‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 7 sur 152 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

jusqu'aux fondements Topinion historique qui s'appuie sur Grégoire de Tours (1).

Le témoignage de cet historien n'est pas, au regard de ce fait, un document réellement historique, ce n'est qu'un document traditionnel. Or, M. Arbellot n'a pas de peine à établir historiquement que la tradition constante^ uniforme, immémoriale de r Aquitaine, des Gaules et de l'Orient porte que saint Martial a reçu sa mission de l'apôtre saint Pierre. On l'a toujours cru ainsi avant saint Grégoire de Tours, on l'a cru de son temps, on l'a cru après lui. Son assertion n'y a rien fait.

On peut donc assurer que la tradition du Rouergue relative à la mission de saint Martial, au i*"" siècle, est une tradition authentique, et que la critique la plus sévère peut l'adopter.

Si donc saint Martial est venu à Rodez, il y « certainement érigé une église, un lieu de prière pour les nouveaux chrétiens. Ce fut du moins une maison particulière , peut-être un temple païen , qui devint l'oratoire de ces fervents adorateurs de Jésus-Christ. L'histoire rapporte, en effet, que dans beaucoup de villes les premiers prédicateurs de la foi élevèrent des églises sur les ruines des temples païens, ou même convertirent les temples en églises. Il est dit en particulier de saint Martial, qu'à Limoges, il transforma le temple de Jupiter en

(1) A la Dissertation joignez les Documents inédits sur l'apostolat de saint Martial, publiés en 1860 par M, Arbellot, curé-archiprêtre de Rochechouart. Le plus important de ces documents est une légende anonyme de saint Martial que l'auteur ne connaissait pas en 1855 et qu'il a trouvée parmi les manuscrits de la Bibliothèque nationale. Cette légende antérieure de plus d'un siècle à Grégoire de Tours, confirme pleinement la tradition locale au sujet de l'époque de la mission de saint Martial. V. dans la Revue des questions historiques, t. XIV, l'excellent ilf^mozre sur l'établissement du christianisme et les origines de l'Église de France, par Dom Chamard, bénédictin de l'abbaye de Ligugé.

une église qu'il dédia à saint Étienne. Enfin, ce qui nous certifie que saint Martial a érigé une église quelconque à Rodez, c'est qu'il y a laissé un grand nombre de reliques très-précieuses, et, entr 'autres, celles de la sainte Vierge. Il fallait, comme dit, non sans raison, M. l'abbé Magne, un lieu pour déposer ces restes vénérables et pour les exposer au culte des fidèles.

Dans quel quartier de la ville s'éleva cette première église de saint Martial ? Nous croyons que ce fut sur le même lieu qu'occupe maintenant la cathédrale.

Nous établissons notre opinion : l'' sur les usages de l'antiquité ecclésiastique. — Dès l'origine du christianisme, les premiers fidèles, pour éviter la persécution, se réunissaient dans des maisons particulières ou dans des souterrains. î^orsque la paix leur fut donnée avec la liberté de gpnscience, presque tous ces oratoires furent agrandis et transformés en églises (1). a Dans la suite, on trouva convenable de consacrer ces pieux souvenirs en

(1) Jacques Audigier, dans son Histoire manuscrite de l'Auvergne (Bibliothèque nationale), prétend qu'à Clermont la maison du sénateur Cassius servit d'abord de retraite aux premiers chrétiens^ quand les idoles furent entièrement renversées. Il n'est pas impossible de croire qu'il en fut de même à Rodez. En 1855, une tranchée creusée près de l'évêché parallèlement à l'égout de la ville, fit découvrir, presqu'en face du portail nord de la cathédrale, sept ou huit colonnes antiques, deux médailles, dont une à l'effigie de Constantin et deux bassins adjacents, disposés sur un plan rectangulaire, arrondis sur la face méridionale, qu'on suppose être des bains d'origine romaine et, chose plus intéressante , des cuves à bains pour une seule personne. A ces indices ne pourrait-on pas reconnaître l'habitation de quelque opulent ruthénois converti dont les dépendances ont servi pour bâtir la première cathédrale? V. le procèsverbal de la séance de la Société des lettres ^ sciences et arts de l'Aveyron, du 12 août 1855, dans le Journal l'Aigle, du 9 janvier 1856. M. l'abbé Cochet, Bulletin monumental^ t. XIX, p. 418, fait sur ce sujet les réflexions très-judicieuses que voici : « A coup sûr, ce ne serait pas la première fois que l'on trouverait une église greffée sur un édifice antique. Nous connaissons à Étretat la vieille chapelle de Saint-Valery, construite dans les temps carlovingiens, au milieu d'une villa, dont les

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