TUM FYIT HOG MONUMENTUM
PRODESSE NON OBBESSE.
Cette partie de l'épigraphe funéraire, dont les quatre premières lignes latines ressemblent beaucoup à une dédicace, n'est autre chose qu'une mention des souverains sous le gouvernement desquels fut érigé le modeste monument. Il n'est question ici que du pontificat de Paul Y, du règne de Louis XIII et de l'épiscopat de la Rocheposay . La date de 1616 rattache à ces cinq lignes latines tout ce que contiennent les premières. Mais on se demande de quel droit ce fragment isolé, et par cela même insignifiant, serait venu se poser là, si une main inintelligente ne l'y eût apporté après nos derniers désastres révolutionnaires. Nous n'en parlons ici que pour répondre à une question que s'adressera toujours quiconque voudra deviner cette énigme, autrement inexplicable.
La négligence pour le service divin , dont nous avons vu le Chapitre accusé devant l'archevêque de Bordeaux, avait passé des chanoines à leurs subordonnés , et de fâcheux abus s'étaient invétérés parmi les officiers et suppôts de l'église : à tel point que certains bénéfices
ic. 2i
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élaient depuis plus de vingt ans possédés par des particuliers qui jouissaient de ces fruits comme de bénéfices simples 9 sans remplir aucun des devoirs qui s'y trouvaient attachés- Telles étaient l'abbaye de Saint-Jean , l'ancien baptistère, dont on ne connaissait plus le possesseur légal, et l'aumônerie de Saint-Mathurin, chapelle située près l'église paroissiale de Saint-Saturnin, et dans laquelle nous avons vu les évoques s*habiUer pour leur entrée solennelle. L'une et l'autre avaient pour titulaires des chanoines de la cathédrale; leurs biens ayant été singulièrement réduits par les guerres civiles, les titulaires tenaient moins à les recouvrer; mais ce n'était pas moins un devoir aux patrons et collateurs de veiller à ce qu'elles leur fissent retour. On se décida, en conséquence , par actecapilulaire du 22 avril 1618, à saisir le temporel de ces deux bénéfices, aussi bien que celui de plusieurs hebdomadiers absents et non résidants. On prévint aussi )ous ceux du bas chœur qui s'étaient ainsi fourvoyés « d'avoir à reprendre leur assistance au chœur, leurs habitudes dans le saint office, et de ne plus l'abandonner entièrement, « comme il était ci-devant plusieurs fois sur* venu. 1) Le peuple^ qui a plus que personne le sentiment du devoir et juge toujours par instinct en faveur des convenances, vit avec plaisir réparer ces scandales et Jl'ordre se rétablir enfin dans les choses les plus dignes ,de sa confiance et de son respect \
Les capucins, établis à Poitiers en 1609, s'y étaient bâti un couvent dont la première pierre fut posée l'année suivante, au nom du roi Louis XIII, par les officiers du prèsidial '. Ils y eurent en 1619 un chapitre provincial
' D.Foiit.,t.ni, p. -181.
* Tliibaudeaii , t. m , p. 345.
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IC2Î ir^-;.} DE POITIERS. 52,^
à 1 occasioa duquel Févêque ordonna les prières des quarante-heures à la cathédrale. C'est là première Cois que des titres écrits mentionnent dans notre église cette forme do supplications publiques destinées à attirer les lumières d'en haut sur un ordre qui devait rendre d'utiles « services à la religion et aux sciences ecclésiastiques.
Au mois de juin 1621 , le cardinal de la Valette, archevêque de Toulouse, officia solennellement dans la cathédrale. 11 était venu à Poitiers pour présider une assemblée du clergé où se trouvèrent douze évèques^ y compris le nôtre 9 et douze autres capitulants \
En 1 623, le grand autel fut remplacé par un autre plus beau que donna M. de la Rocheposay. Nous ne savons rien autre chose sur ce cadeau; mais il est supposable qu'un autel de marbre succéda à celui de pierre, qui servait depuis longtemps. Nous verrons le même prélat se donner d'autres soins pour l'enrichir plus tard et l'orner d'une manière digne des saints mystères auxquels il était destiné.
