CHAPITRE VI
en 1501 la construction ne s'élevaU pas à plus de trois ou quatre mètres au dessus du sol : c'est ce que prouvent les armoiries de Chalençon sculptées en plusieurs endroits des murs goutterots et de la façade de l'ouest.
Nous devons faire ici une remarque importante touchant le mode d'exécution des travaux. Il est certain qu'au moins, à partir des dernières années du xv® siècle, il n'y a plus de baux à forfait d'ouvrages partiels ; on a sans doute reconnu les inconvénients de ce système (1). Désormais les travaux dirigés par un gouverneur de l'œuvre ou architecte, ne s'exécuteront que par voie de régie. Le maître de l'œuvre recevra un traitement annuel ; il fournira les plans et conduira les ouvriers. C'est ce qu'on pourrait appeler la période des architectes ; le premier que nous rencontrons se nomme Bernard Anthony. Nous ferons plus amplement connaissance avec lui dans un des chapitres suivants.
B. de Chalençon mourut à Saint-Paulian, diocèse du Puy, à la fm du mois d'octobre 1501. Depuis 1494 il s'était démis de son évêché en faveur de Bertrand de Polignac, son neveu ; il avait cependant conservé l'administration temporelle du diocèse et il ne portait plus que le titre d'évêque Ecclesiœ Russionnensis in partibus infidelium.
Bertrand de Polignac eut la consolation de l'assister à
(1) Ce système avait cependant quelques avantages. On ne bâtissait qu'au fur et à mesure des ressources. Quand la bourse était vide, les constructions s'arrêtaient. On n'entreprenait jamais que des travaux partiels. Mais que d'inconvénients ! Chaque maître-maçon faisait un peu à sa guise. Pas de direction générale, partant pas d'unité. Les défauts se voient bien à l'extérieur, surtout dans les arcs-boutants des dernières travées du chœur» Deux de ces arcs-boutants ne devraient pas s'appeler des arcs, car ce n'est guère qu'un mur plein percé d'une petite baie de communication. — On ne devine pas le but des pierres d'attente que l'architecle a laissées sur le mur du transept.
ses derniers moments ; en revenant à Rodez il fut pris de la même maladie que son oncle (1) et décéda quelques jours seulement après lui vers le 5 novembre 1501 à Saugues (2), petite ville située autrefois dans le diocèse de Mende et aujourd'hui dans celui du Puy. Leurs corps furent portés à Rodez et ensevelis à l'entrée du chœur du côté de la nef.
Sur leur tombe on lisait autrefois les inscriptions suivantes :
Pro R. in Chr' P. B.
De Chalenconio qui obiit 24 oct, 1501.
Hœc structura (le jubé) tegit Bertrandum\ condidit illam,
Istius ecclesiœ ternit moderamina prœsuL
h castella, domos vigil et solers reparavit.
Heu ! postquam pietatis opus prudenter amavit.
Et coluit multis annis {testantur egenï)
Parca nocens rapuit : flevit virtutis amator.
Gressus siste tuos, ores, penses quoque tecum.
Est calcanda semel magnis, parvis, via lethi.
Pro In Chro Pâtre D. Bert. de Polignaco episcopo Ruthenensi Qui viam carnis egressus est anno 1501, die 2 novembris cujus aia requiescat in pace.
(1) Scilicet cursu veniris, dit le registre de Terrai, notaire, folio 184, Arch. de l'Àveyron^ fonds de l'évêché de Rodez. Cela ressemble fort à la dyssenterie.
(2) Bertrand de Polignac testa à Saugues, le 5 novembre 1501. Il était alors gisant au lit dans la maison d'honorable homme Joachim Armagerii, bourgeois de la dite ville, dans la chambre respiciente versus fossatum dicte ville. Il laisse ses biens à la fabrique de la cathédrale, aux pauvres et pour marier des filles pauvres. Ibid. Liasse des compositions entre l'évèque et le chapitre.