Paris, Ledoyen, in-l
raillerie et d'iiumour, n'a-t-il pas pense à tous les bossus qui se sont moqués de l'hunaanité depuis Thersite et Esope? Quoi qu'il en fût de l'inspiration, nous nous souvenons tous, hélas! nous qui ne sommes plus les jeunes et qui avons déjà vu plusieurs révolutions, nous nous souvenons de ce garde national, prompt à la colère, jurant, sacrant toujours, fréquentant le château et les mauvais lieux, libéral, monarchique, mais licencieux et gourmand, futé comme M. Thiers, atrabilaire comme Casimir Périer, attaquant, défendant la Charte et portant sur sa bosse le poids de toutes les iniquités de l'opposition !
Un beau jour, ou ue sait pourquoi, Mayeux mourut tout à coup. Sa bosse l'avait étouffé. Ou plutôt, si, je sais pourquoi il est mort, et je vais vous le confier. Ce pauvre bossu était patriote ; il était libertin, mais il n'était pas filou; il avait des défauts, mais il n'avait pas commis de crimes, il souriait à la beauté, mais il ne crochetait pas les secrétaires; bref, M. Mayeux, malgré ses gros jurons, avait encore des illusions
La société, en se perfectionnant, ne pouvait pas s'en tenir à ce bossu mal découplé ; il lui fallait un héros plus habile, plus souple, qui eût plus de toupet et qui sût parler aux actionnaires. M. Mayeux présidant un conseil, distribuant des dividendes, eût été impossible. Il y avait en lui, malgré ses railleries, un côté paterne, et je dirai même paternel, qui le rendait insuffisant. Quand l'heure des grandes affaires fut venue, Mayeux disparut et Robert Macaire prit possession du pavé....
Le bossu mourut à l'heure oii les illusions n'étaient i)lus possibles ; c'est ce gredin de Robert Macaire qui, en venant d'assassiner ce bon (lermeuil, a mis le pied sur Mayeux et lui a dit : « Allons, meurs, bouffon naïf. La naïveté est morte! »