II fut moins heureux dans la nouvelle place qu'il assi^ gna à ce nouvel autel. Sans attention aux vieilles près* criptions liturgiques qui l'avaient établi sous des voûtes surbaissées, au fond de la basilique , dans sa partie la plus orientale, et de façon que chacun en priant fût natu* rellemenl tourné vers lui , l'évêque changea cette disposition si rationnelle^ transporta la pierre du sacrifice dans le transept, et, sous prétexte de faire comme à Rome, effaça d'un même coup et l'économie première du local et le symbolisme que la foi y avait attaché. C'était par trop sacrifier aux idées de son temps et subir Tinfluence
1 Bourgeois, p. 205.
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d'une époque oii Tart païen avait usurpé les données vénérables de la religion de Jésus-Cbrisl. Par une conséquence de celte innovation, le jubé fut aussi dérangé ^ non-'seulement parce qu'ayant gardé toutes ses mutilations de 1562, il eût déparé ce luxe nouveau , mais aussi parce qu'il se fût trouvé trop près de l'autel et l'eût entièrement vQilé aux regards '. On le transporta au fond du chœur, déplacé lui-même par une autre nécessité, et il forma la clôture des stalles^ en s'avançant<le 3 mètres dans le déambulatoire^ ce qui ne laissa qu'un espace de 3 autres mètres à peu près entre lui et la chapelle de la Sainte-Vierge. Celte chapelle ne souffrit pas moins que le reste de ce désordre. Au lieu de se présenter aux yeux du clergé^ tourné vers elle pendant les ofTices en même temps que vers Pautel principal , elle ne fut plus que derrière lui , et^ par une anomalie que chacun observe et qu'aurait dû interdire un simple sentiment de convenance, on se tourne tous les dimanches à l'opposile de cet autel de Marie , lorsqu'à la fin de l'office du soir le chœÎM* la salue en chantant une des touchantes antiennes qui lui sont consacrées. Enfin les inscriptions de la famille d*Âux, que le jubé contenait, ne furent pas détruites sans retour. Une précaution pleine d'intelligence les fit transcrire sur le bronze et replacer non loin du lieu où reposaient ceux dont elles perpétuaient le souvenir. Les bénitiers en. marbre blanc que l'on voit attachés aux deux piliers qui soutenaient le jubé, près des portes Saint-Jean et Saint-Michel, celui qui flanque la porte des Cloîtres , sont encore un don du même évèque. Leurs arabesques et autres sculptures imitées de Tart romain disent bien
I GalL chriit.y t. ii , col. 4490.
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(«ÎS.) DE POlTIEnS. 525
baut d'où ils vienoenL— Le type religieux du grand siècle, ou Tari d'Àugusle se répétait dans celui de Louis XIV, n'est-il pas tout entier dans ces détails 7 . Les changements apportés à la distribution intérieure du chœur dérangèrent aussi les restes du monument funéraire de Simon de Cramaud, que nous avons vu détruit en 1562. Le cercueil en plomb était resté dans Tarcade pratiquée au mur de clôture. Les stalles ayant masqué cet endroit, on fit placer en dehors du chœur ^ au-dessous de cette même arcade , une inscription commémorative du cardinal, et Ton y appendit son portrait sur bois, qui sans doute avait remplacé^ peu après le pillage, la statue brisée du cardinal. Ce fut alors, comme Tindique assez le genre de lettres dont on s'y servit, qu'un peintre, mai guidé par un faux renseignement^ écrivit ab bas du ta: l)leau , à la suite des nom et qualité du personnage^ la date de 1426 œmme celle de sa mort. Nous avons prouvé dans DOS RecheriiheSj déjà citées, qu'il fallait lire 1422; c'est pourquoi nous avons fait restituer cette date '..
