CINQUIÈME TRAVÉE
^•^ — Chapiteau à feuilles grasses galbées; sur l'une est affourché un chevalier richement vêtu , couronné d'une toque; un collet dentelé s'étend d'une épaule à l'autre
i r. les 22. et 55« ch. de V Ecclésiastique , et le 10« de VJpocalVPf^-
sur sa poitrine. Ses deux jambes dépassent les limites de la corbeille. Il dort en supportant le tailloir de ses deux mains. — Quelque puissant spoliateur d'église, de la cathédrale peut-être , attendant la fin de son expiation. domitavit anima mea prœ twdio. ( Ps. cxvin • )
2*. — Buste de femme a traits fort prononcés et d'une grande régularité. Il fait penser à la beauté mâle et vigoureuse de la statuaire grecque. ^ La beauté n'est trop souvent qu'un dangereux avantage dont il faut plus tard réparer les fautes. Fallax gratta ; vana est pulchritvdo. (Prov., XXI, 30.)
3%— Tête de taureau ou de bœuf; ses deux pieds de devant relevés indiquent une course rapide; ses lèvres disjointes laissent paraître le bout.de sa langue, comme il arrive quand un animal s'est fatigué à courir. Cette marche superbe, et l'air imposant que prend notre quadrupède « rappellent le passage du 6' chapitre de l'Ecclésiastique. Le Sage y conseille à l'homme de ne pas imiter dans ses pensées l'orgueil du taureau , en qui la force ne peut suppléer à la raison.
4'.— Chapiteau à feuilles galbées^ au milieu desquelles ou personnage à large vêtement, la tête recouverte de la cuGuHe, soutient le tailloir de ses deux mains , les coudes appuyés sur ses genoux. Il regarde le ciel ; désir de la délivrance. — Àufer à me opprobrium et jcontemptum. (Ps. cxviu.)
5«. — ^ Homme dont la tête a quelque chose de monstrueux, et que son état fruste ne permet pas dedéternainer. Courbé sous le poids d'un être humain étendu en travers sur ses épaules, et que de graves mutilations c^p^chent de recoimaltre , il laisse croire que tous les instincts salaniques ne lui sont pas étrangers.
6*. — Télé de tigre appuyée sur ses deux pattes rieures. Un léger vêtement croisé en pointe sur sa trine , un \ oile qui recouvre la tète et descend si épaules, annoncent une personnification féminine. (N — Portrait de la femme méchante dont la malice TEsprit-Saint, dénature les traits et surpasse celh plus cruels animaux : Non est ira super tram mulieris; mort leoni et draconi placebit, quam hcAitare cum m nequam. Nequitia mulieris immutat faciem ejus. (Ecclés. 23 et 24.)
7*. — Chapiteau dans les feuilles duquel est , ce embarrassé, un homme à vêtements courts et se barbu, tenant de la main droite un bâton recoûrl forme de houe. Sa position est contournée. — Ce croi trahir quelque* méchante intention que la figure m ment guère.
8*. — Masque de diable, les cheveux hérissés en mes pointues. Ses bras sortent de dessous ses ore De ses mains , décharnées comme eux , il élargit sa che ornée d^me série complète de dents serrées et i Hères. Ses jambes maigres et musculeuses se rei sous cette tête, dans laquelle le corps se confond, € pieds, cramponnés à la pierre, n'ont que trois d semblables à ceux d'un chien.
9«. — Tête à visage calme , la bouche et les yeuî verts, pommettes saillantes; s'appuyant sur le mu plat de ses mains et relevant ses deux jambes jusqi dessus de sa tête, où ses pieds vont s'appuyer à pla un tailloir qui écrase un tant soit peu la pointe ol de la coiffure. (N° 24.)— C'est quelque saltimbanque pour ses péchés véniels : heureux de n'avoir eu à p que ceux-là.
10*. — Chapiteau d'où sort une tête regardant le ciel en grimaçant horriblement, et de ses deux mains tirant, entre une double rangée de dents, une double langue à droite et à gauche.
ir. — Un homme assis, la jambe gauche croisée sur Taulre, une main appuyée sur le genou droit, l'autre soutenant sa tète recouverte d'un manteau qui descend sur les épaules. — Il dort. —Expecto donec ventât immutatiomea. (Job., xiv, 14.)
*2».— Diable accroupi, d'une horrible laideur. De ses mains décharnées il tire de sa bouche large ouverte une langue démesurée , et la tient comme un instrument à vent dont il voudrait jouer. — Oreilles de faune ; — pattes comme au n** 8 (n" 25). Dans sa rage sacrilège, sa tan parodie cette symphonie que tant d'autres autour de lui consacrent à la gloire de Dieu.
13% — Chapiteau à feuilles grasses galbées, auxquelles se trouve mêlé un personnage, aujourd'hui sans tète, assis, s'appuyant des deux mains sur son bâton. — Ainsi aurait pu être fait l'aveugle de Jéricho dont parle saint Luc au xviïi* chapitre de son évangile.