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BRODEURS ET TAPISSIERS

L'art de la broderie sur les étoffes de laine ou de soie pour les ornements d'égUse était fort pratiqué à Rodez aux XI v«, xv« et xvi^ siècles. Nous citerons les nom de quelques brodeurs.

P. Vilanova. 16 mars 1387 (n. st.) payé à « P. Vilanova que avia cozutz e fachs las paramens que estam davants lo crozifits, la carema, de l'altar paroquial. » [Comptes de la cité. 1386-1387).

Henri Lenfan. A la recette de la taille pour la Guacha de San Ciris, figure Anric Lenfan brodayre, pour l 1. 1 s. 8 d. [Comptes de la cité, 1450.)

Durand Listo. En 1489, Durand Listo brodator civitatis, Ruthene, reconnaît devoir au chapitre pour une maison située rue Guitardie, la pension annuelle de 18 s. 9 d. [Archives de l'Aveyron, fonds du chapitre de Rodez. Registre n<^ 60.)

Jacques Rosseau. 1552. « A M° Jacques le brodeur, qualifié ailleurs de Jacques Rosseau brodeur, pour la façon de deux draps d'autel de velours cramoisi que monseigneur (le cardinal d'Armagnac), a fait faire pour le grand autel de l'église

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cathédrale de Rodez 120 livres tournois. » {Archives de

VAveyron, Comptes de Vévéché de Rodez,)

Antoine Mauri. Juillet 1594. « A M® Antoine Mauripour six devants d'autel de plusieurs couleurs de camelot à 15 s. la pièce, 4 1. 10 s. — Au même, pour avoir faict un devant d'autel de damas blanc vieulx pour l'autel du Sainct-Solier, garni de frange... pour la fasson... 16 s. » {Archives de l'Aveyron, Comptes du chapitre de Rodez.)

Francequin. On trouve à Rodez en 1461, un fabricant de tapisserie. Il ne s'agit que de tentures de lit : mais le lit de l'évêque de Rodez devait être beau. Nous citons l'acte presque tout entier. — Anno Domini m. iiii° lxi» et die penultima mensis martii^ Reverendus in Xristo pater dominus Bertrandus, Deigratiâ episcopusRuthenensis, fecit convenciones pacta et cum Francequino tapicerio Burgi Ruthenensis,

videlicet quod dictus Francequinius tapicerius dixit et promisit faeere dicto domino episcopo videlicet unum supracelum lecti de tapissaria habens de longo quindecim palmos et de largo quatuordecim; item unum dozcial habentem de longo quatuordecim palmos et de largo xiu ; item unum copertorium lecti habens xviii palmos de longo et xvi de largo ; item aliud copertorium pro parvo lecto longitudinis xii palmarum et x^"^ de largo; item duo bancalia quolibet longitudinis viginti palmorum et quinque palmorum de largo; item unum pannum de la Ruelle (?) longitudinis xvi palmorum et xii de largo ; item sex chancellos quolibet amplitudinis trium palmorum ; et totius dicti operatgii campus erit viridi colore, seriatus personatgiis et de chasserie et de volerie cum folhatgiis, bene ordinatus ad bene placitum dicti Domini episcopi. Prix de l'ouvrage ; 140 écus d'or et deux charretées de seigle à livrer pendant que se fera ledit ouvrage. {Archives de VAveyron. Registre de l'Evêché de Rodez, fol. 56.)

Les tapisseries, particulièrement les tapisseries de hautelisse, étaient souvent des objets d'art si précieux, qu'on les léguait par testament à ses plus proches parents. Parmi les legs du testament d'Antoine d'Estaing, évêque d'Angoulême, et dom d'Aubrac, fait au château de Palmas, le H décembre 1316, on distingue celui-ci : « Item legavit nobili et potenti viro Guilhot de Stanno, domino et baronide Stanno,

et de Landorra, ejus fratri, tapisseriam quam habet idem dominus testator in monasterio seu hospitali de Altobraco. » Dans le même testament, il faut noter cette circonstance que l'évêque d'Angoulême, où qu'il meure, choisit sa sépulture dans l'église de Notre-Dame d'Aubrac, devant la porte du chœur, près des tombeaux de son père et de son oncle paternel. {Archives de VAveyron, Fonds de l'Evêché de Rodez. Registre.)

