CHAPITRE m
et Pierre Coffinyères, pour changer et disposer les cloches dans la tour neuve. Prix de l'ouvrage : cent vingt francs d'or, six francs d'or pour une rohe, pro rauba sex francos auri, huit setiers de seigle, six setiers de froment, vingt setiers de vin et un quintal de chair salée. On devait en outre fournir aux susdits charpentiers une maison avec un lit (1).
Au xiv" siècle furent aussi élevées les quatre dernières chapelles du chœur, deux au nord, deux au sud. La dernière du côté du nord renferme le tombeau d'un archidiacre, Gaillard de Cardaillac, qui, d'après l'inscription funéraire, mourut le 11 mai 1359. La chapelle existait alors, et très-probablement elle avait été bâtie aux frais de Gaillard de Cardaillac. Au moyen âge, en effet, le privilège d'avoir un tombeau apparent n'était accordé qu'aux bienfaiteurs signalés de l'église. D'ailleurs, les armoiries de Gaillard de Cardaillac sont reproduites sur le mur qui sépare le transept de la chapelle, au-dessus d'une porte aujourd'hui bouchée.
Dans la chapelle qui précède celle dont il vient d'être question, on lit une inscription portant que Hector de Torène, mort le 6 octobre 1338, y fut inhumé. C'est donc vers cette époque, que remonte la construction de la chapelle.
Les deux chapelles correspondantes du côté du sud sont d'une date un peu postérieure. La plus rapprochée du chevet, était d'abord sous le vocable de saint Jean- Baptiste. Déranger de Barrière, archidiacre de Saint - Antonin, par son testament du 16 août 1354, demande à être inhumé dans cette chapelle, qui alors n'était encore qu'en projet ; il lègue cent livres tournois pour la cons-
(1) Voir l'appendice n° III.
truire, et une fois qu'elle sera construite, il veut que son corps y soit transporté de l'endroit où il aurait été d'abord enseveli (1).
La chapelle la plus voisine du transept, dédiée à saint Artemon, est de la même époque que la précédente. L'examen de la bâtisse, surtout à l'extérieur, suffit pour le pouver(2).
Voici donc en résumé l'état des constructions à la fin du xiv« siècle. Le clocher et toutes les chapelles qui entourent le chœur étaient bâties. Le chœur manquait encore de ses trois dernières travées. Sur l'emplacement de ces travées s'élevait la partie de l'ancienne église restée debout, après le désastre de 1276. Deux portes au moins donnaient accès dans ce bâtiment incomplet et irrégulier ; portes provisoires, creusées dans le mur des dernières chapelles, de chaque côté du chœur, et qui furent bouchées après l'achèvement de la cathédrale. On peut les y voir encore ; elles sont en ogive et très-élégantes. Vous remarquerez surtout les corps de monstres qui soutiennent les retombées de l'archivolte. Sans la destination probable que nous indiquons, on serait tenté de ne voir là que des arcades aveugles faites uniquement pour décorer le mur.
Il pouvait au surplus^ exister d'autres portes provisoires et directes sur les bas-côtés. Une autre porte serait la grande
(1) Arch. de l'Av. Fonds du ch. de Rodez. Caisse des chapellenies, pièce cotée P.
(2) On ne connaît pas les architectes de la cathédrale au xiv^ siècle. Dans les comptes de la Cité de 1358-59 il est question d'un M. W. Bosquet apparelhayre de l'obra du Nostra Dona. A Rouen, à la même époque, suivant M. Deville, Revue des architectes de la cathédrale de Rouen, le terme â' appariteur (ou d'apparelhayre? j équivalait à celui de maître de l'œuvre de maçonnerie ou d'architecte. En fut-il de même à Rodez?