La partie antérieure du chœur étant devenue le sanctuaire, une portion du mur de clôture se trouva dépouillée du revêtement que les stalles lui avaient procuré jusque-là. Ce ne fut que bien plus tard , et à la fin seule* ment du xv!!!"" siècle , qu'on fit garnir ce mur , depuis les grandes portes de fer des bas-côtés jusqu'au 4* pilier, d'un lambris à panneaux ornés de vases reliés par des
■ Il faut respecter sans doute les moQuments jusqu'à leur laisser le caractère de leur siècle , quelque bizarre et excentrique que ce caractère puisse être; mais il ne faut pas, selon nous, pousser ce respect jusqu'à maintenir une fausse chronologie donnée par un ignorant , au risque de laisser tomber tons ceux qui la voient dans Terreur qu'il a trop longtemps accréditée.
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guirlandes 6D relief. Cet ouvragé de menuiserie est bien traité^ mais peu en harmonie avec celui du xiii'' siècle, qu'on crut orner en lui donnant ces autres vases enflammés distribués au-dessus de son entablement, et que l'on y a conservés, au grand déplaisir des connaisseurs.
C'est vers ce même temps que le prélat fit réparer aussi et embellir, comme on disait alors, la chapelle de Saint- André , dite aujourd'hui du Sacré-Cœur. Il prenait ce soin d'avance pour sa sépulture , quMl y avait élue. Or les embellissements consistaient en des peintures à fresque dont les murs furent décorés > et qui subsistent encore par quelques vestiges ' , et en une balustrade en pierre découpée en larges feuilles profondément ciselées, œuvre lourde et massive , qui servait de clôture au croisillon , et qui laisse encore deviner le ciseau architectural du même siècle sur lés deux échantillons qui nous en restent au musée des antiquités de l'Ouest. Une autre plus légère , mais de goût aussi équivoque , servait de clôture à la chapelle des Apôtres, et se voit maintenant au fond d'un jardin de la rue des Filles-Saint-François (maison n^ 40 ). Bobinet ' prétend que le nom donné à oeVe chapelle des Evêques lui était venu de ce que les nôtres y étaient inhumés. Mais nous en avons vu inhumés aus^ dans la croisée parallèle , dans le bas-côté sud * et jusque dans le chœur. Il est donc plus croyable qu'on avait ainsi désigné la chapelle dite d'abord de Saint-André, lorsque, après sa dévastation par les protestants et la perte de ses reliques, on lui donna une décoration Nouvelle dont les statues de huit évoques de Poitiers firent surtout les
' Faoveaa , an 2 mai.
* Note mamiscrite annexée au 2* vol. de ses ÂtmaUêd'ÀquUame,
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frais. Ces évêques devaient èlré précisément les liuit que TEglise de Poitiers reconnaît comme saints •.
Du temps de D. Fonteneau, vers 1760, on paraissait croire encore que tous ces illustres personnages eussent reposé dans cette partie de la basilique. Hais cette erreur populaire n'avait aucune portée devant Thistoire^ qui marque la sépulture de saint Hilaire dans sa propre église % aussi bien que celle de saint Fortunat^ comme celle de saint Ànthème, à Jonzac ^
Un concile provincial se tint à Bordeaux en 1624. Le Chapitre de Poitiers y députa pour le représenter messire Pierre Couslière, habile canoniste, qui fut depuis grand archidiacre du Poitou. Quand il fut question dans l'assemblée de régler Tordre des préséances, le cardinal-archevêque S qui présidait > et ses suffragants, n'assignèrent à notre député que la cinquième place , « selon l'ordre de la consécration de M. Tévêque de Poitiers. » Ceci paraissait fondé , il est vrai , sur les canons de plusieurs conciles tenus en divers temps; mais il ne s'agissait point 9 dans l'espèce, de la préséance d'évêques les uns sur les autres; les chapitres seuls étaient en cause, et> comme le fit observer plus tard un célèbre jurisconsulte poitevin , on ne pouvait assimiler les droits personnels et variables des évêques à ceux des cathédrales, dont la vie morale se perpétue indéfiniment, et dont les droits sont immuables, « comme ceux d'un corps qui, au delà de
« Saint Hilaire, saint Gelais, saint An thème, saint Fient, saint Fortonat, saint Ëmmeran , saint Maximin et saint Pierre, 11* dn nom. — Guillanme Tempier et Gauthier do Bruges n'ont été honorés qoe do la^ béatification.
