‹ Histoire de la cathédrale de PoitiersChapitre 75 sur 99 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Des cnifPTES. — Origine des églises souterraines. — Ancienne crypte de l'église de Poitiers. — Des communications extérieures. —Dimensions de la crypte. — I>ébris .architectoniques résultant d'une fouille faite dans le fond du déambulatoire. — Prétendu caveau des évoques sous la chapelle de ce nom. — Porte des cloîtres. —Chapelle de Saint-Sixte.

A.U point où en sont venues les études archéologiques , et comme nous l'avons rappelé dans la première partie àe cette histoire, personne n'ignore plus que, dès l'origine^ nos églises catholiqlies , librement érigées après la c^s- 'satîon des persécutions religieuses, furent souvent assises sur d'autres églises souterraines, soit que celles-ci eussent existé dès longtemps auparavant dans le mystère Q^^ des temps meilleurs ne les forçaient plus de garder, soit qu'on les adjoignît aux constructions nouvelles, en souvenir de celles qui avaient été les premiers témoins "^s ei^semblées religieuses et des merveilleux développe- ''^^ï^ts de la foi. La période romane n'éleva presque pas ^ ï^sisilique qui n'eût ainsi sa reproduction, dans laquelle ^^^ ^e plaît encore à reconnaître, avec le même style d'arf'^î lecture, les mêmes détails à peu près donnés ensuite ^ *^* église supérieure. Tout constate que Saint-Pierre de ^* tiers a été bâti dans les mêmes conditions; mais aussi ^^^1^ avons acquis la preuve qu'à une époque indéter-

minée, l'église secondaire fut a)}andonnée, puis comblée par des matériaux informes , et que ses diverses avenues furent interceptées parla main des maçons. En deçà de quinze ans , une des dalles du pavage de l'église disparut un jour sous elle-même, près de la porte de fer qui conduit du latéral nord au chœur. On put apercevoir alors et visiter un vide considérable qui s'étendait dans le sens du bas-côté sur une largeur de cinq à six mètres, et dont la longueur ne put se déterminer, car de toutes papts était un amas de décombres dont la présence accusait bien certainement une intention formelle de combler le vide ; des murs s'élevaient de chaque côté , et l'un d'eux séparait sans doute cette nef latérale d'une autre intermédiaire , et correspondant aux deux travées du sanctuaire etdu chœur. Ce mur devait êlre d'une forte épaisseur, puisqu'en même temps il était le support des piliers et se reliait à la masse de leurs fondements. Quant à des arcades ou portes de communication, l'envahissement des déblais accumulés ne permit pas d'observer leur existence; mais il paraît que la voûte en moellons qui avait cédé en cet endroit était décorée de nervures, ce qui indiquerait une époque identique à celle des constructions actuelles.

Nous n'avons pu dans le temps étudier par. nousmême l'importance de cette découverte , et l'on ne pourrait y revenir aujourd'hui sans des travaux considérables et d'autant plus difficiles, qu'on semble avoir détruit à dessein toute espèce de communication avec ces portions souterraines de l'édifice. Ainsi plusieurs portes en plein cintre, ouvertes sur différents points extérieurs et adjacents à cette allée mystérieuse, ont été solidement murées, l'une tout récemment, une autre on. ne sait

