‹ Histoire de la cathédrale de PoitiersChapitre 59 sur 99 · DEUXIEME VITRAIL DE JOSEPH · texte numérisé non relu

DEUXIEME VITRAIL DE JOSEPH

( Croisée nord , forme de gauche , au fond. )

Voici une forme pour laquelle on s'est évertué à trouver un genre de décoration tout spécial. Trois quadrilobes partagés en cinq compartiments sont accompagnés de cercles posés entre chacun d'eux, et se raccolant à la tète de l'un et à la base de l'autre. C'est dans ces cercles et compartiments que sont inscrites les scènes diverses qui continuent l'histoire de Joseph. Néanmoins nous n'avons plus celles qui devaient la terminer ; quatre médaillons sont perdus ici , de même qu'à la forme précédente.

Les galons rouges , les perles continuent à se montrer autour des petits tableaux.— La bordure surtout est oharmante par sa banderole qui grimpe en serpentant, et se promène autour du vitrail en passant sur un arbre dont la tige laisse échapper de côté et d'autre des branches ornées de fleurs.

Les petits monuments et édicules qui représentent soit des intérieurs, soit des meubles , sont encore en pleins cintres. C'est donc la même époque que la form^ qui précède , comme il est d'ailleurs naturel de le penser. Mais ce qu'il ne faut pas omettre d'observer, c'est l'absence complète de toute trace d'ogive dans 1^ édicules et autres constructions architecturales dessinées sur nos vitraux ; ce f»î* est très-significatif et ne permet pas de leur assigner ujie période avancée d ^^ XIII* siècle.

Le peintre a été fort prolixe dans l'exposé des faits : il en représente plu " sieurs, tels que le 9« et le 11©^ par exemple, dont le récit n'était pas ir»dispensable , et , arrivant vers le terme de son œuvre , il se presse et omet de^ circonstances qui offraient un bien plus grand intérêt. Ainsi nous ne voyons pa^ la coupe retrouvée dans le sac de Benjamin , ni le repas où celui-ci reçoit Is^ meilleure part , etc., etc. Il faut donc s'efforcer un peu à deviner la significatiorP de certains sujets qu'eussent avantageusement remplacés quelques autres plu^ favorables.

Cette fois, les ânes dont parle FÉcriture sont sacrifiés aux chameaux, qui figurent ici partout où devient nécessaire une bête de sonrnie. C'est un parti pris dont on ne peiit approuver le choix ; car les ânes que nous avons vus déjà quelquefois valent infiniment mieux que les chameaux que nous voyons , lesquels font peu d'honneur au talent d'imitation de l'artiste.

A Bourges et à Chartres on retrouve le même sujet ; mais il y est peint à une époque de l'art plus avancée.

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