Simoneau (Pierre- Joseph- Victor), 26* mars
Ce régiment a été levé par ordre du 24 septembre i65i, en pleine Fronde, et son premier chef a été Louis de Crevant, marquis d'Humières. Il est donc fort ancien, et il est singulier que le hasard ait ménagé à la jeune arme des chasseurs une tête de colonne aussi respectable.
Son histoire est compliquée et a donné lieu à plusieurs erreurs. Pinard Ta confondu avec le régiment de Chartres-cavalerie, passé comme lui dans l'arme des dragons en 1776, et cette erreur a été partagée par le vicomte de Valence dans la réclamation qu^il a faite en 1 79 1 pour le rang de Chartres-dragons dont il était colonel. Pinard, si exact d'ordinaire, avait été trompé par ce fait, que trois régiments avaient porté les noms de Chartres et de Conti, et que Tun de ces corps avait été successivement Chartres et Conti.
Le régiment levé en 1672 sous le nom de Seyssac-cavalerie, est devenu en 1758 CAar/r(?^-cavalerie et en 1776 C/zar/re^-dragons.
Avant celui-ci, le régiment levé en 1677 sous le nom de Choiseul-Beaupré cavalerie avait porté le nom de Chartres depuis 1 684 jusqu'à 1 724, et il était devenu depuis Clermont en 1 724, Cçimte
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de la Marche en 1 77 1 , Comte de la Marche-dra,gons le 25 mars 1776 et Conti-dragons le 12 sep* tembre de la même année.
Enfin le régiment de cavalerie d'//«w/èr^^ avait pris en 1733 le nom de Conti et Pavait garde jusqu'à Tannée 1776. Il devint alors dans l'espace de quelques mois Co«/i-dragons le 25 mars oxBouf- Jlers-dvdLgons le 12 septembre 1776. C'est le i®^ chasseurs de 1788.
Ce corps est, du reste, plus propre que tout autre à démontrer l'impossibilité du système consistant à établir Thistoire d'un régiment sur l'identité du numéro dans un arme déterminée.
Aussi longtemps que le régiment d'Humièrescavalerie a été régiment de gentilshommes, c'està-dire jusqu'en i733, il a suivi pour le rang l'ancienneté de son mestre de camp, c'est-à-dire qu'il n'a pas eu de numéro déterminé et fixe. En devenant la propriété du prince de Conti en 1733, il a pris dans la cavalerie le numéro correspondant à la position hiérarchique du prince dans la famille régnante, c'est-à-dire le 24®. Ce numéro lui-même n'avait rien d'absolu. Il a varié avec le nombre des régiments appartenant au roi et aux membres de la famille royale ayant rang de préséance sur le prince de Conti. C'est ainsi que la suppression de Dauphin-étranger le fit monter au 23® rang en 1761. En 1 776, quand il quitta la cavalerie pour passer aux dragons, il avait le n^ 29 et il devint le 1 3® ré-
giment de dragons. En redevenant régiment de gentilshommes après la mort du prince de Gonti, il descend au i5^ rang. L'organisation de 1788 lui donna le premier rang dans les chasseurs, et si Ton admettait que le i^^ chasseurs de la Restauration est le continuateur du i^^ chasseurs de l'Empire, il y aurait lieu de tenir compte de ce fait indiscutable, c'est que le i®*" chasseurs de la Restauration est devenu en i83i le i®' régiment de lanciers, et qu'il est aujourd'hui le 14® dragons.
Voilà donc un corps qui, sans cesser de conserver sa personnalité, aurait appartenu successivement à la cavalerie proprement dite, aux dragons, aux chasseurs à cheval, aux lanciers, serait enfin retourné aux dragons et aurait porté sur ses boutons, depuis Tannée 1762, au moins six numéros différents. Comment écrira-t-on son histoire si Ton ne s'attache pas à la personnalité?
Le régiment d'Humières a servi en Flandre, en Picardie et en Champagne jusqu'à la paix des Pyrénées, et il a été licencié le 18 avril 1661, sauf la compagnie du mestre de camp conservée comme compagnie franche. Rétabli le 7 décembre i665, il fut employé à la conquête des places de la Flandre en 1667, et, fort de quatre compagnies, il était en garnison à Leuze, lorsqu'il fut désigné en janvier 1668 pour être dirigé sur la Franche- Comté. Cette province s'étant soumise plus tôt qu'on ne l'espérait, il fut licencié une seconde fois
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le 24 mai, à l'exception de deux compagnies dont Tune au moins, celle du mestre de camp, figure sur la liste des 66 compagnies-mères, transformées en escadrons le 26 février 1670 et en régiments le 9 août 1671.
