure. La machine de guerre se cachait sous une vignette, d'après un vase grec antique. Cette image représentait une Renommée qui fuit les poursuites d'un homme; la figure symbolique, lui faisant un geste de mépris, confirmait les caractères grecs peints en exergue au-dessous de la scène.

Ey.iç, -cd xali « Loiu dc moi , bel enfant! » s'écriait-elle.

Ce dessin donna lieu à plus d'un commentaire ;

toutefois les véritables érudits s'étonnèrent qu'une Renommée antique pût faire à un poursuivant affamé de gloire un geste qui était alors de mode seulement aux Funambules.

Un archéologue, absorbé par les recherches, fit une grave dissertation sur ce singulier dessin; mais les hommes d'esprit, on en compte quelquesuns en science, s'égayèrent fort de la parodie qu'on attribua généralement au baron de Stackelberg.

Pour un Allemand, la caricature était spirituelle. M. Pûioul Piochette poursuivant la Renommée n'eùt-il pas été reconnaissable à ses fameux favoris taillés à la mode du temps, que des initiales gravées dans un coin du dessin ne laissaient aucun doute à son endroit.

Tout le monde d'alors rit de la mystification, el l'inscription : Loin demo'i, bel enfant, ohiminn vif succès dans les salons même où l'élégant membre de l'Institut était le plus en faveur.

Nécessairement M. Raoul Rochette ne répondit pas : c'eût été se reconnaître. Il fit mieux; en une huitaine tous les exemplaires de la médisante brochure disparurent du commerce. Et je n'aurais pu faire mention d'un si piquant opuscule sans l'obligeance du secrétaire perpétuel de l'Institut, M. Beulé, qui me permit de prendre connaissance

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d'un pamphlet qu'il est un des rares à posséder.

Qui avait raison, du baron de Stackelberg ou de M. Raoul Rochette? Tel n'est pas l'objet de ce chapitre.

Au moment de terminer YHistoire de la Carkntnre antique je suis pris à mon tour d'une certaine terreur.

Plus une œuvre a été méditée, plus elle laisse de trouble dans l'esprit de celui qui s'en sépare : c'est une mère de famille qui envoie son fils à Paris et craint pour lui les dangers de la capitale; c'est une œuvre dramatique qui, composée dans le cabinet, a paru à l'auteur une merveille d'esprit, et semble maussade, grise et terne, à peine est-elle lue aux comédiens.

En revoyant pour la dixième fois peut-être les épreuves, je me dis combien il reste à faire encore, combien de points d'interrogation l'estés sans réponse, combien chaque époque d'un art si peu connu demanderait de connaissances spéciales, combien l'érudition laisse de points obscurs. Là où il eût fallu allumer des torches, je n'ai guère eu à ma disposition qu'un pauvre petit rat, jetant d'indécises et tremblotantes lueurs.

J'ai travaillé en crudit et non en vaudevilliste. Les bibliothèques m'ont vu pendant des années entrer gaiement et sortir soucieux, accablé de Icc-

tures. Et pourtant, je me demande si l'antiquité ne me dira pas, à moi aussi :

— Loin d'ici, méchant enfant!

EKAS nAI KAAE.

DE QUELQUES MOPsUMEMS INÉDITS

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