‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 109 sur 152 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

servi de sacristie supplémentaire pour le bas-chœur presque jusqu'à nos jours; le sol avait été exhaussé par un plancher qui cachait la tombe de l'évêque Pierre de Pleine-Chassaigne.

Nous ajouterons, par surcroît de preuve, que les armoiries de Pierre de Pleine-Chassaigne, de gueules au sautoir d'argent^ existent encore sur un lambeau du vitrail.

Pierre de Pleine-Chassaigne avait fondé une chapellenie dans la chapelle de Saint-Paul. Par une étrange vicissitude, ses cendres ont été remuées ; on l'a dépossédé de son tombeau, et le 10 avril 1855, nous avons vu mettre à sa place le corps de Mê^'" Jean-François Croi-= zier, de vénérable mémoire. Par-dessus s'élève un splendide monument semblable à celui de Gilbert de Cantobre. Depuis plus de trois siècles aucun évêque de Rodez n'avait eu pareil honneiir. On le doit à l'initiative de M&f Delalle, son illustre successeur, et aux généreuses souscriptions du clergé ! C'est un témoignage éclatant d'estime et de respect pour les vertus de Mi^»" Croizier. Un éminent artiste ruthénois, feu M. Ribier, s'est prêté à l'exécution du projet avec un entrain et un désintéressement rares dans notre temps. Son dévouement lui a porté bonheur. Le tombeau de Ms^ Croizier est son chefd'œuvre. On pourrait critiquer la forme trop moderne des ornements de l'évêque dans un tombeau en style moyen âge. Mais, à part ces défauts inséparables d'un programme obligé, que de choses à louer ! quelle noblesse et quelle dignité expressive dans la tête du personnage, allongé comme sur un lit de parade ! quel naturel dans la disposition des draperies ! quelle délicatesse et quelle légèreté dans les broderies de la chasuble et de l'aube, dans l'ormentation du dais et du socle ! « M. Ribier n'est

pas seulement un sculpteur habile, c'est un homme de tact et de cœur, qui a compris toutes les ressources de son sujet et qui a communiqué à la pierre le sentiment qui l'animait. » (G. Desjardins.) Si la vigueur et Ténergie lui manquent, comme dans plusieurs de ses autres ouvrages, il a la correction du dessin, le fini des détails, et une grâce exquise.

Ms^^ Delalle a voulu être enterré dans la même chapelle que son prédécesseur, en 1871. Le monument élevé sur sa tombe est l'œuvre de M. Mahoux, artiste ruthénois si connu et si apprécié des Aveyronnais.

Chapelle sans nom. Porte de la sacristie, A.\Sini la construction de la tour du clocher, vers 1385, cette chapelle et la chapelle précédente servirent de sacristie pour les chanoines. Une grande armoire cache la porte qui les mettait jadis en communication. Après cette époque, on a porté la sacristie sous le* clocher, et la chapelle contre laquelle la tour est adossée, n'a plus servi que de passage.

La chapelle resta longtemps dans sa forme primitive. La porte de la sacristie occupait le fond; elle était en ogive très-pointue et décorée de trois moulures toriques. On péut la voir encore derrière le placage en style renaissance. La transformation date des dernières années de François d'Estaing. Dans sa hauteur, la chapelle fut partagée en deux étages. La partie basse, ce que nous appellerions le rez-de-chaussée, a une voûte en plein cintre, ornée de cartouches carrés.

« Les pilastres qui supportent le cintre sont tout couverts de sculptures, telles que guirlandes, feuillages, arabesques, etc. Les moulures des chapiteaux, ornées avec encore plus de soin, se continuent dans l'intérieur de l'arcade, dont elles suivent tous les pourtours en guise de

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