Histoire de la Cathédrale de Rodez
C^est sous vos auspices, que f ai entrepris ^ il y a plusiews années, de faille la description et de raconter l'histoire du magnifique temple érigé par nos pères et placé sous vot9'e invocation glorieuse. Aujourd'hui que, grâce à votre bienveillant soutien, je suis parvenu au terme de mon travail, à qui pourrais- je offrir la dédicace de ce modeste volume, sinon à vous, ô ma toute bonne et toute puissante protectrice.
Louis Marlavagne.
PEÉFACE
Les ouvrages spéciaux sur la cathédrale de Rodez ne sont pas en grand nombre, nous n'en connaissons que deux; c'est d'abord la Notice archéologique publiée par M. l'abbé Magne en 1842; elle n'a que 130 pages in-12; mais dans cet opuscule on peut dire que la qualité supplée à la quantité, car il serait difficile d'exprimer en moins de pages des idées plus hautes et plus vraies sur la cathédrale. La seconde Notice qui n'est, suivant les propres expressions de l'auteur, qu'un résumé de celle de M. Magne, a été publiée par M. Hippolyte de Barrau dans le tome IV des Mémoires de la Société des lettres^ sciences et arts de l'Aveyron.
On trouve encore de précieux renseignements sur la cathédrale dans la Vie de François d'Estaing^ évéque de Rodez, par le P. Beau (1642), dans
Vill HISTOIRE DE LA CATHÉDRALE DE RODEZ.
V Histoire de François d'Estaing, par M. Bien de Marlavagne, chanoine honoraire (1839), dans les Annales du Rouergue de M. de Gaujal, enfin dans les rapports adressés au Congrès archéologique de Rodez en 1863, par M. l'abbé Alibert et par d'autres archéologues.
Tous ces ouvrages se bornent à décrire le monument ; ils sont presque muets sur l'histoire de la construction et sur les noms des architectes ; cette absence de détails tient surtout à l'oubli des sources originales. C'est des archives, qu'à cet égard, doit nous venir la lumière, et jamais encore on ne les a véritablement explorées. De là une grande lacune dans l'histoire artistique du Rouergue. Le modeste ouvrage que nous publions aujourd'hui a pour but de combler cette lacune en éclairant de quelques lueurs nouvelles un sujet si important, si curieux et si peu connu. Nous allons dire brièvement de quelle manière nous avons rempli ce dessein, les sources auxquelles nous avons puisé, la méthode que nous avons suivie, et enfin les principaux résultats auxquels nous pensons être arrivé.
Remontant jusqu'aux temps les plus anciens, nous avons d'abord voulu connaître le sol sur lequel s'élève la cathédrale, son antiquité, sa position dans la ville, les églises successives dont il a été couvert jusqu'au xiii® siècle. La fondation de la cathédrale, la date de la construction de ses diverses parties, le nom des