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quand, mais après que le couloir auquel elle donnait accès eut été rempli des terres mouvantes que nous y avons reconnues. Cette dernière porte est pratiquée dans la cave d'une maison de la rue Derrière-Saint-Pierre qui porte le n** 6. On y arrive par des détours assez compliqués. Le corridor était percé sous la rue, en suivant Taxe transversal , et devait se terminer précisément à la nef inférieure que nous venons de décrire. L'autre porte mentionnée ici apparaît encore au fond d'un petit caveau nouvellement élabli pour le vin delà sacristie, au fond du couloir voûté qui mène à la chapelle de Saint-Sixte, et que nous allons visiter bientôt. On voit dans cette disposition un moyen possible d'aborder la crypté sans lui donner aucune ouverture apparente dans Péglise, ce qui n'eût été qu'aux dépens de la régularité et de la simplicité du plan. Mais que pouvait être ce chemin secret conduisant, au milieu des ténèbres, de l'enceinte sacrée dans une maison certainement canoniale ? Etait-ce une mesure de sûreté pour les objets précieux, en cas de surprise et d'invasion; une plus courte voie pour se rendre au chœur pendant la nuit en faveur des membres du Chapitre, dont cette maison était peut-être une demeure commune? Ce sont là autant de conjectures auxquelles on peut en objecter mille autres : nous ne savons pas quel était au xii® siècle et antérieurement le plan géométrique des abords de notre cathédrale, pour nous faire raisonnablement à cet égard aucune pensée. Toujours est-il que le délaissement de cette intéressante église souterraine remonte à une époque déjà fort reculée, et certainement antérieure à la seconde moitié du xvi* siècle; car le procès-verbal des dommages faits alors par les protestants , pièce dont nous donnerons une curieuse analyse, ne dit pas un

mol de la crypte, que de tels visiteurs n'eussent pas oubliée, si alors elle eût été abordable.

Quoi qu'il en soit, nous ne pensons pas que cett^ seconde basilique s'étendît jamais au delà des limit^^ naturelles des trois premières travées de la nef médiane et des bas-côtés. Ce n'est pas qu'on n'ait bien voula se persuader quelque chose de plus grandiose : à encraî^*^ certains ouvriers, quelqu'un d'eux aurait trouve, ^^ repavant je ne sais plus quelle nef, une ouverture pf»' tiquéedansle massif d*un pilier, que dissimulait une dall ^^ et par laquelle on aurait pu descendre dans un souterraî^^ • Mais qui ne sait la valeur de telles données , venues si so ^^ ' vent d'observateurs jaloux d'illustrer leurs découvert^^ équivoques, appliquant leurs théories de hasard à des fam ^^ nés de leurs cerveaux, et donnant la moindre excavation pour des souterrains, comme un denier tournoi de Gastc^^ de France pour une médaille de Romulus ou de Nérotn^ ^

On sait d'ailleurs que les églises inférieures n'oï^^ jamais été proportionnées à l'église principale que su^ un plan bien réduit : les conditions de solidité du monu^ ment en faisaient une loi, et nous ne croyons pas, en consultant nos souvenirs sut toutes les cryptes que nous avons vues , que les limites dfi chacune aient ordinairement dépassé de beaucoup le périmètre du sanctuaire et du chœur.

On s'était persuadé faussement aussi qu'un vide souterrain devait exister dans la partie haute du déambulatoire , au point intermédiaire des deux bas-côtés. Là une certaine sonorité du pavé sous une marche quelque peu accentuée semblait confirmer les conjectures; nous nous sommes assuré qu'il n'en est rien. Après des fouilles faites sous nos yeux jusqu'à 3 met. 40 centim. de .pro-

fondeur, rien n'a constaté la présence d'aucune construction. Des déblais considérables y avaient été fortement lassés, parmi lesquels se rencontraient, avec des fragments de briques à rebords , des débris architecloniques, restes d'anciens chapiteaux dont la corbeille, sculptée en feuilles allongées , rappelle l'époque gallo- TOmaine *. Nous ne doutons point que ces fragments osaient appartenu à la cathédrale qui précéda la nôtre (ce qui répond assez à l'idée que nous en avons tracée d'après les contemporains •) , et qu'on ne les ait jetés là pêle-mêle après la construction des fondements, pour en combler les intervalles.

