CINQUIÈME TRAVÉE MÉRIDIONALE
<"'. — Chapiteau à feuilles d'eau galbées.
2*. — Un personnage couronné , assis sur un petit
266 niSTOrRE DE LA CATHÉDRALE.
siège sans dossier, a relevé les pans de sa robe sur sa cuisse gauche, qui supporte une petite cithare à si^c cordes, dont il joue. — Confiteantur tibij Domine, omn^^ reges terrœ. ( Ps. cxxxvii, 4.)
3^ — Homme vêtu d'une longue robe, coiffé d'un dia.— dème. Il est assis , tient un sceptre ou une épée de 1 si main droite, et appuie la gauche sur sa poitrine. — Sf^ lomon jugeant les deux mères.
4^ — Chapiteau à feuilles d'eau galbées , portant d^s fleurs en enroulements.
5*. — Une femme debout , la tête penchée en arrière , robe traînante et bien drapée , taille svelte; elle marct^e et tourne le dos à l'autel. — La tête et les bras ont èt^ brisés. — Vanité mondaine s'éloignant de Dieu.
6*. — Personnage assis, à longue robe drapée, sans mains ni bras.
7*. —Chapiteau à feuilles de fantaisie recourbées en crosse.
8*. — Homme entièrement nu , assis , les jambes posées verticalement, les talons rapprochés de ses cuisses, €t n'ayant pas môme la feuille de figuier. Ses cheveux sont coupés en rond; il est sans coiffure; ses deux bras saut passés par-dessous ses jarrets ; il les rapproche de sa tête, et de chaque main il entr'ouvre sa bouche et montre ses dents.
Il ne faut pas confondre cette image avec tant d'autres qui effarouchent parfois nos regards , et dont le sens n'est pas toujours suffisamment apprécié. Ici rien ne sort des plus simples habitudes de la nature , et le type de laideur adopté pour la figure^ les efforts que fait le personnage pourl'iaugmenter» témoignent d'une sorte de cynisme. On peut y voir cette âme qui se trompe elle-même, qui ^e
croil riche , o'est-h-dire pourvue des conditions essen tiellesde son salut, et à qui l'esprit de Dieu peut reprocher cependant d'être pauvre, aveuglée et dans une complète nudité : Dicis quod dive$ mm, et locupletatus... et nmisquia tu es pauper, et cœcM et nudus. (Apec-, m , 1 7.) — L'Ecriture nous présente encore une autre emblème dont ce sujet peut bien être la reproduction. Sous le nom de Ninive , un prophète accuse l'âme pécheresse , la menace de la part du Seigneur, et promet de révéler ses hontes sorètes et de montrer sa nudité à toutes les nations : Revelabo pudenda tua in facie tuà , et ostendam geniibus huditùtem tuam ( Nahum , m , 5. )
Au reste, il est remarquable que ce modillon est le seul de son espèce dans tout cet intérieur de l'édifice que nous parcourons. Quelques autres pouvaient appartenir aux formes sur lesquelles nous avons signalé des figures brisées. On les aurait mutilés à dessein , ne sachant pas se rendre compte de leur signification.
9*. — Grosse tête de vieillard barbu, sans coiffure, naaisdont les cheveux sont bien conservés. Il est aveugle <Bt entr'ouvre la bouche. — Aveugle du chemin de Jéricho s'écrient : Jesu, fili David, miserere mei. ( Marc , x, 47.) — I^ nature humaine, pauvre et aveugle, ne doit-elle pas s'écrier ainsi vers le Sauveur?
^0«. — C.hapiteau comme le n** 7.
<1*. — Ange debout, les ailes demi-ployées , revêtu d'une robe et d'un manteau qui se replie sur ses bras; de 1b main droite il tient dans un pan de son manteau un ^ase sur lequel il appuie la gauche comme pour le couvrir. •^ Dans l'Apocalypse (viii , 3) , un ange se tient devant l'autel et fait monter vers Dieu des parfums , figure de la Prière des saints.
2G8 HISTOIBE DE LA GATflÉDRALE
12%— Tète œuronnée; ses cheveux, agencés avecsoin^ descendent gracieusement de son front derrière les oreilles. — Elle tire la langue , et n'a qu'une expression de douleur. —Expiation.
13% — Chapiteau à feuilles comme les n" 7 et 10.