‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 110 sur 152 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

corniche. — L'entablement est occupé dans toute sa largeur par neuf niches, séparées l'une de l'autre par un petit pilastre qui n'est ni grec ni gothique. La porte de la sacristie est ouverte au fond de l arcade ; elle est carrée avec un tympan demi-circulaire ; deux pilastres aussi ornés que ceux de l'extérieur, supportent le cintre ; le linteau est remplacé par ces belles moulures des chapiteaux antérieurs qui se profilent sur toute la profondeur de l'arcade. Le tympan n'a que trois niches, aujourd'hui dépourvues de statues, comme presque toutes celles de la cathédrale, (M. Magne.)

Ce portique est construit en pierre calcaire de la même nature que celle du jubé , du portail sud et de l'ancienne claire-voie du chœur : pierre tendre, trop tendre, et d'un grain trop fin. L'ornementation s'en ressent. Les moulures peu saillantes ont quelque chose de mou et d'indécis qui frappe les regards.

L'étage supérieur de la chapelle forme une sorte de chambre ou entresol dont la destination n'est pas bien connue. Il y a une belle cheminée de pierre. Youlut-on en faire au xvi'^ siècle la demeure ordinaire des gardiens de l'église? C'est douteux. Je crois, du moins, que là pouvaient être placées dans de grandes armoires, les archives du chapitre et peut-être la bibliothèque.

Une espèce de crenelage composé de trois merlons couronne le parapet de la tribune. Le merlon du milieu est décoré d'un écusson armorié. Les mutilations qu'il a subies, rendent les armoiries méconaissables. Ce sont peut-être les armes de François d'Estaing, si souvent reproduites dans la cathédrale de Rodez et sur le clocher. M. de Barrau y voit, au contraire, les armes parties de d'Armagnac et du chapitre.

Chapelle de Saint-Biaise. En 1405, Géraud Calhol,. chanoine et archidiacre de Millau, obtint du chapitre que cette chapelle lui fût concédée pour sa sépulture. Dans son testament du 6 mai 1421, il exprime le désir d'y être enseveli, et il lègue une maison qu'il a près de l'église de Saint-Pierre-le-Doré pour augmenter les revenus de la chapelle de Saint-Biaise.

C'est aussi à la chapelle de Saint-Biaise que doivent se rapporter les dispositions contenues dans le testament d'Antoine de Farge, prévôt de Glermont et archidiacre de Gonques, du 15 août 1471. Il veut que son corps soit d'abord enterré au pied du crucifix d'argent qu'il a fait faire entre le chœur et l'autel majeur, ad pedem crucifixi argent et quem fieri feci inter chorum et al tare majus dicte ecclesie^ et que plus tard lorsque la chapelle qu'il fait édifier sera terminée, il y soit transféré dans un tombeau non apparent, m tumulo ibidem fiendo absgue elevacione per meos executores et expensis heredis mei infrascripti. Il ordonne que la chapelle sera couverte , clôturée et vitrée à ses dépens, item volo et oràino quod dicta capella meis expensis cooperiatur decenter^ rigietur {sic) et vitretur meis expensis^ et qu'avec la pierre qu'il a fait transporter près de la cathédrale, on élèvera un bel autel en l'honneur de saint Biaise dont il possède d'insignes reliques, de quo singulares habeo reliquias. Il y fonde ensuite une chapellenie, pour le service de laquelle il lègue son calice d'argent du poids de deux marcs, ayant sur le pied ses armoiries en émail, in cujus pede sunt in hermalhio arma mea de Fargia. Il y a deux autres legs, l'un de cent écus d'or pour la construction de la calhédrale et l'autre de la même somme en faveur de son neveu Claude de Farge, chevalier, seigneur de la Farge. L'héritier principal est

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