D'autres erreurs s'étaient encore accréditées sur un prétendu caveau des évoques creusé sous la chapelle du Sacré-Cœur. On y croyait parce que plusieurs de nos évêques y avaient effectivement reçu la sépulture; mais On avait pour chacun d'eux une fosse distincte, et non un lieu de repos qui leur fût commun. C'est pourquoi les recherches opérées y furent également infructueuses, et nous ont laissé la complète certitude que le moindre vide n'y a jamais existé ^

Cherchons maintenant la route peu apparente qui nous guidera vers la chapelle de Saint -Sixte. Nous allons sortir de l'église par la porte du latéral nord qui fait face à celle de Sainte-Croix , ù\te aujourd'hui de l'Evêché. Cette porte est cachée par un tambour bas et peu saillant, dont les angles s'arrondissent en demi-clercle. Cependant on

• Ces fragments ont été déposés par nos soins an musée de la Société des Antiquaires.

• F. ci*dessus, V' partie , eh. viii.

• ProcéS'Verbaux de la commission archéologique diocésaine , 21 août 4847, p. 97.

remarque ici que cette menuiserie, qui n'a en rî^^ attaqué les murs ni leur décoration, ne s'élève pas à U^^ hauteur démesurée; elle semble s'effacer au contra ^^^ autant que possible, et elle a raison, car enfin ilft^^^ bien je dire : si peu qu'elle montre de prétentions^ el' n'est pas à sa place ; elle a usurpé cet entre-colonnemer:^^^ pour lequel on voit bien que n'étaient faits ni son ama:^ tissement rectiligne à double pente , ni ses pilastres car^ nelés d'ordre ionique. L'inscription placée au milieu (^ son fronton : hic domus dei est, indique du reste Tusa^ qui lui fut primitivement destiné; Elle décorait avant 17^ l'entrée extérieure de Téglise des Cordeliers de Poitiers et nous est venue, avec beaucoup d'autres objets mc^biliers tirés d'ailleurs, quand la catliédrale fut enrichie des dépouilles des sanctuaires violés par la persécution révolutionnaire. Toujours est-il qu'ici elle a le malheur d'opposer sa cx)upe insolite et malséante à celle bien plus intéressante d'une baie monumentale qui s'était passée d'elle pendant 500 ans, et qui volontiers se serait contentée encore longtemps de son mérite personnel- Cette baie, coupée à l'intérieur en cintre surbaissé et profondément embrasée , est décorée sur chaque côté de deux colonnes grêles et d'un léger pilastre intermédiaire que couronnent des chapiteaux à double rang de feuillages; elle s'amortit en une voussure. Son intrados est bordé de tores qui n'y sont que la continuation des colonnettes. La plus grosse de celles-ci est caractérisée par une arête rectangulaire qui coupe le cylindre dans toute sa longueur. Le contour extérieur que nous avons déjà signalé est ogival, et se relève des mêmes moulures. Avant d'être cachée sous Tabri malencontreux de cette superfétation de menuiserie, une telle porte avait son langage : elle annon-

çait par ses détails qu'elle avait été percée et sculptée au xiu* siècle. La colonne engagée dont elle a pris la place, el que nous voyons tronquée un peu au-dessus d'elle , s'orne, en manière de cul-de-lampe, d'une double rangée de feuillages qui paraissent aussi de cette égoque ; mais il est supposable qu'antérieurement un passage existait déjà dans cette partie du collatéral entre lui et la petite cour qui l'avoislne. Le nom de porte des Cloîtres , qu'on trouve à celle-ci dans les vieux titres , indique suffisamment , comme nous le verrons , la proximité de bâtiments canoniaux , et c'est dans l'étroit espace qui les a remplacés à ciel ouvert que nous allons passer pour trouver le chemin caché de la chapelle que nous cherchons.