ARGENTIEES ET ORFÈVRES.

L'orfèvrerie, surtout l'orfèvrerie religieuse, a dû jeter un certain éclat à Rodez aux xiii'^, xiv^, xv^ et xvi^ siècles. Les produits de cette orfèvrerie ne sont guère arrivés jusqu'à nous, mais il reste dans nos documents des traces nombreuses de leur richesse et de leur distinction. On n'a pas oublié le magnifique rétable d'argent fait par Hector Rayrome pour l'autel majeur de la cathédrale en 1465.

L'inventaire du Trésor, que nous donnons au chapitre xix est le plus ancien et le plus complet que nous ayons recontré. M. H. AfFre, dans ses Lettres sur l'Histoire de Rodez, fournit aussi quelques renseignements très-curieux sur les reliques et les reliquaires de l'église de Saint-Amans. Voici maintenant les noms de quelques argentiers :

Jean Nicolas. Le 10 mars 1363, les consuls du Bourg de Rodez baillèrent à Jean Nicolas, maître orfèvre , aurifahro, à faire une vraie croix recouverte d'or et deux tesses recouverts d'argent unam veram crucem copertam auri et duos tesses coperiendo argento. Le susdit maître est tenu de faire et de démolir la vieille croix et antiquas tesses, à ses propres dépens, pour en retirer Tor, l'argent et les pierreries et tout ce qui sera bon et utile. Il doit faire la nouvelle croix aussi bien et aussi somptueusement que possible, la recouvrir d'or et de pierreries, y placer le bois de la croix de Notre-Seigneur et les autres reliques que les consuls lui fourniront, avec l'image du Crucifié. Item las duas tesses coperire argento de aurato ut solempnius et melius fieri poterit ponendo lapides, ymagines et alia sibi tradenda et ordinanda.

Ce travail lui a été payé par les consuls par chaque marc

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d'argent travaillé, 40 sols d'Aquitaine, et pour chaque marc d'or, 76 sols d'Aquitaine. — Nous sommes au temps de la domination anglaise où le Rouergue faisait partie de la principauté d'Aquitaine. (Hôtel-de-Ville de Rodez, Registre des délibérations du Bourg.)

R. Hot. Le 28 septembre 1381 payé à R. Hot, argentier, per thalar los dos conhs desus dichs e per far los molles en que se geto los senhals del plom per senhar los dichs draps xvi s. [Hôtel-de-Ville de Rodez. Comptes de la Cité. — 1380-1381.)

Michel Viguier. Le 6 juin 1383, payé à Guillaume Cariât, de Rodez, pour douze marcs d'argent trenquat pour faire certaines tasses qu'on voulait offrir à i'évêque (Bertrand de Rafin) quand il entra pour la première fois dans la ville, à 7 florins 4 gros le marc, montant à 70 1. 8 s. — Le même jour payé à Miquel (Michel) Viguier, argentier, per obrar et mettre en tassa l'argen desus dich à 4 s. le marc et 1 quart d'once qu'il y mit de son argent... xii 1. xii s. [Comptes de la Cité. 1382-1383.) — Le 2 décembre 1386 payé du commandement des consuls à Miquel Viguier argentier per la fayso de far una padela de calissi am D. pezan d'argen que y mes del sieu, la cal padela es de laltar paroquial. costet v. s. [Comptes delà Cité 1386-1387.)

Bona StrugaLanza. « Item lan dessus à ixde julh. paguey de commandamen del senhors (cossols) a dona Struga Lanza per adressar lope e la vergua de 1 calissi de laltar paroquial e per tornar v ho vi castos en la cros que donet Mossegnor Vinhas à laltar parochial ii s. n [Comptes de la Cité. 1391- 1392.)

