DE LA PREMIÈRE ÉDITION XV
Pline, montrait que l'antiquité avait eu des peintres de mœurs, des paysagistes, des peintres de nature morte et des peintres de grotesques. Dans la Politique d'Aristote, le mot x"p^^"^î "e pouvait, suivant Wieland, être traduit que par le mot caricature.
Il y a bientôt un siècle que fut public cet article, qui dut intéresser les Athéniens de Weimar. On le tire de la poussière aujourd'hui. Le docteur Schnaase va contre l'art grotesque chez les Grecs; il trouve faibles les raisons de Wieland. Pourquoi ne pas dire faibles les raisons d'Aristote et de Pline?
Les arts marchent côte à côte et font pendant. En regard de Sophocle, Phidias. La niche en face de la statue d'Aristophane restera-t-elle vide? Qui fera vis-à-vis à Lucien? 11 s'est trouvé de grands satiriques qui ne respectaient ni les dieux ni les hommes, et leurs hardiesses n'auront pas fait tailler de hardis crayons !
Presque en même temps que Wieland, le comte de Caylus, qui, mieux que le conteur germanique, connaissait l'antiquité par ses monuments, eut aussi le soupçon de l'art satirique.
XVf PRÉFACE
Deux brochures modernes, signées Charles Lenormant et Panotka, ont confirmé l'opinion de Wieland et de Caylus.
Dans une thèse latine soutenue en Sorbonne par M. Charles Lenormant, le jeune érudit joignait à son commentaire sur le Banquet de Platon de précieuses notes relatives au comique. Qu'on ne partage pas toutes les vues de M. Lenormant, qu on combatte son système de rattacher tout monument de l'art antique à un symbolisme religieux enveloppé de mystères, il faut lui rendre cette justice qu'il a cherché, étudié, creusé un peu trop, peut-être vers la fin de sa vie; toutefois l'érudition lui est redevable de nombreuses trouvailles.
Panofka, préoccupé d'éclaircir le sens satirique de symboles mystiques se profilant en noir sur l'ocre de certains vases grecs, ne donna malheureusement qu'un mémoire trop restreint.
L erudit berlinois, si versé dans l'antiquité, eût pu étendre de beaucoup ses recherches; il s'est appesanti sur des sujets d'une parodie douteuse et a négligé nombre de peintures grotesques que mieux qu'un autre il eût été à