‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 149 sur 152 · IMAGIERS, STATUAIRES ET SCULPTEURS · texte numérisé non relu

IMAGIERS, STATUAIRES ET SCULPTEURS

Guillaume Lamère. Dans le cadastre de la Cité de l'an 1448, page 182, art. 510, rue de Corbière et du Pertus on lit ce qui suit ;

« Guillem Lamère imaginaire. Un hostal que fouet de l'Arquet (Arquet de Larche) que se confronta d'una part en la dicha passada et an verdier de Bertholmieu Fabre et an Fhostal de Ricarts molher desemparada de Jean de Bruelh notari et de part de tras an lo verdier de mossu Jean Marc canonge, fouet estimât 5 1. Rod. valho de talha pour un quart cy 1 pogesa un quart. »

Une copie de ce cadastre est dans les Archives de VAveyron^ titre de l'évêché de Rodez^,

Le cadastre donne seulement à Guillaume Lamère la qualification d'imaginaire, imagier, c'est-à-dire statuaire, sculpteur. Ailleurs on l'appelle pengeyre peintre.

(( Item paguiey à Guillem Lamère pengeyre de la cieutat per cent penuncels los quais nos fes de las armas de Mossenhor lo comte d'Armagnac per los bailar à C. petitz enfans per los portar al davant del dich Mossenhor de Lomanha quant intret en sta vila : quar autres C. no feyro far los senhors del Bore et crivado al davant de lui : Viva Mossenhor d'Armagnac et Mossenhor de Lomanha. Costero fach mercat los dichs C. penuncels 1 moto d'aur. » [Hôtel-de-Ville de Rodez, comptes delà Cité, 1437. Registre fo 34.)

« Item plus paguiey à Guillem Lamère pengeyre de la cieutat per c. penuncels que foron fachz per bailar à G. petitz enfans, que los portesso à l'endavan de Mossegnor d'Alanso quant intret en sta vila, losquals ero penchs daur, la una part de las armas de Mossenhor d'Armagnac et davas l'autra part de las armas del dit Mossenhor d'Alanso quar autres C. ne feyro far los cossols del Bore. Et per la part à la cieutat appartenen de hun grant penoncel que fo fach per guida dels autres ont ero penchas las armas

APPENDICE

del dit Mer duc d'Alanso monta tôt ii motos, ii gros, ii deniers d'aur. » (Ibid., Registre f° 35.)

JeaJi Bonnays. «Cette année 1505. M. de Saint- Yrier, évêque de Tulle, donna un tableau de la Véronique à l'église collégiale de la présente ville. Et dans les comptes du syndicat de cette dite année \ 505, le sindic des M" du chapitre de ladite ville paya pour la façon du crucifix avec les deux images qui sont sur la porte du chœur de laditte église, à Jean Bonnays, imaginaire ou sculpteur, la somme de 2 livres 7 sols tournois. C'est sans doute ce grand crucifix qui est encore sur l'entrée dudit chœur. » {Annales de Villefranche, t. I, page 525.)

Michaud Robert. Voilà un simple menuisier de Rodez, qui pourrait passer pour un sculpteur de quelque mérite. En 1580, il fait le rétable du maître- autel pour l'église paroissiale d'Espalion. Rétable en style renaissance formé de quatre colonnes de Tordre composite avec riche entablement et fronton brisé. Au sommet du fronton l'image de la sainte Vierge se détache en ronde bosse. Sur les dés sont sculptés en relief le martyre de saint Hilarion patron de la ville d'Espalion et la décollation de saint Jean-Baptiste. Au milieu du rétable, un tableau sur toile représente la Cène : très-bon tableau, dit-on, mais sans nom de peintre. {Histoire d'Espa lion, par H. Alfre.)

Pierre Vidal. Ce maître sculpteur d'Aurillac bâtit en i 685, le rétable du grand autel de l'église des Ursulines (aujourd'hui du collège) d'Espalion. On voit dans l'acte que le travail s'exécutait à Aurillac et que le port des matériaux restait à la charge du couvent ainsi que les ferrements. On y voit aussi que le tabernacle n'était pas à la charge de l'ouvrier. Ce rétable en style renaissance avec colonnes, frontons et niches occupe tout le chevet plat de l'église. Un tableau sur toile remplit l'entrecolonnement au-dessus de l'autel. [Histoire d'Espalion, par H. Affre.)

Pierre Richard. Le 11 mai 1644, Jean Rozier, recteur et les ouvriers marguilliers de l'église de Vériere (canton de Saint- Bauzeli), baillent à prix,- fait à Pierre Richard, maître charpentier de la villa de Compeyre à faire un rétable au grand autel de leur église, haut de quatorze pans et large de

dix pans et demi composé de son piédestal régnant le long de l'autel avec colonnes cannelées, chapiteaux, architrave frisé et corniche; plus le couvert des fonts baptismaux, en forme de dôme, le tout en bois de noyer qu'il sera tenu de fournir lui-même, et les paroissiens la manœuvre et les charrois nécessaires, et ce pour le prix de cent francs. {Archives de l'Avegron, fonds du chapitre de Rodez. Caisse des Verriers, Pièce B. N.)

