‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 83 sur 152 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

deux exemples tirés du journal de ses visites pastorales. A chaque pas, le saint évêque défend de graver l'image de la croix sur les pierres tombales, afin que les fidèles ne soient pas exposés à la fouler aux pieds, et il ordonne de représenter sur la porte du tabernacle la sainte hostie au-dessus d'un calice soutenu par des anges adorateurs. Ces prescriptions viennent de son profond respect pour le signe sacré de la Rédemption et de son amour pour le Saint Sacrement. On doit peut- être à des idées semblables et la forme dernière du clocher et le luxe de son ornementation. François d'Estaing, Tinscription de l'ancienne porte du chœur le dit en propres termes, éprouvait un immense amour pour la très -sainte Vierge , et pendant le cours de son épiscopat , il ne cesse de la louer, de la glorifier et de l'exalter. Le clocher surmonté d'une flèche en bois comme il le fut jadis, et non d'une pyramide en pierre comme on aurait pu le faire, ne répondait pas complètement à ses aspirations. Pour la nouvelle tour que l'incendie de 1510 le forçait de reconstruire, il voulut une forme qui rappelât le piédestal ou la colonne, et au sommet de ce gigantesque support, il plaça une statue de la sainte Vierge en bronze doré. N'était-ce point là une belle manière de proclamer sa grandeur et sa majesté et de mettre sa ville épiscopale et tout son diocèse sous sa protection? Le piédestal devait avoir une ornementation digne de la statue. Antoine Salvanh y déploya toutes les ressources de son génie. On remarquera que de toutes les parties de la cathédrale, de celles même qui furent bâties sous François d'Estaing, le clocher est la seule qui soit magnifiquenent décorée.

Une suite de personnages échelonnés complètent la décoration et viennent comme pour servir de cortège à la sainte Vierge. Ces statues existent encore. Les van«

dales de 1793 les ont épargnées, faute peut-être de ne pouvoir facilement les atteindre avec le marteau démolisseur. Nous les nommerons l'une après l'autre.

Aux sept statues qu'on voit à la base des tourelles, deux sur chaque face, il n'est pas facile de donner un nom. Les deux évêques mitrés pourraient bien être saint Martial et saint Amans, patrons du diocèse. Mais que représentent les statues de femmes ? peut-être sainte Marthe, sainte Madeleine, sainte Foi et une autre sainte du midi de la France. Ce ne sont là que des hypothèses et l'on ne comprend pas pourquoi tous ces saints figurent sur le clocher au-dessous des apôtres (1). Au quatrième étage, la signification des figures est plus claire. Là, nous trouvons les douze apôtres avec leurs symboles accoutumés. Chaque tourelle a cinq niches pouvant contenir cinq statues, et dont trois seulement furent remplies : — - 1° Angle vers le palais épiscopal, au milieu, saint Pierre, qu'on reconnaît à ses clefs ; à droite saint Paul, le glaive dans sa main droite ; à gauche saint Jacques le Mineur, une massue tordue et noueuse dans la main gauche; — 2° Angle vers le sud : saint Mathias, reconnaissable à la hache ; saint Jean avec le calice ; saint Simon avec la scie dans la main gauche ; —■• 3° Angle vers l'hôtel de la préfecture : saint Philippe, croix de roseau à la main droite ; saint Jacques le Majeur, bourdon dans la main droite, chapeau à larges bords; saini Thomas, équerre dans la main droite; — 4" Angle vers la place de la Cité : saint Barthelemi, coutelas dans la main gauche ; saint André, croix en sautoir ; saint Jude, long et gros bâton dans la main droite. Tous les apôtres tiennent un livre symbole de leur mission. Ces statues sont en pierre calcaire.

(1) On prétend que ces statues proviennent de l'ancien clocher bâti au xiv« siècle. C'est difficile k croire et encore plus difficile à prouver.

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