Avant d'y pénétrer toutefois, orientons-nous encore. En sortant de l'église, le mur de clôture qui se présente tout d'abord en face de nous est celui du jardin du presbytère. Le temps demandera compte à une administration municipale remplacée depuis par beaucoup d'autres du profit qu'elle eût pu faire, dans l'intérêt général , de ce terrain vendu en 1 837 à fort bon compte, et dont l'acquisition eût permis d'agrandir et de régulariser la place Saint-Pierre, en dégageant le monument de tout ce qui en dérobe la première partie. Laissons donc à d'autres histoires le soin de récriminer. A l'est, nous trouvons les murs solides et épais de la salle capitulaire, et, s'y appuyant, le local nouveau, dont le toit en appentis s'élève jusqu'au-dessus des écussons déjà mentionnés de nos deux évoques, pour longtemps condamnés à l'oubli... Au-dessous encore, une porte en gervis de bois est surmontée d'un linteau paré de sculptures... Ne serait-ce pas celle qu'il nous faut?... — Ce devrait l'être en efîet. Vous comprenez, à cet écu chargé des deux clefs du

Chapitre, à ces rinceaux qui les entourent , au soin ma- r tériel que s'est donné l'artiste qui façonna , au xiif siècle, i ce joli fronton , qu'il devait bien plus convenablement

lu

figurera l'entrée d'une chapelle qu'au-devant d'une dé charge où gisent dans tout Phonneur qui leur est dû les y^' tuyaux du poêle de la sacristie et le charbon des encensoirs... On n'y a pas songé; et quand la belle pierre arrachée à la clôture du chœur, dans telles malheureuses circonstances que nous dirons, s'est trouvée utilisée à ce nouveau poste , c'est qu'elle a eu le bonheur de compter 1 met. 95 cent, de large , et que là il fallait tout juste cett^ dimension à une pierre quelconque...

La véritable porte est donc à notre droite : elle a les mêmes mesures à peu près que celte dernière , et ^ garnie d'une grille en fer, elle précède un chemin en pe»t^ long de huit ou dix pas, à la suite duquel on trouve un escalier de quatorze marches. Au bas de l'escalier, à droite, est le caveau du vin dont nous avons parlé, ^^ au fond duquel a été bouchée l'arcade qui introduis^*dans la crypte de la nef septentrionale. Vis-à-vis , à no****^ droite, une autre porte en chêne nous laisse pénét^r^r enfin dans la chapelle de Saint-Sixte. Elle est voûtée ^^ berceau, a 10 met. de profondeur et 4 met. 30 cent. ^^ large; l'axe vertical, du sol au sommet de Parc, est ^^ 3 met. 75 cent. Deux soupiraux ouverts en abat-jc^*-^^ dans le mur du nord , et un troisième dans celui du fo^ <J ^ étaient destinés à donner primitivement au lieu saint m:^ ^ peu d'air et de lumière, dont il manque absolument atijourd'hui , ces baies ayant été bouchées depuis que d^^ constructions dressées en dehors du plan de l'église 1^^ ont rendues inutiles. Aussi tout se ressent de Tabsence? complète du moindre rayon lumineux et de tout principe

conservation, dans ce réduit devenu l'asile exclusif de mort. Les murs en sont couverts d'excroissances 'entretient une humidité continuelle. Pourrait-il en être Irement? Pour ajouter à cette humidité naturelle, on i pas craint, en 1 844 , de faire de ce caveau , en oppoion à toutes les idées de conservation et de convenance, réceptacle de toutes les eaux, plus ou moins abonnies, jetées dans la piscine de l'église !... 4u fond, et à 1 met. 50 cent, du mur terminal , s'élève autel ayant 1 met. 10 cent, de haut sur autant de sur- :e,et2 met. 3 cent, de long. Deux colonnettes cyliniques remplissent les angles rentrants du devant; leurs apiteaux sont garnis de crochets, les bases, d'un lore et me scotie; la pierre, de même nature que celle de la hédrale (calcaire siliceux), est taillée en appareil rélier qui forme un parement rempli par du blocage. Au lieu de la table est placée, debout, une statue en bois x)uverte d'une couleur de chair ensanglantée. — C'a été )bablement une image de la flagellation , qui , dans te solitude ténébreuse, et à la lueur d'une bougie^, primerait plutôt un sentiment de terreur qu'une bonne îsée de piété.