Germain Cayron et Antoine Constant. Qui connaît à présent, nous ne disons pas les œuvres, mais seulement le nom de Germain Cayron? Cet artiste, né à Rodez au xvii« siècle, fut cependant un homme du plus grand mérite : il était à la fois sculpteur, graveur et peintre ; il avait enrichi Rodez de ses talents et de ses dons. Nous avons signalé plus haut ses deux principaux chefs-d' œuvres, le bas-relief de Sainte-Catherine et la statue de Saint-Dominique, qu'on voyait jadis à la cathédrale et qui furent détruits par les vandales de 93. Germain Cayron mourut le 25 juillet 1689; par son codicille du 2 de ce mois, il lègue à Hélène Bruguière, sa femme, un de ses tableaux de dévotion, savoir : un des apôtres au choix de sa femme, un autre tableau au sieur Antoine Constant, maître sculpteur, son cousin, de ceux qu'il a dans son cabinet, à son choix, et au sieur Michel Gaugéran, orfèvre de Rodez, les planches de cuivre des estampes. Germain Cayron habitait une maison située dans la rue de Poumetier.

Alexis Salinier ou Salenier. Ce sculpteur paraît avoir beaucoup travaillé pour la nouvelle église de Saint-Amans de Rodez vers 1775. Il fit notamment la chaire et les stalles du chœur. Il aimait la science du blason, et il devait être fort savant dans cette matière. Nous possédons un bon petit livre de 199 pages in-1 2 intitulé : UArt héraldique, contenant la manière d'apprendre facilement le blason, et enrichi des figures nécessaires pour l'intelligence des termes, par le sieur Baron, avocat au Parlement, 1672. A la page 122, au recto de la planche qui porte l'écu de France, on lit ces mots : « Ce^ livre apartient à moy, Alexis Salenier, esculpteur à Rodés restant à la Bio • rague. » Notre artiste a semé son livre de blasons tirés d'autres ouvrages ou quelquefois dessinés par lui-même. A côté est la description des figures. Nous avons acheté ce livre, il y a

APPENDICE

plus de vingt ans, chez un pauvre vieux brocanteur de Rodez nommé Salinier ; il nous disait qu'il avait appartenu à son père.

FACTEURS d'orgues.

Nous ne pouvons citer que cinq ou six facteurs d'orgues, encore même plusieurs d'entre eux ne sont pas originaires du Rouerge. Les œuvres dont ils sont chargés n'ont pas une grande importance. Ne pourrait-on pas en conclure que chez nous l'industrie de la confection des orgues ne s'est jamais élevée très-haut? Nous avons fait remarquer qu'aux xvii^ et xviii^ siècles, pour les réparations si fréquentes de l'orgue de la cathédrale, c'est toujours à des artistes étrangers que l'on s'adresse.

Foquinhou. En 1539, un sieur Foquinhou fondeur de Rodez se charge de la façon et du placement d'un jeu d'orgue dans l'église paroissiale d'Espalion pour la somme de 80 livres tournois. {Archives de la mairie d'Espalion, Registre des délibérations, n° 7.)

Amans Ricard. En 1657, le positif de l'orgue de la cathédrale est visité par un religieux de Bonnecombe, appelé dom Segons et par Amans Ricard, facteur d'orgues. Nous croyons que ce dernier était de Rodez.

Gérard. M. Jules Duval a fait connaître à la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, séance du 8 septembre 1859, le nom d'un facteur de Rodez, nommé Gérard, vivant en 1656. Il serait l'auteur d'un buffet d'orgue assez imposant qu'on voit dans l'église paroissiale de Saint-Jean-de- Luz, Basses-Pyrenées. La communication de M. J. Duval est extraite d'un petit livre intitulée Saint-Jean-de-Luz historique et pittoresque, par Léonce Goyetch, publié à Rayonne en 1856.

Castel. Cette ditte année 1506, le 29 novembre, les Messieurs du chapitre (de Villefranche) passèrent contract, de prix-fait avec M. Castel, prestre, de Muret en Languedoc, pour faire les orgues de leur église collégiale, pour la somme de six vingts escus petits valant 27 sols 6 deniers pièce. [Annales de Villefranche, t. I, page 532.)

« Cette année 1508, le sindic du chapitre de laditte ville

achepta le 4 février 1507, du plomb d'estaing de cloche pour la fabrique des dits orgues, dont Hugues Salages, menuisier, fit la charpente en i 508. » (Ibid.)

Claude Guilhemin. En 1626, ce facteur d'orgues, habitant de la ville de Dorât en Basse-Marche, refait presque à neuf les orgues de Notre-Dame de Villefranche, pour le prix et somme de 1,060 livres. Il fait aussi l'orgue des Pères Augustins. Il avait déjà fait les orgues de Notre-Dame de Rocamadour en Quercy. [Annales de Villefranche, t. II, p. 238.) En 1630, Claude Guilhemin fait les orgues de l'abbaye de Locdieu, (Ibid. t. II, p. 281.)

Ducatel, Jean-Louis, facteur d'orgues, natif de Paris. En l'^20 il répare les orgues de Notre-Dame de Villefranche pour la somme de 260 livres. Il ajoute à ces orgues un jeu d'échos, — Le même artiste raccommode l'orgue des Pères Augustins de cette ville pour le prix de dix écus. [Annales de Villefranche, t. II, p. 694.)

Page 1