Guillaume Yto. « Item M° ccc lxxxxiii (1393) e las vespras de madona Dahost, de comandamen dels senhors cossols paguiey e bayliey à Guilhem Yto argentier, per la fayso de la crotz que refees per los senhors (cossols), que es de laltar de San Andrieu, can per la faysso et per largem que y mes e per lo dorar los pomels, que monta tôt quaranta sols valo II 1. » [Comptes de la Cité, 1392-1393.) — 25 octobre 1402, payé « à Guillaume Yto, argentier, per adobar lo pe dun calissi de laltar paroquial loqual peset S"^ Berthan Palhol que pezava tôt lo calis fora la padena xiii onsas i quart d'argen al quai G. Yto fon pagat de son trebalh i 1. ii s. vi d. » [Comp.

de la Cité, 1402-1403,) — Le 25 septembre 1407, les consuls tirent présent à madame la comtesse de Lomagne d'une coupe d'argent sobre daurada pesant 8 marcs 2 onces et trois quarts. Cette coupe, faite par Guillaume Yto, argentier, coûta 168 1.

9 s. 3 d. [Comptes de la Cité, 1406-1407.)

Guiral Viguier. Le 21 décembre 1417, Vital de Mauléon, évêque de Rodez, fait sa première entrée dans la ville. Les consuls lui firent présent de douze tasses neuves, pesant chacune un marc d'argent. Elles furent achetez à Guiral Viguier, argentier, au prix de viii 1. xii s. vi d. lo marc de l'argen obrat. Elles coûtèrent en tout cm 1. x s. {Comptes de la Cité, 1416-1417.)

Chiro Raynier. Le 6 août 1467, payé à M® Chiro Raynier, argentier, la somme de v sols per far las versaplas que teno

10 pomel del canto de la vera cros que sera romput e lo cale far tôt nou. [Comptes du Bourg, 1467-1468.)

Jean Loiseau. En 1501, les chanoines de la collégiale de Villefranche firent faire les quatre bourdons d'argent pesant 20 marcs 6 onces à M*^ Jean Loiseau, orfèvre de la présente ville, auquel ils donnèrent de façon en tout 6 livres 5 sols. Ils fournissaient 20 marcs d'argent fin et 6 onces d'autre argent. [Annales de Villefranche, t. I. p. 509.)

Antoine Frechrieu, En 1546, Antoine Frechrieu, argentier de la cieutat de Rodez, reçoit des consuls du Bourg la charge de faire une châsse pour mettre les ossements desaintDalmas.La dite châsse pèsera au moins 40 marcs, et sera faite d'argent. L'argentier fournira les pierreries qui seront nécessaires, et, pour les pierreries ou la façon, il lui sera donné huit vingts livres tournois. (Hôtel-de-Ville de Rodez. Reg. des délibérât, du Bourg.)

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Notes sur qaelqaes églises et autres monuments du Ronergue, bâtis aux XIII«, XI XV*, X¥I«' siècles.

Eglise de Valady. En 1264, un différend s'était élevé entre Bernard de Mainhac, recteur de l'église de Valady, et Guillaume de Cardaillac, seigneur de Valady, sur les points suivants. Le recteur prétendait que le seigneur deCardaillac empêchait ou faisait empêcher que l'église ne fût reconstruite, bien qu'elle fut trop étroite pour les paroissiens cum propter sui parvitatem îion possit accipere parochianos ecdesie predicte. — 11 prétendait en outre, que le seigneur de Cardaillac ne voulait pas qu'on enlevât un certain mur quidem paries qui est inter chorum et navem dicte ecdesie qui affert magnum impedimentum populo; que le dit seigneur de Cardaillac avait fait faire quandam palencam in cimiterio et circa caminatam ipsius ecdesie qui afferehat magnum prejudicium eidem ecdesie et rectori.Oii nomma des arbitres qui décidèrent de nouveau que le nouvel éditice pourrait être conduit jusqu'àun certain endroit que Ton nomme, pas au delà sans la permission du seigneur temporel. Item volumus et dicimus quod in palenchà sive in clausurâ qua est circa villam de Valadino versus partem Orientis faciat portale et facere possit dictus rector per quod habeat liberum introitum et egressum ad ecclesiam et cimiterium et caminatam ipsius ecclesie, ita magnum et largum quod per illud possit quodlibet animal honeratum intrare et exire, et quod dictus rector teneatur ibi facere portam sufficientem et quod in tempore guerre teneatur eam clausam cum nocte fuerit, ita quod aliquid dampnum non possit inde evenire ville, et quod dictum portale, fiât in illo loco ubi exit modo aqua de Vallato, et quod habeat dictus rector et dicta ecclesia viam et transitum per Vallatum ab ecclesiâ ad dictum portale. — Item volumus et dicimus quod edifflcatâ dictâ ecclesiâ ille paries qui est modo in ostio dicte ecclesie remo-

