CHAPITRE III
le successeur de Jean de Cardaillac. En 1379, lettres datées de Rodez, pénultième jour de juin, Raymond, abbé de Candeuil, son vicaire général, approuva les indulgences accordées par les précédents évêques, et en ajouta de nouvelles pour les membres des confréries de l'œuvre (1). Par acte d'Avignon le 20 février 1381 (n. st.), Bertrand de Ratîn, marchant sur les traces de ses prédécesseurs, donna à la fabrique la moitié des fruits des bénéfices vacants de sa collation. Les considérants de cette donation motivée par l'exiguité des revenus de la fabrique , peignent l'époque sous des couleurs bien noires. Il y a presque tous les fléaux qui peuvent affliger l'humanité : la guerre, la peste, la grêle, les sécheresses (2).
Henry de Severy, 1387-1396, devint évêque de Rodez après le décès de Bertrand de Rafin (3) ; il était auparavant évêque de Maurienne. En 1387, par lettres datées de Carpentras le 9 ao«t, il commit Raoul Jalhi et Aimeric de Mercato, ses vicaires généraux, pour confirmer les indulgences accordées aux bienfaiteurs de l'œuvre par les évêques précédents et notamment par Faydit d'Aigre-
(1) Arch. de l'Av. Fonds de l'évêché, caisse de la fabrique. Pièce cotée G.
(2) Nos igitur considérantes quod tam propter sterilitates et mortalitates effluxas quara guerrarum (sic) que viguerint et vigent , turbines et tenipestates facultates dicte fabrice adeo sint tenues et exiles quod de ipsis parum in opère procedi pot est, idcirco predecessorum nostrorum vestigiis inherere volentes , etc. Arch. de l Av. Fonds de l'évêché de Rodez. Parchemin original dans la liasse des compositions des évêques avec le chapitre.
(S) La bulle de provision de Henry de Severy dit qu'il ne fut nommé que par suite du décès de Bertrand de Rafin. Celui-ci ne s'était donc pas démis de son évêché avant sa mort, comme le prétendent les historiens. Arch. de l'Av. Fonds du ch. de R. Caisse des bulles. Pièce cotée de la lettre N.
feuille. La confirmation eut lieu le 24 février 1390 (n. st.). Henry de Severy mourut en 1396 (1).
Guillaume d'Ortolan, 1396-1416, clôt la série des évêques qui gouvernèrent l'église de Rodez pendant le xiv^ siècle. Par acte du 17 juin 1401, il attribue à l'œuvre, comme ses prédécesseurs, la moitié des fruits des bénéfices vacants de sa collation ; il se fonde sur les besoins de la fabrique qui, à cause de la guerre et de la peste, propter guerras et mortalitatum pestes ^ étaient alors plus grands que jamais de presenti solito sunt majores (2).
Il était impossible, malgré la dureté des temps, que dans un pays aussi catholique que le Rouergue, à force de demander au nom de Dieu, l'on ne finît pas par obtenir quelque chose. Aussi remarqiie-t-on à cette époque, que beaucoup de fidèles en mourant, font des legs à la fabrique. Il serait trop long de citer tous les exemples que nous avons rencontrés.
Les legs joints au produit des quêtes, à l'annate des bénéfices vacants, à la pension de cinquante livres sur le prieuré de Saint-Georges de Camboulas pendant plus d'un demi-siècle, etc., pouvaient constituer une somme assez importante. C'est avec ces ressources qu'on entreprit la construction du clocher. Nous ignorons l'époque précise du commencement des travaux, mais il est certain qu'ils furent terminés au plus tard en 1385, car le 4 mai de cette année, le chapitre traita à forfait avec deux fusiiers ou charpentiers de Rodez, appelés Guillaume Caldacoste
(1) Il ne paraît pas qu'Henry de Severy soit décédé à Avignon, comme le dit Gaujal, car la bulle d'institution de Guillaume d'Ortolan, son successeur, porte que l'église de Rodez était vacante par le décès de Henry de Severy mort extra romanam curiam. Ibid. Pièce cotée de la lettre G.
(2) Arch. de l'Av. Fonds de l'évêché de Rodez. Liasse de compositions entre l'évêque et le chapitre.