CHAPITRE XVIII
tout entier. Plus bas est l'écusson aux armes de Corneillan. Les armoiries du chapitre se voient sur deux autres pinacles.
Cloches. A la fin du xiv siècle la sonnerie de la cathédrale se composait de huit cloches : quatre grandes appelées Calmont, Vital, Martial et Tertial, et quatre plus petites désignées par le mot squille. Calmont la plus grande de toutes tirait son nom de l'évêque Raymond de Calmont qui avait donné dix mille sols rodanois pour la faire (1). D'après la volonté du donateur, elle devait peser quarante quintaux; elle périt avec les autres cloches dans l'incendie du clocher du 28 avril 1510. On la refit dans la même année d'un poids double; elle fut encore cassée et refondue depuis cette époque jusqu'à six fois, la dernière en 1623. Les révolutionnaires de 1793 la jetèrent du haut du clocher sur le pavé où elle fut brisée à coups de marteau. Elle portait gravée sur ses flancs l'histoire de ses malheurs. Bosc nous a conservé le texte de l'inscription :
Calmontia vocor. Raymundi Calmontis enim hujus ecclesise episcopi partim dono confecta sum anno 1283, et cumcampanili combustaduplieato métallo secundo restituta sum anno 1510. Sed denuo dirupta tertio refecta fui anno 1564. Et iterum quarto, praesule Jacobo de Corneliano anno 1576. Scissa, quinto eliquata sum, episcopo Francisco, Jacobi nepote anno 1583. Ac denuo attrita, sexto restituta fui Bernardino episcopo, Francisci nepote anno 1619. Infra annum fracta, septimo confecta fui,
(1) Item statuo et precipio quod dentur et solvantur de predictis bonis decem railia solidorum ruthenensium fabrice ecclesie ruthenensis ; ita tamen quod de dictis decem milibus solidis fiât unus sirabalus nominandus Calmon ponderis quadraginta quintalium et sit ecclesie Ruthenensis. Archives de l'Av. Fonds du chapitre. Caisse des testaments, pièce cotée A Y.
eodem prœsule, anno 1623, in honorem Jesu et
Marige. »
En 1552, outre la cloche de Calmont dont on vient de parler, nous trouvons mentionnées une autre grande cloche nommée Marie, magna campana Maria nuncupata^ et une petite vulgairement dite la Mandarelle, campanella vulgo dicta la Mandarella,
Une des plus vieilles cloches est celle qui sert de timbre à l'horloge; l'inscription porte qu'elle fut fondue en 1523. Elle a un mètre soixante-un centimètres de hauteur, deux mètres de diamètre à la partie inférieure et seize centimètres d'épaisseur au gros bord. Le son en est riche, éclatant et d'une noble gravité. Elle est ornée de petites tores ou cordons circulaires groupés de manière à former huit zones de largeur inégale. A partir de la quatrième zone on voit s'échelonner divers médaillons en relief, tels que : saint Michel terrassant le dragon infernal (deux fois), saint François d'Assise recevant les stigmates (quatre fois), la Vierge tenant l'enfant Jésus sur les bras (quatre fois), le Christ en croix avec Marie et saint Jean au pied (deux fois), etc. (1). L'inscription en lettres gothiques occupe la partie supérieure de la cloche; elle est inédite. La voici avec ses abréviations.
Première ligne
ICONA EST MIHI NOMEN EXCITANS SONITV ET PROVOCANS SINGULOS POPULI AD OPUS SUUM SED IMPRIMIS DIVIN! CULTO- RES AD DANDAM DEO ET ALME MATRI EJUS LAUDEM ET GLORMM.
(1) Sur le timbre de l'horloge on remarque un écusson à trois fasces. Ce sont les armoiries de l'évêque Bertrand de Polignac. En 1501, il légua tous ses biens à la fabrique. Longtemps après sa mort, ces biens servirent à payer la cloche.