veatur et removeri possit a dicto rectore usque ad voltam seu testudinem que est in dicto pariete. — Item volumus et dicimus quod dicti domini possint dicta ecclesiâ edi ficatâ, ut dictutn est, mutare simbala seu campanas ipsius ecclesie in alio cloquerio antiquo quod modo est in ipsâ ecclesiâ, et quod funes sive corde dictarum carapanarum sint in navi dicte ecclesie, et quod iidem domini possint facere in illo ostiolo quod est super ostium dicte ecclesie modo portam de ligni et claudere et aperire cum voluerint, et tenere clavem dicti ostioli et uti forciâ dicte ecclesie in licitis et honestis. {Archives de rAveyron. Fonds du Chapitre de Rodez, Caisse de Valady, pièce cotée B.) — 1550. Arrêt du Parlement de Toulouse, en faveur des paroissiens de Valady, contre les syndics du Chapitre de Rodez, qui demeure condamné à faire faire les réparations nécessaires à l'église et au clocher de Valady. (Ibid.)

Eglise de Centres. Le 16 juin 1328, Pierre de Castelnau, évèque de Rodez, ordonne que cette égUse, qui était trop étroite pour les paroissiens, soit démolie et reconstruite à neuf; il accorde des indulgences à ceux qui contribueraient à sa construction de quelque manière. [Archives de l'Aveyron. Fonds de l'Evêché de Rodez. Registre.)

Eglise de Villecomtal. On l'a reconstruite à neuf, mais sur un plan tellement somptueux sub opère nonmodice sumptuoso que les ressources des paroissiens ne suffisent pas. Le 2 août 1328, Pierre de Castelnau, évêque de Rodez, accorde des indulgences à ceux qui aideraient à sa construction. {Ibid.)

Eglise de la Bastide. Le 10 septembre 1328, Pierre, évêque de Rodez, étant à Rieupeyroux, exhorte les fidèles à contribuer aux réparations que l'on faisait à l'église de la Bastide et à la construction d'un pont in aquâ de Lazert prope dictam ecclesiam, et il leur accorde des indulgences. {Ibid.)

Hôpital d'Estaing. Le 25 octobre 1329, l'évêque de Rodez donne des lettres en faveur de cet hôpital, et accorde des indulgences à ceux qui contribueront à sa construction et à son agrandissement. Il paraît qu'il ne suffisait plus pour contenir tous les pauvres qui se présentaient. L'indulgence est pour tous les bienfaiteurs de l'hospice en général. {Ibid.)

Ponts de Rodelle et de Fomeyrols. En 1329, l'évêque de

Rodez accorde des indulgences pour la construction d'un pont sur le Dourdou près de Rodelle et d'un pont sur le Lot à Pomeyrols. {Ibid.)

Église de Saint-Fieire d'Aurelle, annexe de Saint-Martin de Montbon. Elle était bâtie au sommet d'un rocher dans une position très-forte. Craigmant que les Anglais et les ennemis du roi de France ne s'en emparassent et ne la fortifiassent, au grand préjudice du seigneur et des habitants de la baronnie d'Aurelle et de tout le Rouergue totius patrie Ruthenensis, ceux-ci s'assemblèrent à Aurelle le mercredi avant la Saint- André 1382 et renversèrent l'église. Cette destruction d'un édifice consacré à Dieu fait violemment et sans l'autorisation de l'évêque, méritait une punition ; on ne tarda pas à la leur infliger. En 1384 févêque de Rodez permet de rebâtir l'église sur un terrain convenable cédé par le seigneur d'Aurelle, marquis de Beaufort-Canillac ; et quand l'église serait terminée, il voulut qu'on procédât comme il suit : on y dira une messe solennelle en présence des envoyés de l'évèque ; le seigneur de Canillac y assistera et ofi"rira un cierge du poids de quatre livres ; — vingt hommes à son choix, parmi ceux qui l'aidèrent à détruire Téglise, y assisteront et offriront chacun une chandelle de cire valant dix deniers tournois. Ils s'avanceront jusqu'à l'autel in tunicis sine capucio et sine zonà nudis que pedibus et genibus fiexis en réparation de l'injure faite à l'église. Le curé devra leur expliquer comment l'injure a été commise, et ils en feront pénitence comme c'est l'usage en pareille circonstance. On donnera trois cents francs d'or pour œuvres pies au choix de l'évèque. [Arcliwes de l'Aveyron, Fonds de l'évêché de Rodez, Registre).