En 1672, ses six compagnies font partie de r armée commandée par le prince de Condé et contribuent à la conquête de la Hollande. En 1673 il fait la guerre avec Turenne dans Pélectorat de Brandebourg,"et en 1 674 il est encore avec Turenne en Alsace aux combats de Sintzheim, Ensheim et Mulhausen. En 1675 il se trouve aux affaires de Turkheim, Altenheim, Haguenau et Saverne, et le II février 1675 il devient la propriété de la maison de Villeroi.
Sous le nom de Seyssac, que porta dans sa jeunesse le fameux maréchal de Villeroi, on voit le régiment en 1676 aux sièges de Valenciennes et de Cambrai, en 1678 à ceux de Gand et d'Ypres et à la bataille de Saint-Denis, en 1681 au camp de la haute Alsace, en 1682 au camp d'Artois, en i683 au camp de la Sarre et au siège de Courtrai, en 1684 à celui de Luxembourg, et en i685 au camp de la Saône.
On le rencontre en 1687 cantonné autour du Fort-Louis du Rhin.
En 1 688, il est attaché à Tarmée du Rhin, prend part à la réduction de Philisbourg, Manheim et Frankenthal, et à toutes les opérations qui ont
pour résultat la soumission du Palatinat. Il continue de servir sur le Rhin jusqu'à Tannée 1692 et passe à Tarmée de Flandre où il fait le siège de Namur et combat à Steenkerque. En lôgS, il assiège Huy et assiste à la bataille de Neerwinden, en 1 694 il fait partie de l'expédition de Wignamont au pont d'Espierres, en 1695 il sert au siège de Dixmude et assiste au bombardement de Bruxelles. C'est cette année qu'il a pris le nom de Villeroi, qu'il a porté 23 ans. Il a Servi en Flandre jusqu'à la paix de Riswyck, et a fait partie en 1 698 du camp de Compiègne.
Appelé en 1701 en Allemagne, il part bientôt pour l'Italie et s'est trouvé en 1702 à la bataille de Luzzara, en lyoS à l'expédition du Trentin et aux affaires de Santa Vittoriaet de San Benedetto. Le silence se fait pendant 5 ans sur sa destinée. Il est probable qu'il avait suivi la fortune du mare* chai de Villeroi, et qu'il était avec lui en Flandre en 1706, et avec lui au désastre de Ramillies. Quoi qu'il en soit, on le retrouve en Flandre pendant les campagnes de 1 708 à 1 7 1 2 et sur le Rhin en 171 3. Il termine cette année la. guerre devant Landau.
Il prend en 17 18 le nom d'Alincourt, et fait sous ce titre en 17 19 partie de l'armée d'Espagne et assiste aux sièges de Saint-Sébastien, de Fontarabie et d'Urgell. En 1727, le régiment est au camp de la Saône, et le 20 janvier 1733 il devient
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la propriété de Louis François de Bourbon, prince de Conti, qui en laisse le commandement à M. de Bourzac,
Sous ce nom de Conti, il a contribué en lySS à l'occupation de la Lorraine pour Stanislas, roi dç Pologne, et à la prise de possession de Nancy ; en 1734 au siège de Philisbourg, et au succès de la journée d'Ettlingen. En lySS il était au combat de Klausen. A la paix, il eut ses quartiers à Haguenau et plus tard à Sedan.
G>nti quitte Sedan au mois d'août 1 74 1 pour se rendre en Westphalie. Il passe Thiver dans le pays de Juliers, et Tannée suivante il est dirigé sur la frontière de Bohême. Il s'est trouvé à l'affaire de Brasnanhoff", à la levée du siège de Braunau, au ravitaillement d'Egra, à la défense de Deckendorf, et il est rentré en France au mois d'avril 1743.
Après avoir passé l'hiver en Alsace, il a suivi le prince de Conti, nommé en 1 744 au commandement de l'armée d'Italie. Il s'est trouvé sous ses ordres à l'attaque de Château-Dauphin et des retranchements de Montalban et de Villefranche, à la prise de Démont, au siège de Coni et à la bataille de la Madona del Ulmo. En 1745 il est sur le bas Rhin. En 1 746 il fait partie de l'armée de Flandre, assiège Mons et Charleroi et se bat' à Raucoux. Il se bat encore à Lawfeld en 1747 et il termine cette guerre en 1 748 devant Maëstricht.
