NOTICE
Ce n'est pas en Angleterre seulement que M. Thomas Wright, l’auteur anglais de « l'Histoire de la Caricature, » a une triple réputation d’archéologue, d'historien et de critique du premier ordre. Son titre de membre correspondant de l’Institut de France atteste que cette réputation a franchi la Manche. Les érudits d'Allemagne et d'Italie qui la reconnaissent comme les nôtres, ont mainte fois cité son « Histoire des habitants primiüfs de la Grande-Bretagne, » celle des « Mœurs domestiques en Angleterre pendant le moyen âge » et ses divers mémoires d'histoire ou d'archéologie publiés successivement soit en brochure, soit dans les feuilles périodiques *.
1 Thomas Wright a été un des fondateurs de l'Association archéologique d’Angleterre et d'une ou deux sociètés de bibliophiles anglais. Auteur d'ouvrages très-estimés, il a cn outre édité un grand nombre d'auteurs anciens et quelques ouvrages rarissimes. C’est en 1842 qu'il remplaça le comte de Munster comme membre correspondant de l’Institut de France.
Nous ne devons pas oublier ici les deux volunes de Th. Wright intitulés: England under the House of Hanover, Histoire des trcis Georges, illustrée d’après les caricatures et les satires du temps. Dans cet ouvrage, comme dans l'Histoire de la Caricature, les illustralions ont été exécutées par feu F.-W. Fairholt, archéologue et dessinateur, dont la collaboration mérite d'être menlionnée. — Thomas Wright est mort le 24 décembre 1877.
Il NOTICE
Les nombreux amis que s’est faits Th. Wright (et je m'honore d’être un des plus anciens) aiment à citer non-seulement son crudition, mais encore ses qualités aimables. Heureux les étrangers qui ont pu l'avoir pour cicérone à Worcester, cette Pompeiïa britannique, dont il a le premier révélé les trésors et dirigé ou éclairé les fouilles.
L'ouvrage dont mon collaborateur Octave Sachot et moi nous publions aujourd'hui la traduction, a ajouté un titre de plus à tous ceux de son savant auteur. Je réclame le mérite d'avoir eu l’idée de faire connaître cet ouvrage aux lecteurs français. J'avais l'intention de le traduire seul moi-même; mais je me félicite d'avoir été forcé par d’autres travaux de confer cette tâche à un écrivain expérimenté, qui s’en est si bien acquitté qu'il a rendu superflue la révision du manuscrit et des épreuves que je m'étais réservée dans ma part de collaboration. Je me félicite plus encore d’avoir tant tardé à exécuter le projet de composer un ouvrage original sur un plan analogue, dans lequel, moins érudit que M. Th. Wright, j'aurais esquissé plus rapidement la partie relative au moyen âge, pour m'étendre davantage sur la partie plus moderne, et y comprendre quelques-uns des caricaturistes contemporains, exclus du plan de l’auteur anglais. J'avais quelquefois entretenu de mon projet un ami très-regretté, W.-M. Thackeray, qui avait conçu de son côté le projet d'un ouvrage identique, dont il n’a publié que l’esquisse dans un article de la Westminster-Review. Thackeray maniait avec une facilité presque égale le crayon du caricaturiste et la plume du romancier satirique. Nous avions échangé quelques notes, et il devait, comme moi, consacrer un chapitre à la caricature espagnole, représentée par Goya. L'omission de ce nom ne peut être reprochée comme une lacune à l'ouvrage de Th. Wright, pas plus que l’omission de nos caricaturistes français encore vivants ou morts depuis les premières années du siècle, et qui heureusement viennent d'avoir un ingénieux biographe dans M. Champfleury *.
4 Voir le post-scriptum à la préface de M. Th. Wright.