‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 6 sur 152 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les Origines

Malgré l'obscurité qui environne les origines du christianisme dans le Rouergue, il y a un fait qu'on peut regarder comme certain, c'est que saint Martial;, évêque de Limoges, en a été le premier apôtre. En effet, son nom se retrouve au fond de toutes les traditions religieuses de notre province, et ces traditions n'en fournissent pas d'autre qui puisse être comme le premier anneau de la chaîne catholique.

On ne dispute que sur l'époque de sa mission. Les uns veulent qu'il ait été envoyé par saint Pierre lui-même, au premier siècle de notre ère. D'autres retardent sa venue jusqu'au milieu du iii^ siècle. De quel côté est la vérité?

Il est certain que l'ancienne tradition religieuse, qui fait de saint Martial le premier apôtre du Rouergue, le

fait venir au premier siècle. Suivant les Mémoires de l'église Noire-Dame de Rodez (1), saint Martial était un des soixante-douze disciples de Notre-Seigneur Jésus- Christ ; il vint dans la Gaule au premier siècle de l'Église, érigea un temple à Rodez , en l'honneur de la sainte Vierge, pour l'usage des nouveaux chrétiens qu'il avait convertis, et y plaça une partie des nombreuses reliques qu'il portait avec lui. Tous ces faits se trouvent résumés dans la légende de saint Martial, qu'on lit au Propre des Saints du diocèse de Rodez, 30 juin.

Nos historiens modernes rejettent cette tradition. Rose hésite à croire que saint Martial soit jamais venu à Rodez. Gaujal ne le nomme même pas, et il ne commence l'histoire ecclésiastique du Rouergue qu'à saint Amans, au siècle. M. de Rarrau dit que c'est une fable qui ne mérite aucune créance. Seul , M. l'abbé Magne (2) prétend que cette tradition n'est peut-êtré pas sans fondement.

Mais sur quoi donc s'appuient les auteurs qui la rejettent absolument? Rs allèguent un passage de l'histoire des Francs, par saint Grégoire de Tours, d'après lequel saint Martial ne serait venu qu'au siècle. Ce passage serait, en effet, concluant, si on pouvait le considérer comme une autorité irrécusable. Mais il n'en est pas ainsi. Dans une savante dissertation, publiée en 1855, sur l'apostolat de saint Martial, M. Arbellot, de Limoges, prouve, par des raisons nombreuses et solides, que ce passage n'a aucune autorité, et, par conséquent, il ruine

(1) Ce manuscrit qu'il serait peut-être impossible de retrouver aujourd'hui, est cité dans l'ouvrage de Dominici, historien du Quercy, vivant en 1642, V. tes Mémoires de la Société. des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, IV, 485.

(2) Notice archéologique sur l'église cathédrale de Rodez,

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