La voûte et le fond de la chapelle ont été couverts de intures dont on ne voit plus que de rares vestiges inplicables. Derrière l'autel apparaît à peine quelque ce d'une tête nimbée; deux bandes noires se croisent ssi au milieu de la voûte, l'une l'embrassant dans ite l'inflexion de l'arc, l'autre suivant en sens opposé, d'un bout à l'autre, le développement de son axe longilinal : ces deux bandes forment une guirlande continue feuilles qui semblent renouvelées du moyen âge. i droite de l'autel ont été pratiquées dans le mur, et à luteur d'appui , quatre crédences ou petites armoires ,

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dont trois à ouvertures carrées, et une dont l'amortissement se plie en arcade surbaissée. Dans la partie inférieure de celle-ci on a creusé une petite auge donl l'usage est assez problématique , mais qui pourrait avoir servi à recevoir des reliques, ou à donner à laver au prêtre quand il se disposait aux saints mystères.

La dénomination de caveau des Chanoines , donnée, en des actes encore récents, à cette chapelle, indique suffisam ment qu'elle a dû , jusqu'à une époque peu reculée, leur servir de sépulture. Nous en voyons la preuve, en effet, dans un acte capitulaire du 8 avril 1804. La petitesse du lieu laisse croire cependant qu'un fort petit nombre y devait être enterré , ce qui s'explique encore par le droit et l'habitude qu'avaient généralement les membres du Chapitre d'élire leur sépulture soit dans l'église même, soit dans quelque autre dont ils étaient patrons ou bienfaiteurs. Depuis le commencement de ce siècle seulement , on y a inhumé les évêques, avec Pautorisation préalable du gouvernement, exigée par la loi de 1792. Le dernier des nôtres, que Dieu a appelé à une vie meilleure , Mgr Guitton y repose,' par nos soins, sous la longue pierre blanche couchée devant l'autel, et que fait reconnaître son nom avec la dat« de 1 849. Près de là, à sa gauche, était depuis 1 842 Mgr de Bouille, qu'y avait précédé Mgr de la Broue de Vareilles» ancien évêque de Gap , et avant lui Mgr Bailly, enleva prématurément en 1 804. Nous y avons vu déposer aussi i en 1841 , Mgr Brumaudde Beauregard, ancien évêqn^ d'Orléans, qui était venu mourir dans une ville tout^ . pleine des récents souvenirs de ses vertus pastorale^* Ses restes n'y demeurèrent que quelques joues > le diO" cèse d'Orléans les ayant réclamés comme une propriété sacrée qu'il n'avait pu nous confier que pour un temps* Les bornes par trop restreins de ce dernier asile de5

êques de Poitiers nous font un devoir de réclamer ici le mesure de piété qui ne peut trouver de conlradicjfs. Le sol y recouvre de toutes paris des ossements 'il est embarrassant de remuer : on préviendrait cet X)nvénient en établissant désormais les cercueils de )mb qui renfermeront les restes de nos prélats sur des evalets rangés le long des parois latérales. L'embauiment des corps suppose une pensée de conservation i semble demander cette autre marque de respect. Une Qpe entretenue sur ces tombes vénérées serait, avec réparations convenables qu'on ne refusera pas à ce a funéraire, un dernier hommage auquel le sentint religieux ne pourrait que gagner.

