CHAPITRE IV
qui furent construites sous Guillaume de la Tour et sous B. de Clialençon.
Le 31 décembre 144-9, Guillaume de la Tour donne à construire à prix lait à Raymond Dolhas alias Castelvertet à Guiral ou Géraud Dolhas, son fils, maçon, de Villecomlal une portion de l'église se rapportant à la troisième travée du chœur et que l'acte désigne ainsi : lo derrier crosier (1) del cor de la glieysa cathedral de Nostra Dona de Rodez^ que es a far et complir segonque la dicha glieysa es estada commensada. Les maçons doivent terminer les piliers commencés et faire les voûtes , les galeries, les fenêtres, les arcs-boutants et les autres choses exprimées ou non exprimées dans le contrat avec toute la perfection que l'œuvre requiert, en prenant pour modèle les parties déjà bâties. Dans l'obligation n'est pas compris le dallage des voûtes des collatéraux et des chapelles /o/)as2menf. de la plana dejotz los arcs botans de pari defforas. Prix de l'ouvrage : mille écus d'or, vingt-cinq pipes (2) de vin, trois cents seliers de seigle, mesure de Rodez^ six porcs valant chacun six moutons d'or, un bœuf de la valeur de neuf moutons d'or, ou à la place du bœuf et des porcs, vingt-sept moutons d'or, une robe avec un chaperon pour Raymond seulement, al dich Ramon solament una rauba et hun capayro^ trois quintaux de fer et ung
(1) Les maçons du Rouergue, au moyen âge, se servaient du mot crosier pour désigner les arcs saillants avec moulures, qui se croisent sous la voûte golliique, et par extension, les supports et tous les accessoires de cette voûte. Il peut être traduit par le mot travée. '
(2) La pipe, mesure de capacité pour les liquides, fort usitée encore dans l'Aveyron, varie un peu suivant les localités. Dans le canton de Marcillac, le plus rapproché de Rodez, la pipe vaut deux barriques, la barrique quatre se'rnanx, et en mesures nouvelles 4 hectolitres 43 litres. Tableaux de conversion en mesures métriques des anciens poids et mesures du département de l'Aveyron, par MM. Recoules, d'Estocquois et Rouquayrol^ 1841.
balo d^assier, L'évêque doit fournir aux deux maçons une maison convenable pour se loger pendant l'exécution des travaux et en outre tous les cordages nécessaires, et faire transporter tous les matériaux près de Téglise (1).
Un maître-maçon appelé Richart, a construit la quatrième travée du chœur (2), mais nous ne connaissons ni les conditions ni la date du marché que l'évêque et les chanoines durent passer avec lui. En supposant que Raymond et Géraud Dolhas n'aient pas mis plus de cinq ou six ans pour bâtir leur travée, Richart aurait pu commencer la sienne vers 1447 et alors il ne serait pas impossible de l'attribuer à l'ëpiscopat de Guillaume de la Tour.
Pour terminer le chœur il ne restait plus à bâtir qu'une travée. Le 17 mars 1462 (n. st.), l'évêque et les chanoines traitèrent avec Vincent Sermati et Jean Sermati, son fils, maçons, originaires de Saint-Flour, et demeurant au Murde-Barrez. Quelques clauses méritent d'être signalées. L'ouvrage consiste en deux piliers qui seront le commencement de la grande travée du transept dos grosses pialars los quais seran comensamen del gran crosié delmiech de la gleya. Ces piliers auront de plus que les précédents demipied de tour miech pe à tôt lo torn. Leurs fondations reliées par des murs seront établies de manière que la hun puesca atenge lautre daquels que so fachs. On ménagera des pierres d'attente pour la grande travée suivante, los nayssemens per lo gran crosié enseguen. On bâtira en los dichs pialars lo crosié que ve aytal corne aquel que ha fach
(1) Voir à l'Appendice, n» IV, le texte de ce bail à prix fait.
(2) Richart n'est pas seulement cité dans le bail à prix fait de la cinquième et dernière travée du chœur. On trouve encore son nom dans les comptes de l'OEuvre du portail sud, à l'Appendice n° vin, article 32, à l'occasion du paiement du loyer de la maison que la Fabrique lui fournissait.