Église du Mur-de-Barrez. 1393. Testament de Hugues Campelh, prêtre, originaire du Mur-de-Barrez, habitant de Rodez : Et volo sepeliri in ecclesiâ de Muro-Baresii in tumulo per me nuper ibi facto ad pedem altaris capelle in eadem ecclesiâ per me ad honorem Dei et Béate Marie Virginis ejus matris et sanctorum et sanctarum paradisi et specialiter beatorum Marcialis, Eutropii et Anthonii editicate et munite {Archives de l'Aveyron, Fonds du chapitre de Rodez, caisse des testaments, pièce G. X.)

Tour de la Salvetat, En 1406, le 6 août, à Rodez, dans la

cathédrale, chapelle de Saint-Jean-Baptiste, en présence d'un certain nombre de chanoines et du notaire soussigné, parurent Armand Aicelin et Jean Dupuy, pour eux el comme jurats et syndics de la communauté {universitatis) du lieu de la Salvetat-Peyralès, disant et affirmant que du consentement des dits chanoines et de ladite communauté tradidisse magistro Guillelmo de Ginolhaco et Petro de Podio ac Johanni Noël singularibus dicti loci ad faciendum et perficiendum unam turrim de petra et morterio in capite ecclesie dicti loci et supra parietes antiquos ipsius ecclesie precio ducentorum scutorum auri que quidem turris débet esse de quinque stationibus seu mansionibus ut dixerunt, et eam turrim ipsi debere et perticere infra duos annos continuos et completos et alla prout latins dixerunt contineri instrumento sumpto per magistrum Petrum de Podio notarium regium sub anno présent! et die decimâ nonâ mensis Julii. — Pour leur venir en aide le chapitre leur avait concédé et promis de donner la moitié du revenu des dîmes de l'église et de la Salvetat pour deux ans et les censives des blés censum bladorum dues per dictos singulares de anno elapso dicto capitula. — En conséquence les syndics de la communauté de la Salvetat supplient le chapitre de tenir sa promesse, ce qu'il fit à condition que : compléta dictâ turre ipsi Domini habeant et teneant adeorum manum de eâ turre unam mansionem sive fractionem pro dictis decimis et censibus tenendis et conservandis ad eorum voluntatem. [Ibid., Caisse de la Salvetat, pièce D. Z.) — Le chapitre de Rodez était prieur et seigneur de la Salvetat.

Église de Saint-Agnan, canton de Vesins, i^^ juillet 1440. L'évêque de Rodez, Guillaume de la Tour permet à Jacques Tadon, curé de Saint-Agnan, de démolir le chœur de l'église qui était trop étroit, de le reconstruire en l'augmentant de trois cannes en long et autant en large, et de changer le grand autel dans ce nouveau chœur. [Archives de l'Aveyron, Fonds de l'évêché de Rodez, Registre.) Les choses se sont passées à peu près comme on le dit dans l'acte, et elles subsistent encore dans le même état. Voilà donc une église romane agrandie au xv° siècle par le moyen de constructions gothiques qui détruisent le plan primitif et changent l'aspect de l'édifice. Il y a beaucoup d'exemples pareils dans le Rouer-

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gue. La vieille église de Saint-Agiian, méritait d'ailleurs sous tous les rapports d'être conservée. Sa façade occidentale et son portail, qui datent de la tin du xi^ siècle, sont assez remarquables. — Dans la même église se voit un bénitier très-cul ieux par sa forme et par sa date. 11 ressemble beaucoup à une cloche dans sa position renversée ; même genre de métal, même sonorité, même évasement. On a cru longtemps que ce n'était qu'une cloche détournée de sa primitive destination. Mais l'inscription en lettres gotiques gravée sur ses flancs au lieu d'indiquer un tel objet, prouve au contraire que ce ne fut jamais qu'un vase pour contenir l'eau bénite. Voici le texte de l'inscription ;

Ave maria gratia plena. (Ces mots sont l'epétés trois fois.)