Conti a quitté l'armée de Flandre en janvier
1749 pour aller à Arras, et de là à Guingamp et Lamballe. Il était en lySi à Lille, en 1752 à Argentan, Falaise et Séez, en 1755 à Arras, puis au camp d'Aimeries, et en 1767 à Sedan qu'il a quitté la même année pour rallier à Neuss l'armée de Hanovre. Il fut fait prisonnier à Minden en 1 768. 80 maîtres et 60 chevaux, échappés de la bataille, se réunirent à Metz et servirent de noyau au rétablissement du corps qui fut envoyé à Gray et y demeura pendant toute Tannée 1759. II put servir activement en Allemagne pendant les deux dernières campagnes de la guerre.
Placé à la. paix en garnison à Laon, où il fut réorganisé le 2 avril 1763, on le voit depuis en 1763 à Haguenau, en 1764 à Laon, en 1766 au Puy, en 1768 à Metz, en 1771 à Montreuil, en 1772 à Colmar, en 1773 à Besançon et en 1775 à Niort. C'est à Niort qu'il a été transformé en dragons par suite de l'ordonnance du 25 mars 1776, et c'est à Niort aussi que le 12 septembre suivant, à la mort du prince de Conti, il est devenu la propriété du marquis de Boiifflers- Rouvrel qui le commandait depuis plus de six ans en qualité de mestre de camp-lieutenant. Il reçut à ce moment le 3® escadron de chasseurs de la légion de Condé, et fut envoyé à Castres et Alby.
Boufflers-dragons est allé depuis en 1778 à Belfort, en 1781 à Tournon, en 1782 à Schlestadt, en 1783 à Neubrisach, et c'est là qu'il est
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devenu le i®*" régiment de chasseurs à cheval le 17 mars 1788 avec le titre de chasseurs d'Alsace. Il fut en même temps augmenté d'un escadron par rincorporation d'une centaine d'hommes tirés des 6 régiments de cavalerie réformés cette année. •
En quittant Brisach, le régiment s'est rendu en 1 789 à Bourg, en 1 79 1 à Colmar, et en 1 792 à Metz, d'où il détacha 3 escadrons à l'armée du Nord. Sahuc, depuis chef de brigade, fut blessé à Courtrai le 17 juin 1792.
Le i®*" régiment de chasseurs à cheval a terminé la campagne de 1792 et fait celles de 1793 et 1 794 à Tarmée de la Moselle ; il s'est signalé à Valmy et à Arlon. En 1795 et 1796 il était de l'armée de Sambre et Meuse. Le lieutenantcolonel Dubois-Crancé fut élevé au rang de chef de brigade sur le champ de bataille, le i®*" juin 1 796, pour s'être distingué d'une manière éclatante. Confirmé dans ce grade à la tête du régiment, il s'est fait tuer au passage du Rhin le 26 avril 1800. Le régiment a servi jusqu'à la paix d'Amiens aux armées de Mayence, du Danube et du Rhin ; il s'était fait remarquer à Fleurus, Altenkirchen, Wetzlar, au passage de la Rednitz, au combat de l'IUer, et à Hohenlinden. Après un séjour de deux ans à Verdun, il rejoignit l'armée des côtes de TOcéan. Il était cantonné en 1 804 à Bruges et Gand, pendant la
durée du camp de Boulogne. Il a fait partie de la grande armée depuis Austerlitz jusqu'à Wagram, et est venu en 1810 prendre du repos à Nimègue et Bruges. Appelé en 181 1 sur TEIbe, il fait en 181 2 la campagne de Russie avec Davoust, reste avec ce nîaréchal à Hambourg en 181 3 et jusqu'au mois de juin 18 14. Appelé à ce moment à Paris, il y est réorganisé le I" juillet sous le titre de régiment du Roi. Après la campagne de Waterloo, qu'il a faite au 2® corps de cavalerie, il a été licencié sans qu'il soit possible de dire ce que sont devenus ses débris.
Peut-être son dépôt, quittant Paris à la seconde rentrée de Louis XVIII, se serait-il dirigé sur la Normandie. Alors il aurait pu entrer dans la composition du 1 6® chasseurs de l'Orne, dont la formation, ébauchée à Vire le 14 janvier 18 16, s'est achevée à Châteaudun le i®' mai suivant. Le 1 6® chasseurs de 1 8 1 6 est le 11® chasseurs actuel.
Conti-cavalerie avait eu des étendards jori* quille, portant d'un côté le soleil et la devise du roi, et de l'autre un aigle volant à travers les foudres et les éclairs , avec cette devise : Nec tendent, nec morantur, le tout brodé et frangé d'argent.
Évêchés. 5 g
ÉVÈCHÉS.
Mestres de camp et Colonels.