CHAPITRE XVlll
Orgue et cloches
Orgue. L'orgue est placé au fond du croisillon septentrionnal du transept sur une tribune de pierre voûtée en arcs d'ogive qui domine le portail. On ne connaît pas l'époque précise de son origine (1). Il fut refait en 1628 sous l épiscopat de Bernardin de Corneillan. La présence des trois ccussons aux armes du chapitre indique aussi que la construction du buffet se fit aux dépens de ce corps. Plusieurs réparations importantes eurent lieu dans la suite. Par acte du 6 mai 1657 le chapitre donne à prix fait à André Eustache facteur d'orgues de Marseille <l le
positif de l'orgue qu'est dans la dite église cathédrale « Nostre-Dame de Roudez, pour icellui mettre à sa perj fection, nétoyer, acomoder,randre uniforme et entière- « ment d'acord avec le grand orgue; mesmes et par î exprés y faire à neuf le jeu de voix humaine et général-
(1; La cathédrale de Rodez n'eut peut être d'abord et pendant longtemps que des orgues de dimensions médiocres. Le buffet n'était pas grand, on pouvait le loger ou dans le chœur ou sur le jubé. La voûte en arcs d'ogive qui porte les grandes orgues, franchissant toute la largeur du collatéral, date seulement de la fin du xv© siècle.
Mi HISTOIRE DE LA CAFHÉDRALE DE RODEZ.
<i lement réparer tous les deffauts ou manquemens que le « dit André Eustache a trouvé au dit positif lors de la 4 vizite et vériffîcation qu'il en a faite avant la passation « du présent contrat conjointement avec Doms Segons <( religieux de Bonnecombe et M» Amans Ricard, facteur (i d'orgues (1). d L'ouvrage doit être fini dans trois mois. Le chapitre fournira le bois, le plomb, l'étain, le fer et toutes les autres choses nécessaires, et il payera pour son salaire, au facteur d'orgue, la somme de trois cents livres. Il est convenu en outre, que les réparations étant terminées au gré et à la satisfaction du chapitre, André Eustache commencera de réparer le grand orgue, et pour cette dernière besogne il lui sera payé neuf cents livres (2).
Vingt ans après de nouvelles réparations sont entreprises. Le 10 décembre 1676 le chapitre traite avec Jean de Joyeuse, bourgeois de Paris, un des facteurs d'orgues les plus habiles de son temps. L'acte indique minutieusement toutes les modifications que l'artiste devra faire subir à l'instrument. Il y a là une masse de détails techniques pleins d'intérêt, mais que leur longueur nous empêche de publier. Le prix de l'ouvrage avait été fixé à quatre mille livres : il fut réduit à trois mille sur l'avis d'un sieur Delaunay, facteur d'orgues de Toulouse, que le
(1) Cet Amans Ricard est-il de Rodez ? l'acte ne le dit pas. Le nom patronymique et surtout le prénom ont une physionomie très-ruthénoise. Si l'industrie de la confection des orgues fut jamais prospère à Rodez, on ne comprend pas comment, aux xyii^ et xviii^ siècles, le chapitre est allé chercher si loin des artistes pour réparer les orgues de la cathédrale. Le moyen âge nous offre un spectacle tout différent. Les artistes de la cathédrale, architectes, sculpteurs, menuisiers, charpentiers, peintres-verriers sont presque tous du Rouergue et S"Ouvent même de Rodez.
(2) Arch, de l'Av.^ titres du chap* de Rodez* Registre, P 268.