‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 49 sur 152 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

L'autorité de celte enquête ne saurait être contestée. C'est une copie faite sur la minute restée à la cour du sénéchal, collationnée et signée par Pierre Agregii, notaire royal de la dite cour (I).

Si en 1513, Antoine Salvanli fut jugé capable de diriger les travaux du clocher, on doit penser qu'il n'en était pas alors à ses débuts de constructeur. Et, en effet, nous le trouvons en 1508 à Espalion , bâtissant avec Guillaume Desmazes peyrier du lieu de Cruéjoul, le portail de l'église paroissiale de Saint-Jean-Baptiste et la rosace qui le surmonte (2). En 1509 il fit quittance pour lui et son compagnon, aux consuls et marguilliers d'Espalion de la somme de cent cinquante-deux livres tournois en déduction des deux cent vingt livres, prix total de l'ouvrage. Cette quittance nous apprend qu'Antoine Salvanh était originaire du mas ou hameau du Vernet, paroisse d'Ayssène aujourd'hui de Vabrette, canton de Saint-Rome-de-Tarn. Son séjour à Espalion lui fut utile sous un autre rapport ; il y épousa Flore de Beaulieu, fille de Guy de Beaulieu, d'une des familles les plus considérables de la bourgeoisie espalionnaise. Quelques années après, et tandis qu'Antoine Salvanh était déjà architecte de la cathédrale, il eut un différent avec Thomas de Beaulieu, son beau-frère, pour la dot de Flore, son épouse. On finit par transiger et la dot de Flore fut fixée à cent soixante livres tournois.

On doit encore à Antoine Salvanh quelques autres constructions importantes. En 1521-1524, il bâtit l'église pa-

(1) Le registre qui contient celte longue enquête est aux Arch. del'Av. parmi les titres de l'évèché de Rodez.

(2) M. H. Afîre dans son Histoire d'Espalion, p 115, l'appelle Salvard. C'est une erreur. Nous avons vérifié l'acte aux archives de l'hôtelde-ville d'Espalion ; il y a bien réellement Salvanh, et c'est, par conséquent, le même homme qui fut choisi quelques années plus lard pour diriger la construction de la cathédrale et du clocher de Rodez.

roissiale de Saint- Cosme (i) près d'Espalion, dont Jean d*Estaing , archidiacre de Saint-Antonin et neveu de F. d'Estaing, était prieur. Nous inclinons à lui attribuer la voûte de la nef et les six chapelles de l'église du Cambon, près de Saint-Cosme, élevées vers 1530 parles soins de Charles d'Estaing, prieur du lieu (2).

(1) 22 décembre 1521. Bail à prix fait de certaines réparations dans l'église de Saint- Cosme à Antoine Salvanh maître maçon. On ne marque pas en quoi devaient consister ces réparations. Il est seulement parlé d'édifice à continuer-^ ce n'était donc qu'un simple agrandissement de l'église. Le portail devait en faire partie. On spécifie que les ouvriers de Saint-Cosme ne seront tenus de fournir des journées de manœuvre au dit Salvanh que lorsque l'ouvrage sera hors de terre. La fabrique est tenue de procurer au maître maçon une maison pour habiter pendant les quatre années que durera l'entreprise. Ces clauses sont contenues dans un autre acte du 23 octobre 1524, par lequel François d'Estaing, évéque de Rodez, au nom de son neveu Jean d'Estaing, prieur de Saint-Cosme, Jean Régis notaire, et Antoine Calmels marchand, ouvriers de la fabrique du dit lieu de Saint-Cosme, s'engagent à payer au dit Salvanh tout ce qui lui a été promis, et lui-même, Antoine Salvanh, promet de tenir à compte la somme de deux cents livres qu'il a reçues de l' évéque d'Angoulême (Antoine d'Estaing). C'est lui qui avait conclu le bail à prix fait avec Antoine Salvanh. Archives de l'Aveyron, fonds de l'évêché de Rodez. — Registre.

(2) Le Cambon, près d'Espalion, une des églises les plus jolies et les moins connues du département de l'Aveyron, église romane à trois nefs terminées par trois absides en cul-de-four, clocher en arcades et deux portes, l'une au pignon occidental, l'autre au midi. Au xvi^ siècle on refit la voûte de la nef en style ogival et l'on ajouta six chapelles, trois de chaque côté, et un lourd clocher avec une flèche en bois. La date de cet agrandissement est fixée par une circonstance que nous allons rapporter. En 1529 on divise le bénéfice de Saint- Julien du Cambon : le prieuré simple reste à Jean Pouget, et la cure ou vicairie perpétuelle est donnée à Guillaume Solier. Cette division est faite avec le consentement du susdit prieur. qui dote le vicaire perpétuel. Quelques jours après, Jean Pouget permute son prieuré avec celui de Saint -Symphorien, appartenant à Charles d'Estaing, neveu de François d'Estaing évéque de Rodez, mais il s'en réserve la joui.ssance pendant sa vie. Le motif de cette réserve, c'est qu'avec les revenus de son bénéfice qui devaient être considérables, il avait déjà commencé de grands travaux de réparation à son église et qu'il désirait les terminer. Il était d'ailleurs âgé de plus de soixante ans. Il ne parait pas que ses vœux se soient accomplis, car on

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