* Thibaudeau,t. i^ p. 22.
* D. Font., t. LX.
* François IV d'EscoubIcau de Sourdis. .
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plusieurs siècles, est toujours réputé le même '. «. Notre canooiste pressentit ces raisons , remontra qu'après les députés de Téglise de Bordeaux, la première place devait appartenir à celle de Poitiers, la première et la plus ancienne église (c non-seulement de la Guyenne, mais de toute la France > » il protesta au nom de sa compagnie , et demanda acte de cette protestation. Comme on le lui eût refusé, il le fit dresser par un notaire le 24 octobre; après quoi il prit la cinquième place. Bientôt une autre difficulté s'éleva : les évêques refusèrent aux chanoines députés voix décisive et consultative dans les matières à régler. Ce refus ^ qui se produisait en dehors des plus anciens usages de l'Eglise et des règles consacrées par le droit ^ tendait à changer la discipline sur un point de la plus haute importance pour les chapitres *. Aussi les membres présents des chapitres de la province déclarèrent-ils en appeler comme d'abus. Les choses en restèrent donc là, comme il arrive très-souvent; elles n'eurent de solution conforme au vœu du Chapitre de Poitiers que sur la préséance que le cardinal de Sourdis lui reconnut après le concile, en faisant placer dans les actes imprimés le Chapitre de Poitiers en tête de tous les autres ^
« Jean Filleaa, Traité du droite^ prérogatwei €t préémmencu au églUti cathédraUê dam lei cmcilei provinciaux, — Ponr le Chapitre de Poitiers, contre le cardinal de Soardis , in-42, Paris , 4628 , p. 69.
* VBériconTt ^LoiêeccléHait. de France, in-f», p. 283. --Il Tant reconnaître qoe, le pins souvent, on avait agi dans les conciles de TÉglise gallicane dans le sens défavorable aux chapitres; mais le nôtre s'appuyait ici snr nn nsage de la province de Bordeaux, el ne réclamait que pour son droit en matière de discipliDC.
* FlIIeau , uhiê^rà , p. 84 •
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(loas.) DE POITIERS. 320
Une autre querelle de même genre , telle que nous en avons raconté déjà plusieurs, s'éleva, quelques années après, entre les corps laïques qui devaient assister à la procession « du Sacre. » Alors, comme aujourd'hui encore dans certaines autres villes , on appelait ainsi la procession de la Fête-Dieu- C'était en 1628. Le roi Tx)uis XIII était au siège devant la Rochelle, et, voulant avoir prèsde lui le conseil d'Etat, autrement dit le « Grand Conseil , » il le fit venir à Poitiers. Ces Messieurs , qui avaient eu peu de temps auparavant une discussion de préséance avec le présidial, au sujet d'un enterrement, prétendirent faire déroger aussi en faveur de leurs prétentions aux usages du Chapitre et des autres corps pendant la procession de la Fête-Dieu. Mais le présidial , qui gardait le ressentiment d'une injure récente, ne voulut pas souffrir qu'entre lui et le Grand Conseil se missent les avocats et procureurs, dont ce dernier était ordinairement suivi ; il fit garder ses places à Saint-Pierre près du grand autel , et aussi dans la nef pour le sermon. Il se plaça donc au chœur vis-à-vis le siège épiscopal.Xes échevins furent installés du côté opposé. Le Grand Conseil, battu en brèche sur ce point, essaya de se retrancher au moins sur un autre, et voulut que les douze d'entre ses membres qui devaient, selon l'usage, porter pendant la marche du cortège douze torches de cire blanche ornées des armes du roi , se tinssent les plus rapprochés du Saint Sacrement. Cet honneur appartenait de droit au clergé de la cathédrale , et celui-ci ne le cédait jamais. Il ne le céda pas plus en cette circonstance; Tévêque déclara, de son côté, qu'il ne le souffrirait point; de sorte que le Grand Conseil en fut pour ses imaginations et se»
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plans, ce qui fit dire « qu'il étoit peu entendu à la coutume de Poitou ".0
On voit ici que le siège épiscopal se trouvait à cette époque proclie du grand autel, dans le chœur et à Textrémité des stalles.
