CHAPITRE XVII
ad instar parenium snorum (1). Il avait donné à la fabrique quatre tours d'argent, du poids de 300 marcs, pour faire des reliquaires et des statues, proponendis reli^ quiis sanctorum et pro certis imaginibus faciendis^ et il avait mis pour condition qu'elles ne seraient jamais aliénées, ni converties à d'autres usages que ceux qu'il indiquait. Le 20 décembre 1426, par une délibération solennelle, le chapitre accepta la donation, et il s'engagea à dire par an douze messes, une du Saint-Esprit et une de la sainte Vierge, alternativement, pendant la vie du seigneur de Sévérac, et après sa mort à faire douze anniversaires ou obits, à l'autel de Saint-Martial, situé près de l'autel majeur, ad altare Sancti Martialis situm prope altare majus ejusdem ecclesie. En prenant ce dernier engagement le chapitre espérai^ que le maréchal de Sévérac, avant de mourir, doterait convenablement les douze obits ; sa mort violente ne le permit pas. Alors, pour créer à cette fondation des revenus suffisants, le chapitre obtint du pape l'autorisation de vendre deux des quatre tours d'argent (2).
Amalric de Sévérac, archidiacre de Rodez, mourut en 1399; à cette époque, la chapelle de Sainte-Élisabeth n'était pas bâtie, mais lors du décès du maréchal de Sévérac, en 1427, sa construction pouvait être commencée, et peut-être même elle était terminée. En tout
(1) Ses désirs furent accomplis. Nous lisons dans les comptes de la Cité que le l^r juillet 1431, il fut payé la valeur de vi torches de cire qui avaient été achetées pour faire honneur à l'ossa de liar de Seveyrac que fo porta de Saint- Gervais, près Gages, et mis dans le chœur de Notre-Dame de Rodez. Hoiel-de-Ville de Rodez, Comptes de lu Cité, de 1431-1432, folio 20. Le maréchal de Sévérac était mort au château de Gages.
(2) Archives de VAv, Fonds du ctiap. de Rodez. Caisse des bulles, pièce B N.
cas, l'emplacement de la chapelle étant bien marqué par avance, rien n'empêche que tous les seigneurs de Sévérac que nous venons de nommer n'y aient été inhumés. D'ailleurs, les fonds étaient faits avant leur mort, et les travaux purent être continués après eux.
La chapelle de la Visitation est quelquefois désignée sous le nom de chapelle d'Aubrac (1). Nous ne trouvons pas le motif de cette appellation.
En 1852, nous avons vu détruire sans nécessité le vieil autel de cette chapelle. Il était en pierre; le gradin avait une belle guirlande de feuillage. La chapelle est vaste, il y aurait eu très-aisément place pour les fonts baptismaux et pour l'autel, surtout en plaçant comme on l'a fait, les fonts baptismaux à Topposé de l'autel. Dans l'ancienne chapelle des fonts il y eut toujours un autel.
Les nouveaux fonts, exécutés par M. Broustet, de Toulouse, supportent un groupe de pierre représentant le baptême de Notre-Seigneur Jésus-Christ par saint Jean- Baptiste. Ces deux longues et maussades figures sont loin d'être des chefs-d'œuvre. Je préfère les ornements du socle, ornements vifs, déliés, nerveux, dus à l'habile ciseau de Ribier, de Rodez.
(1) Dans le testament de Guillaume Vayssette, notaire de Rodez du 9 juillet 1547, on lit : Permieyramen vole que après que mon arma sera separada de mon corps, vole que mon corps sia sepulturat en la glieysa cathedrala de Nostra Dama de Rodez et en la tomba de raos parens, la quala es davan la capela de la Yisitacion de Nostra Dama communamen apelada de Albrac. Archives de l'Av. Registre notulaire de Cayron, notaire