‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 33 sur 152 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

maislre Richart, On élèvera los dos cr osier s basses de la nau c'est-à-dire les crosiers des bas côtés avec toutes leurs dépendances. Les maîtres maçons doivent monter les deux piliers qui sont, l'un à la chapelle du Saint-Esprit, l'autre à la chapelle de Sant Stirpi ( Saint Eutrope ? ) à la même hauteur que ceux du chœur ayssi aut coma los sobre dichs- del cor, extraire et tailler toute la pierre nécessaire trayre Ma la peyra del talh et sclapa que fera besonh, démolir le bâtiment vieux démolir etdebastir tôt lo bastimen vielh (1) de la sima al plus bas, tant quant sera necessari per far lautre ediffici novely creuser les fondements curar las pezasos, et far totas sindrias et asartz et tota fusta et postz et totas autras causas necessainas a fayre, le tout coma dicta lo pertrach de la dicha gleya et coma lo preceden ediffici ho demonstra. Le prix de l'ouvrage est ainsi fixé : trois mille écus d'or et vingt-un écus pour les étrennes per strenas, six cent cinquante seliers de blé, moitié seigle, moitié froment, cent vingt pipes de vin, soixante setiers d'avoine pour le cheval per lo cavàl (2). L'ouvrage devait être terminé dans l'espace

(1) Lo bastimen vielh. C'est là tout ce qui restait du mur pignon de l'ancienne cathédrale.

(2) Soixante setiers d'avoine en six ans, dix setiers ou environ six hectoliti-es par an; ce n'était pas trop pour l'entretien d'un cheval. Avonsnous besoin de dire qu'il s'agit ici d'un cheval de selle et non d'un cheval pour traîner le cabriolet ou le chariot? Ces sortes de véhicules devaient être alors fort peu en usage à Rodez, mais il y en avait pourtant. Le transport des matériaux de la cathédrale se faisait ordinairement par des charrettes attelées de bœufs. Cette condition dentretenir un cheval pour l'usage des architectes de la cathédrale est assez ordinaire aux xv^ et XVI' siècles. Les carrières étaient quelquefois éloignées; il fallait surveiller l'extraction et la préparation des pierres, surveiller peutêtre d'autres constructions dont on était chargé au loin. Pour tout cela, les voyages à cheval étaient plus rapides et moins pénibles que les courses à pied.

de six années, plus tôt ou plus tard, suivant les ressources de la fabrique (1).

Les deux maîtres maçons se mirent à l'œuvre et ils travaillèrent tant et si bien, qu'à peine arrivés au bout des six années, ils avaient accompli plus de la moitié de leur tâche, et que le gain de l'entreprise paraissait devoir être considérable. L'évêque et les chanoines s'aperçurent alors mais un peu tard, que le prix convenu était beaucoup trop grand. Ils proposèrent aux Sermati de le réduire amiablement ; ceux-ci ne voulurent pas y consentir. Ce que voyant l'évêque et les chanoines, par l'organe du procureur de la fabrique, présentèrent requête au conseil du roi pour obtenir d'être relevés de leur obligation. On y dit pour raison (raison singulière), que l'évêque et les chanoines n'étaient pas habitués à passer ces sortes de marchés et qu'ils ignoraient la valeur de l'ouvrage (2), qu'ayant donné d'autres piliers de la même église à bâtir à d'autres maçons, ceux-ci étant aussi bons ou meilleurs ouvriers que les Sermati, avaient fait la même besogne pour la moitié du dit prix, que les Sermati étaient au moins surpayés de quinze cents écus et que la fabrique était trop pauvre pour supporter si grant et importable perte et dommaige. Le roi accueillit la demande des chanoines, et par ses lettres du 13 juin 1467, datées de Toulouse, il commit le sénéchal

(1) Voyez le bail à prix fait à l'Appendice V.

(2) On dit aussi « que les dicts père et fils ont accommence' et continué le dit édifice et alé avant en la dicte hesongne tellement que du dict piis ils en ontja fait les deux parts ou environ^ mais non pas aussi bien comme ils avaient promis faire^ et aussi la dicte fabrique a fourny environ la moytié du dict pris et oultre plus beaucopt que les dicts massons ont employé et despendu en la dicte besongne en quelle les dicts père et fils ont fait plusieurs faultes contre la teneur du dict contraict. »

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