BAS-COTÉ SUD
3« travée. — Un ange, les ailes demi-ouvertes. Il tient la main gauche une croix, de l'autre une couronne. — B chrétien n'arrive à celle-ci que par la première. 4* travée. — Un agneau portant Télendard de la croix •né d'une flamme.
5* travée. Un homme sans nimbe, la tête nue, et au- Jel il manque une main, tient de la gauche sur sa poiine un disque passablement épais : peut-être le pain icbaristique : Panis vivm qui de cœlo descendit. (Saint «n, évang. vi , 51 . ) Le costume ample et bien plissé du îrsonnage pourrait être un vêtement ecclésiastique. 6* travée. — Une fleur épanouie, dont la corolle quadribée épanche quatre pétales symétriquement arrangés itour d'elle en forme de feuilles de trèfle. Elle conserve icore les couleurs bleue et rouge qui l'ont animée. Les -laies seuls ont gardé la couche commune de badigeon. 7« travée. ^- Couronne de vigne vierge. Elle a souffert ^ la pose d'un boulon de fer auquel aboutit un tirant Ppliqué comme moyen de consolidation à l'une des neriires.
8* travée. — Une feuille de chêne épanouie.
Tels sont les sujets de décoration donnés à nos voûte Ceux-ci ne pouvaient guère disparaître , et bon gré mi gré il a fallu leur laisser une existence que la chai a salie , mais qu'elle n'a pas détruite. Hélas ! pourqu a-t-elle succédé malheureusement aux vives couleurs q' jadis donnaient à ces pierres un langage si expressif , faisaient valoir toutes leurs pensées ! Nous avons reconni en examinant de près ces belles coupoles aux courbes régulières , que les surfaces , les nervures et les cariatid qui les reçoivent, avaient eu des coloriations diverse: dont les tètes surtout conservent encore des vestiges trè apparents. Dans les chapelles qui terminent le transep on voit la teinte bleue et le semis d'étoiles à huit rayoi qui représentaient à l'espérance du chrétien la sphè céleste. Ces étoiles , qui furent probablement dorées , i sont plus que d'un vert très-foncé , ce qu'on doit atti buer, croyons-nous, à Toxydation du métal sous les i fluences prolongées de l'humidité et de la chaux. ] chapelle de Paroisse, autrefois des Apôtres j est surto remarquable sous ce rapport. Sa voûte , coupée en quat portions égales par la croisée diagonale de ses support: est construite dans le style des deux premières travé du fond : elle aura donc été faite à la même époqa Pourquoi? Peut-être pour y faire d'attord roffice canonia comme semblent l'indiquer son ancien vocable et rom mentation recherchée de ses murs. C'est d'elle auc qu'auront dû s'élever les . premières cloches , une lar lunette de 1 met. 50 cent, d'ouverture , et que bordent petites feuilles recourbées en volutes , s'ouvrant au po central de la voûte. Une fois monté par cette baie , Vm strument sonore pouvait être facilement dirigé veratclocheton septentrional du chevet, le seul à peu près c
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ait^pii se prêter à cet office jusqu'au xv* siècle, où .furent construites les grosses tours de la façade.
En terminant ce chapitre , nous devons signaler certaines souffrances de la dernière travée de la nef et des deux dernières du latéral nord. L'une a perdu quelque portion de ses tores , qu'on n'a jamais pensé à lui restituer; les autres laissent apercevoir, à leur naissance sur les formerets , des interstices qui pourraient s'accroître. Peut-être faut-il attribuer ces accidents, qui seiftblent déjà fort anciens, à l'époque même de la confection de ces dernières travées, dont le travail aura été un peu précipité, sinon à un incendie dont nous parlerons- Quelle que soit la cause du mal, les moyens grossiers employés à raffermir leurs nervures ne paraissent pas dignes d'une Confiance qui permette de s'abuser sur leur avenir.
Enfin c'est ici le lieu de faire observer, pour la gloire de notre monument, qu'on lui a fait un triste honneur en Comparant Saint-Pierre de Poitiers à Saint-Front de Péri- Sueux. M. Jules Marion, à qui des réminiscences incomplètes ont sans doute inspiré ce singulier rapprochement', nous permettra de n'en trouver aucun entre le type, Certainement très-curieux, mais lourd et massif, de l'an- <^îenne Vésone et les formes sveltes et gracieuses de la 'Vieille église de Poitiers. Il ne serait pas moins étonnant « que les architectes à qui nous devons nos élégantes » coûtes eussent été s'inspirer à Périgneux , » comme le même écrivain en paraît convaincu. De bonnes raisons nous semblent prouver jusqu'à l'évidence tout le con-, traire; car, sans parler des coupoles de Saint-Front , qui
* Ilotes d'un voyage dans le sud-ouest de la France, insérées dans la ^fàiiothèque de V école des chartes , t. iv , p. 49.
ne peuvent avoir aucun rapt>ort avec nos conques surbaissées et dessinées en étoiles, c^^st probablement un souvenir confus du chœur de cette église qui égare ici notre voyageur. En effet ce chœur n^est aujourd'hui qu^me chapelle gothique bâtie tout à fait en dehors du pi an priiiiilif, comme l'a fort justement remarqué M. ral3bé Audierne '.—Fondée en 1347, elle fut restaurée en 1585, et porte des traces visibles de ces deux époques si diverses. Or nos voûtes étaient faites , en partie du moins, à la première de Ces (ktes; et, tte l^eussent-elles pas été, il est certain que le mélange des deux styles observé dans eélles de Saitlt-Frônt n'a aucune imitation supposable dahs celles de Sàiiit-Pierre. Si l'une des deux provinces avait copié l*aùtre , il faudrait donc reconnaître que Je Périgotd servait plutôt redevable au Poitou , que le Poitou au Périgotd.