‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 84 sur 152 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Quatre personnages plus grands que les apôtres surmontent les quatre tourelles. On dit que ce sont les quatre évangélistes. Nous le croyons volontiers, quoique rien ne l'indique. Ils fixent du regard la sainte Vierge qui les domine et se disposent à l'encenser. Les costumes diffèrent un peu. Tous ont l'encensoir ; un seul porte la navette ; un autre semble bénir de h main droite. Les statues des évangélistes furent taillées dans des blocs de grès. L'usure prolongée, les armatures en fer nécessitées par la fureur des vents et par le ravage de la foudre en rendent l'aspect bizarre et les font presque ressembler à des caricatures.

La sainte Vierge occupe le point culminant de la tour. Cette statue était primitivement en bronze doré. François d'Estaing le voulut ainsi pour que l'éclat du soleil la fît ressortir encore davantage, Mais plus tard, la foudre l'ayant brisée, le chapitre la remplaça par la statue de pierre qu'on y voit maintenant. Puisse la très-douce et très-immaculée Vierge demeurer longtemps à l'abri des vents et des tempêtes, et régner toujours sur nos cœurs dévoués, comme elle règne au sommet du noble et majestueux édifice (1).

(1) Chose incroyable! ce clocher que tout le monde admire, faillit être la victime du fanatisme révolutionnaire. « Le 10 janvier 1794 (21 nivôse an II), la société populaire de Rodez députe à la commune plusieurs de ses membres pour l'inviter à donner un exemple salutaire aux autres districts en faisant abattre les clochers de Rodez. Ce fut alors qu'un membre de l'Assemblée, Regis-Ytié, fit observer » que la tour de, la ca- « thédrale était un beau monument des arts, et qu'elle pouvait devenir « un monument national en snbstituant à la Vierge la statue de la Liberté « et remplaçant les quatre Evangélistes par les grandes figures de Marat, « Lepelletier et autres martyrs de la Révolution. » Cette motion fut goûtée, et l'on dut à son auteur la conservation du monument. » (H. de barrau, Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de IWveyron, vol. IV, page 472.;

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