AqUA BENEDICTA SIT NOBIS SALUSET VITA. LAN M.CCCC.XXXXIil.

Un document d'une très-grande importance pour l'église de Saint-Agnan, c'est la charte originale qu'on va lire cidessous. Nous l'avons découverte tout récemment dans les archives de l'église de Segur. Petit carré (0°i,25 sur 0™,20) de parchemin bien blanc et bien conservé. Elle date de U23. Les pièces de ce genre sont rares partout et particulièrement dans nos campagnes de l'Aveyron. Il convient de la publier. Nous reproduisons le texte latin avec son orthographe et sa syntaxe barbares.

« In nomine Domini. Ego Bego de Crexello et fratres mei Fulchelmus atque Jordanus filii Guitberti hac Beatricis vocati, donamus domino Deo et sanctœ Marie sancti que Victori ministris monasterii Massiliensis et monachis ybidem commorantibus presentibus atque futuris et monasterio Sancti Pétri quod Nobiliacum vocatur^, œcclesie Sancti Aniani quessita est in comitatu Ruthenico omnem medietatem decimarum superius dicte œcclesie Sancti Aniani dominicaturis in feusalibus et vicariis atque ecclesiarum elemosinis, intègre et sine ullo retinemento, in manu Radulphi priori, tali tenore tali que ratione qua monachi predictorum monasteriorum pro nobis genitoribus que nostris aput omnipotentem dominum intercédant ut nostrorum dignetur misereri pecaminum. Pro hoc autem dono a prescripto priore DCG. tos. L,

ta. solidos obtime melguriensis monete accepimus. Sane si aliquis homo vel femina huic nostre donationi obviare voluerit aud eam inrumpere temptaverit, nos defensores atque adjutoresin omnibus existere debemus, et insuper obviatores iram bac maledictionem Bei incurrant et cum Juda traditore ad profunda demergantur inferni, atque hec donatio tirma stabilis que permaneat. Hacta carta ista anno ab incarnacione Domini niillesimo G™°XX°IIIo^ luna XVII, mense novembrio, feria V% régnante Lodovico rege Franchorum. Hanc donationis nostre cartam ego prescriptus Bego et fratres mei Fulchelmus bac Jordanus scribere fecimus manu que propria firmavimus et testes firmare rogavimus. Signum Begonis, S. Fulcbelmi fratris ejus, S. Jordani fratris similiter ilUus. »

Cette cbarte nous apprend qu'à la fin de l'année 1123 Begon de Creissel, Fulquem et Jourdain ses frères, tous fils de Guitbert et de Beatrix donnèrent ou cédèrent, moyennant une indemnité de sept cent cinquante sols melgoriens, à Radulpbe, prieur du monastère de Saint-Pierre de Nobiliacum, la moitié des dimes de la paroisse de Saint- Agnan. L'église de Saint- Agnan existait donc à cette époque, et ce sont les moines de Saint-Pierre de Nobiliacum qui l'avaient construite sans doute depuis peu de temps. Nobiliacum était alors le nom du lieu qu'on appelle maintenant Saint-Léons. Le vieux monastère avait deux patrons, saint Pierre et saint Léons, à l'instar de la fameuse abbaye de Marseille dédiée, comme on sait, à sainte Marie et à saint Victor. Plusieurs chartes anciennes le désignent à la fois par ces deux noms. Notre charte, par exception, n'emploie que le nom de saint Pierre, mais elle le fait suivre du nom vulgaire du territoire où il était situé. Cette indication géographique n'est pas dépourvue d'intérêt. — En 1082, Pons d'Etienne, évèque de Rodez, soumet à l'abbaye de Saint- Victor de Marseille le monastère de Saint-Pierre et de Saint-Léons avec les églises paroissiales qui en dépendaient : Saint-Pierre d'Alsobre, Saint-Etienne ad Juvarium ou Vivarium, Sainte-Marie de Gleizenove et Mauriac. Si l'église de Saint-Agnan ne figure pas sur cette liste, c'est qu'elle n'était pas encore bâtie. Sa première fondation peut se placer d'une manière certaine entre 1082 et H23. — Quant à Saint-Pierre d'AZsoôre, il nous