)'après les détails architectoniques de cette chapelle, reconnaît qu'elle remonte au xiv siècle; elle a dû être istruite en même temps que l'édifice principal, et si 3 l'a piécédé , ce qu'on peut se permettre de croire 3si, puisque les mêmes caractères de construction iviennent également à la première et à la seconde )que romane , l'autel , avec ses rares et sévères sculpes, avec sa masse compacte et son épaisse table d'une lie pierre , ne vient certainement pas de plus loin : il ait donc possible que le vocable de saint Sixte lui eût [mrtenu dès l'origine de la cathédrale ou peu après , et ^on se fût plu à y témoigner sa dévotion envers le saint [)edont le sang coulait pour la foi à cette même époque saint Martial nous l'apportait'. Mais les preuves man- SQtabsolument pour appuyer une telle opinion, et nous

Nous avons vu(4'^partieyCh. i) saint Martial prêcher le chrisliale à Poitiers vers le milieu du m' siècle, et saint Sixte l'ut martyrisé ISS.

ne trouvons aucune mention de ce vocable dans notre cathédrale avant le xv* siècle. Tout porte donc à le faire regarder comme un hommage à la mémoire du papeSixtelV, qui gouverna l'Eglise de 1471 à 1484, et dont la protection spéciale envers le Chapitre dut exciter singulièrement sa reconnaissance. C'est lui qui , par une bulle fameuse dans nos annales , et donnée le 26 novembre 1 481 , avait accordé aux chanoines des privilèges dont ils s'étayèrent plus d'une . fois par la suite en de célèbres discussions* : on aura voulu perpétuer cette faveur par un souvenir monumental, en dédiant dans la cathédrale un autel au saint patron du souverain pontife. Cela n'a pas empêché que les cartulaires n'aient écrit son nom très-diflféremment sur une foule de pages qui le consacrent : c'est tantôt saint €ion Cy, tantôt saint Cyr^ et enfin, dans les derniers temps, saint Sixte ^ qu'on ne défigure plus. Le jour de la fête de ce saint, on y devait une même basse dont nous n'avons pas découvert l'intention, mais qui n'était sans doute qu'un obit à la mémoire du souverain pontife. La chapellenieavait^ entre autres revenus, tous assez modiques, une maison de peu de valeur , sise à Ppitiers dans la paroisse de Saint-Simplicien. On jugera de son importance en apprenant qu'elle était arrentée en 1 623 pour 8 liv. de rente à un menuisier. La chapelle était à la collation du Chapitre, qui y nommait par le chanoine en semaine. Il paraît que celui-ci pouvait se dispenser de chercher d'autre titulaire que lui-même, car en 1613 le chapelain était un chanoine prébende qu'un autre avait précédé encore'.

• Grand Cartulaire , t. iv , pp. 239 et 254 ; — D. Font. , t. m, p. 2^2» " Grund Cartulaire , t. iv, p. 97.

i se terii;Hae la description de notre beau vaisseau lidéré en lui-même, et tel que l'architecte se l'était dans les rêves de son génie si merveilleusement isés. Nous croyons n'avoir omis aucun des détails , me des observations capables de le faire connaître , ians cette tâche remplie avec tout le scrupule d'une te fidélité, nous craignons d'être resté néanmoins icoup au-dessous d'elle... — Tout n'est pas fini codant. Il nous reste à signaler et à décrire ce que y a consacré à la pompe du culte , à l'embellissel matériel; à énumérer ses modestes richesses jourd'hui; à ranimer les souvenirs qui s'y sont Ils. Mais d'abord nous devons reprendre le cours des lemenls, interrompu au \iv siècle pour décrire la lique que nous saluâmes alors à son berceau : c^ l'objet de notre quatrième partie. Pour y suivre une che plus variée, et cependant toujours méthodique , j ferons un même tout de deux objets fort distincts. s décrirons les choses à mesure que se dérouleront îpoques successives qui les ont rangées à leur place, ant toutefois de jeter de trop fréquentes entraves dans larralion, nous passerons souvent et rapidement I genre à un autre pour arriver au terme sans trop de lotonie et de confusion. Ainsi l'histoire et l'art mar- •ont de conserve, rassurés par un appui mutuel; l le conseil d'un poëte de bon sens qu'on ne lit plus et »n n'imite plus assez :

Alterius sic Altéra poscit opcm res , et conjurât amico.

( Horace. )

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