‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 42 sur 152 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

mectre ou donner, ne souffrir estre fait, mis ou donné aucun destourbier ou empeschement au contraire, le quel se fait, mis ou donné lui aurait esté en escrit, estez le ou faites osier incontinent et sans délay, car ainsi nous plaist il estre fait (1). » Nous ne savons pas en quoi consistaient les bâtiments élevés par Bertrand de Chalençon ; mais ils n'étaient pas considérables, car trente- cinq ou quarante ans après François d'Estaing trouvant le palais épiscopal trop étroit, <r il y fit faire, dit un de ses biographes, de nouveaux appartemens ; et pour les officiers il y fit bâtir la tour qui porte encore le surnom d'Estaing et qui est sur le portail de ville appelé de Saint-Martial, tout joignant l'église cathédrale (2). »

Le cardinal d'Armagnac (1530-1562), répara et consolida le palais épiscopal qui menaçait ruine sur quelques points, et reconstruisit dans des formes plus élégantes la vieille porte Saint-Martial. Les belles arcades qui viennent à la suite de cette porte, soutenant la terrasse de l'évêché, sont également dues à sa munificence, quoiqu'elles n'aient été bâties que sous Jacques de Corneillan son successeur. Nous avons pour garants de ces faits, trois inscriptions latines composées par Guillaume Philandrier, chanoine, archidiacre de Rodez, et ami du cardinal (3).

Il restait pour la demeure des évêques une dernière épreuve à subir, et la plus terrible de toutes, la vengeance populaire. En 1589 l'évêque François de Corneillan avait tenté de soumettre Rodez au parti de la Ligue, ou peutêtre, comme le prétend un historien, ne voulait-il que s'emparer de cette partie de la ville (le Bourg), qui n'était

(1) Arch. de l'Aveyron. Fonds de l'évêché de Rodez.

(2) Vie de François d'Estaing^ par le P. Beau.

(3) Ces trois inscriptions dont une seule, celle de la terrasse de l'évêché, subsiste encore, sont rapportées dans Gaujal, 2f édition.

pas SOUS sa domination. Quoi qu'il en soit, son projet échoua ; mais des excès déplorables s'en suivirent. L'habitation de l'évêque fut dévastée et lui-même fut fait prisonnier. Un conseiller du parlement de Toulouse vint à Rodez pour apaiser les troubles ; les habitants lui montrèrent que le palais épiscopal bâti près des murs de la ville, en pouvait compromettre la sécurité, et ils finirent par obtenir de lui, le 28 août, un ordre de démolition. « Le peuple y accourut aussitôt, avec une activité qui faisait assez voir que la passion y avait plus de part que le désir de fortifier la ville (1). » La tour de Corbières demeura seule debout.

Une ordonnance royale, obtenue en 4599 par François de Corneillan, lui aurait permis de relever son palais sur les fondements de l'ancien. Il n'usa pas de cette faculté, non plus que ses successeurs jusqu'à Philippe de Lusignen en 1684. Celui-ci rétablit son palais sur le plan qui existe aujourd'hui, et en l'éloignant des remparts, il termina une des plus anciennes et des plus vives querelles qui aient eu lieu entre les évêques et les consuls de la

Vers l'an 1474 la partie du palais épiscopal qui gênait l'extension de la cathédrale a été démolie. Bertrand de Chalençon fit alors poser les fondements des quatre dernières travées de la nef et des tours qui encadrent la façade occidentale. Les travaux durent cependant marcher avec une grande lenteur, car lors de la mort de cetévêque

(1) Bose, Mémoire sur le Rouergue, t. Il, p. 280.

(2) Le palais bâti par Ma»" de Luzignen n'existe presque plus dans son, état primitif. On vient de le réparer et de le transformer, A l'ouest, sur la terrasse dite de l'Evêché, s'élève maintenant un nouveau pavillon, servant de pendant au vieux pavillon de l'est. On a voulu donner à la construction un caractère plus original, en mêlant sur quelques points la brique rouge avec la pierre blanche. Les armoiries de M»"^ Bourret se montrent à côté de la porte d'entrée, sur le mur.

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