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paraît que ce ne peut être que Saint-Pierre de Ségur Cette église, en effet, s'élève sur une hauteur ou sur un tertre. Le mot Alsobre ne signifie pas autre chose. Sobre sur, al ou ait en latin aWis, altitudo, et en patois alsiira hauteur, alsar hausser. La racine celtique al forme la base de beaucoup de noms de lieu dans le Rouergue. Citons Alpuech, Alayrac Albignac, Altum, Alcorn, Alteyrac, etc.

Eglise d'Arqués. 26 novembre 1440. Permission accordée à Jean Pouget curé d'Arqués de bâtir une chapelle en l'honneur de la sainte Vierge, près du cimetière, à la place d'une autre qui s'était écroulée de vétusté. [Ibid.)

Église du Vibal. 1440. Permission accordé aux habitants du Vibal de bâtir une chapelle dans leur village. {Archives de l'Aveijron, Fonds de l'évêché de Rodez, Registre, f° 93.) A cette époque, il n'y avait donc pas encore de chapelle. Récemment l'église du Vibal a été érigée en succursale.

Église de Samt-Remy de Bedène. 19 mars 1449. Permission accordée à Garin de Montpeyrous, seigneur du Bousquet et à Raymond d'Esparron de construire dans l'église de Saint- Remi, vers le midi, une chapelle destinée pour leurs Dames. {Ibid. Registre f 49.)

Eglise de la Plancade. 1448. Permission donnée par l'é- \èq\ie de Rodez d'agrandir l'église de la Plancade. {Ibid., Registre.)

Eglise de Curan. 11 septembre 1460. Testament de Guillaume Malrieu, prêtre de la cité de Rodez et recteur de l'église de Saint-Pierre de Curan. Parmi les legs qu'il fait, on on trouve ceux-ci : Item lego cuidam capelle in eadem ecclesiâ de Curanh per me de novo facte in honorem sanctorum Katherine et Anthonii unum calicem cum patenâ argenti ponderis undecim unciarum et unum missale novum votivum, et alium librum in quo est scripta vita beati Anthonii quem librum diu est, tradidi eidem ecclesie sive capelle. {Archives de l'Aveyron. Fonds du chapitre de Rodez. Caisse de la fabrique. Parchemin. B. E.)

Église de Buseins. « Item dicta die (31 décembre 1460), fuit visitatâ ecclesiâ predictâ (de Busenh) cujus erat prior dominus Johannes Besserie, canonicus Ruthenensis, et nulla fuit hic facta ordinatio quia faciunt ecclesiam novam. »

[Ibid., visites pastorales de B. de Chalençon, Registre, in-4®, P 412 r°.)

Église de Saint-Félix de Lunel. 1478. Permission de démolir l'église de Saint-Félix de Lunel qui menaçait ruine et de la rebâtir dans le cimetière en l'agrandissant de quinze pans. [ïbid., Registre.)

Église de Teuliéres. 1478. Permission de bâtir une chapelle dans l'église de Teuliéres accordée à noble Jean de Morhon. {Ibid., Registre f» 36.)

Église de Novis. 1478. Permission accordée par l'évêque de Rodez de bâtir une chapelle dans l'église de Novis. On y voit clairement qu'à l'évêque était réservé le choix du vocable et du côté de l'église où la chapelle devait être faite. {Ibid. Registre.)

Église de Brommat. 1478. Permission accordée aux ouvriers et paroissiens de Brommat de démolir l'ancienne église qui menaçait ruine propter vetustatem, de la rebâtir et de construire deux chapelles. {Ibid., Registre).

Croix près du portail de VEmbergue, à Rodez. 1478. Permission accordée à Guillaume Vernhes de bâtir un oratoire ou une croix in seu prope portale de FEmbergue. {Ibid., Registre fo 19 v«.)

Eglise de Laguiolle. 1497. Permission accordée aux prieur et consuls de Laguiolle de bâtir une nouvelle église {Ibid., Registre f» 68.)