Le 28 octobre suivant, la Rochelle fut prise* Le corps de ville demanda un Te Deum : il fut chanté à la cathédrale en action de grâces de cette grande victoire , qui abattait le dernier boulevard du protestantisme. Le Grand Conseil , le présidial s'y trouvèrent avec tout le clergé : ce futle jour de la Toussaint. On ne dit pas que la question de préséance, si radicalement tranchée par la Rocheposay , s'y soit représentée.
Cetévèque, qui aimait les belles cérémonies et prenait une grande part à' tout ce qui touchait les intérêts de la religion et de l'Etal, institua , à celte occasion, une fêle annuelle pour le jour des saints apôtres Simon et Jude. Le Saint Sacrement devait être exposé ce jour-là pendant la messe qui suivait matines. À l'issue de la messe capitulaire, le Te Deum était chanté en musique; le soir, après compiles, on allait faire la station à Notre-Dame en passant par les rues Saint-Paul et Notre-Dame-la-Petite , et Ton rentrait parla rue Saint-Savin à Saint-Pierre , où se donnait le salut *.
Les grands jours de 1634 furent une nouvelle occasion au Chapitre de faire valoir les droits de sa juridiction en dehors de ses limites accoutumées. L'ouverture, qui s'en faisait ordinairement à la cathédrale par une messe
' HUt. manUic. de M. de Raze, conseiller aa présidial , ad onn. 4G28. * Thibaudeau , t. m , p. 273.
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épiscopale du Saint-Esprit, eut lieu celte fois , nous n'en voyons guère la raison, dans la grande salle du Palais, le 4 septembre* Ce beau local fut tapissé richement; on dressa un autel « au haut des degrés, au milieu des cheminées , » el on Vorna « des parements violets de Messieurs de Saint-Pierre, » Le saint sacrifice y fut offert par révoque *. Mais ces honneurs furent bientôt payés par les impôts extraordinaires que la cour leva sur tout le clergé du diocèse pour pourvoir à la réédification des églises démolies par les prolestants, el autres besoins urgents de la religion- — L'évoque fut taxé à 300 lîv.; le Chapitre en paya aulaùt, el il fut ordonné que les gentils-* hommes possédant sans titres les bénéfices seraient' dessaisis , et les fruits- rendus aux ecclésiastiques '. L'Eglise gagna donc bien plus à cette session des grands jours qu'elle n'y perdit.
La piété généreuse de ce prélat saisissait toutes les occasions de faire du bien à son église en multipliant autour de lui les preuves de sa foi. Par un de ces pressentiments que Dieu accorde parfois à des âmes qu'il adopte, M. de la Kocheposay ne craignait rien tant qu'une mort subite^ Il songea de bonne heure à prendra contre cet accident, que le chrétien redoute toujours, les précautions quMnspire une foi éclairée, et, dès le 7 avril 1635, il fonda une messe perpétuelle du Saint Sacrement, à dire, pendant six jours de chaque semaine, à la chapelle de Saint-André. Déjà, depuis 1618, deux messes y étaient acquittées en son nom par un reli-
' D. Font., t. u?, p. 55 ur. — Fauvcau , Calendrier, f> 472. * fteeueil de tous les arrête de la eour dee grande joure de Poiiiere, io' 8* , Poitiers , 4^54 ; paeêim.
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gieux carme les mercredi et vendredi. Il établit pour cet. objet un fonds de 2,400 livres, auquel il ajouta, le 25 avril 1636, un supplément de 600 livres, afin d'y perpétuer une messe de plus pour lui et ses parents défunts. Cette dernière messe devait se dire le dimanche, à 8 heures et demie, lorsque sonnerait la cloche de prime, ou aussitôt après le sermon , quand il y en aurait. On prêchait donc alors le matin , après l'évangile de la messe paroissiale, et c'était le théologal qui s'acquittait de cette fonction. L'usage de prêcher après midi est nouveau et nous vient des moines de ces derniers temps *. En 1637, nouvelle preuve de zèle : Téglise reçut de ces mêmes mains, si empressées à l'orner, des richesses précieuses, et si le donateur acquittait en cela la dette ordinaire de sa dignité et de son titre , toujours faut-il reconnaître qu'il s'y prêtait de bon cœur, et ne cherchait pas, comme tant d'autres, d'honnêtes prétextes de s'y soustraire. Etant cette année , au mois de mai , à son château de Dissay , qu'avait fait bâtir Pierre d'Àmboise, et qui, depuis lors, avait appartenu à Tévêché de Poitiers, il régla avec un délégué du Chapitre le choix d*ornements complets de toutes les couleurs, d'un dais ou baldaquin en velours rouge orné de ses armes et semé de fleurs de lis d'argent pour le grand autel , d'un autre plus petit pour servir à l'exposition du Saint Sacrement, d'une garniture de velours violet pour mettre devant la chaire à prêcher, et d'un tabernacle en noyer doré ce par le dessus » , celui peut-être qui remplaça la crosse que nous y avons vue en 1550, et à laquelle était suspendue dans un vase de vermeil la sainte réserve. Les reliques de saint Hilaire , ou
• Grancoias , Traité de la mené et de Vofflc. dtv. , p. 577.
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réputées telles, étaient conservées alors, sur le grand autel, dans le reliquaire d'argent où elles reposaient depuis 1602. Il y ajouta une mitre d'argent, etTenrichit « d'un gros saphir bleuf » retrouvé dans la salle du Chapitre après le pillage des Gascons. Enfin il donna encore (I une custode à forme de soleil d'argent doré, enrichie de ses armes, pour porter en procession le divin Sacrement , » et une châsse de même métal où furent déposées plusieurs reliques, et que son lion armoriai décorait aussi '.
Ce prélat donna un rare exemple d'humilité en faisant effacer son propre éloge d'une inscription commémorative posée sur le tombeau d'un de ses vicaires généraux. Ledit vicaire, qui parait avoir été un homme de mérite, était Jean Filleau , frère du célèbre auteur des Décisions catholiques et des Observations sur la coutume du Poitou. Bachelier en théologie^ chanoine et chantre de réglise de Poitiers, il avait encore été nommé conseiller du roi et son aumônier, et dut à l'estime que l'cvèque faisait de ses talents et de ses vertus de devenir son grand vicaire et son officiaL Etant mort le 1 1 mars 1636, on Tenterra dans le bas-côté nord de la cathédrale , au pied du pilier qui flanque l'angle droit de la chapelle des Evoques. C'est à ce pilier que fut attaT^hée une plaque de cuivre de 2 pieds de large sur 1 8 pouces de haut , portant l'inscription suivante, qui rapporte ces particularités :
JOANNES FILLEAV PRESBITER , SACRiE THEOLOGIiE BACHALAUREUS , REGI CHRIS- TIANISSIMO A CONSILIIS ET ELEEMOSINIS
1 D. Font., t. Liv, p. 513; — Faaveau, au 5 avril ;— et l'acte original de donation et d'acceptation pÉ* le Chapitre ( archives diocésaifies , 1. 1 , p. A et 5).
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Z-yi HISTOIRE DE f.A CATHÉDRALE [^mi.)
HUJUS INSIGNIS ECCLESIifi PIGTAVENSIS GANTOR ET CANONICDS, NEG NON ILLUS- TRISSIMI PIGTAVORUM ANTISTITIS D. D.
HENRIGI LUDOYIGI GASTANJSI RUPIPOSOEI IN SPIRITUALIBVS ET TEMPORALIBYS VI- GAIIIUS GENERALIS EJYSDEMQUE OFFICIA-
LIS ET JUDEX ORDINARIUS. VIXIT DEO Plus y EGGLESLfi OBSEQUENTISSIMUS , REGI FID1SSIMUS, PATRLfi CARISSIMUS, TANTO
PRiESULI
ABDIGTISSIMUS ET