Église de Saint-Naamas du Bourg de Rodez. 1478. Permission de démolir le chœur de cette église en cul-de-four et de le disposer sur plan carré pour agrandir la place des ecclésiastiques et faire une sacristie. {Ibid., Registre f° 16.)

Église de Saint-Pierre de Mostuejouls. Le 16 décembre 1516, François d'Estaing permet à Jean Batut, prêtre de Mostuejouls de rebâtir à ses frais la chapelle de la Sainte- Vierge existant dans l'église de Saint-Pierre de Mostuejouls et en conséquence l'autorise à démolir une partie du mur de l'église pour construire cette chapelle. {Ibid., Registre f° 230). — Saint-Pierre-de- Mostuejouls, église romane de la fin du xi^ siècle, a trois nefs terminées par trois absides en cul-defour, sur le modèle des églises du Rosier sa voisine^ de Saint-Pierre de Naut, de Castelnau-de-Lavezou etc. Église

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abandonnée, au milieu d'un cimetière, sur les bords du Tarn.

Église de Saint- Jean de l'Ouradou près d'Estaing. François d'Estaing voulait que le baptême de Notre-Seigneur fût représenté de la manière suivante : Jésus-Christ, sortant du fleuve, nu, une colombe blanche sur la tête, Jean-Baptiste le baptisant et un ange tenant ses vêtements. C'est ainsi que rhistoire est figurée en personnages de grande dimension dans l'éghse de Saint-Jean de VOuradou près d'Estaing bâtie a fundamentis et aux frais de Jean Poget, collector apostolicus et chanoine de Rodez en 1524. Elle n'était pas terminée le 4 octobre de cette année, quand François d'Estaing y passa en faisant sa tournée pastorale. {Archives de rAveyron, Fonds de l'évêché de Rodez, Registre des visites pastorales de François d'Estaing, page 350.)

Église deMoyrazés. Le 5 août 1526, François d'Estaing permet aux deux ouvriers marguilliers et aux deux jurais de Moyrazès de démolir leur église et d'imposer une taille (talliandi) pour la rebâtir, à condition de rendre compte de leur gestion à un commissaire désigné par l'évêque. {Ibid., Fonds de l'évêché de Rodez, Registre, f° 57 v°.)

Église de Ladepeyre. Le 13 octobre 1577, cette église ayant été ruiné par les Calvinistes, l'évêque de Rodez accorde la permission de célébrer la messe dans la chapelle de Saint- Sauveur de Pinet [ïbid., Registre.)

Église de Yinnac. 23 février 1527, testament d'Hélion de Joufîroy, fondateur du monastère des Annonciades de Rodez. Le testateur choisit sa sépulture dans l'Église du monastère ; il demande qu'à ses obsèques il ne soit sonné aucune cloche excepté la petite, vulgairement dite des pauvres. On remarque le legs suivant : Item lego ecclesie de Vinnaco pro reparandâ CAPELLA MEA QUAM EDiFFicAvi decem Ubras turonenses. {Ibid. Fonds des Annonciades, titre original.)

Église de Ségur. En 1482, permission de construire une chapelle dans l'église de Ségur. La construction devait être faite par Jean Fabri, prêtre de ce lieu. [Archives de VAveyron, Fonds de l'évêché de Rodez, Registre, P 73.)

Église de Sainte-Eulalie d'Olt. François d'Estaing visite cette église le 21 août 1524. Elle était alors à peine suffi-

santé pour contenir la moitié des paroissiens. Frappé de cet inconvénient, l'évêque ordonne au prieur pour un tiers et aux ouvriers et paroissiens pour les deux autres tiers, de travailler le plus tôt possible à l'agrandissement de l'église et à sa restauration. Et mettant des bornes à leur négligence, il veut que toutes les provisions nécessaires pour la construction soient faites d'ici à un an, et que l'édifice soit achevé dans trois ans, sous peine d'excommunication et d'une aumône de 25 livres tournois pour l'évêque. {Ibid., Registre des visites pastorales de F. d'Estaing.) Néanmoins, les travaux, à ce qu'il paraît, ne furent terminés qu'après 1530, sous l'épiscopat de Georges d'Armagnac. {Mémoires de la Société archéologique de Rodez, vol. VI. page 233.)

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