‹ Histoire de la cavalerie française (volume 2)Chapitre 13 sur 49 · Robert du Breuil (N.), 9 juin · texte numérisé non relu

Robert du Breuil (N.), 9 juin

Ce corps est un des 4 régiments de dragons que Louis XIV ordonna de lever le 14 septembre 1673. Mis sur pied le 6 novembre, il fut employé en Flandre, et perdit son mestre de camp, le chevalier de Fimarcon, tué en 1678 à la bataille de Saint-Denis. Nous avons expliqué, à la notice des dragons de Monsieur, comment le marquis de Barbezières obtint Fimarcon-dragons en cédant le régiment qu'il possédait au neveu du mestre de camp tué à Saint-Denis.

Barbezières était au camp de la Sarre en 1681. C'est de là qu'il est parti pour le Piémont avec un petit corps de troupes chargé d'occuper Casai. En 1 684 il est à Tarmée de la Meuse et il couvre les opérations du siège de Luxembourg. Les quatre années suivantes, il est cantonné aux environs de Strasbourg et fait plusieurs fois partie du camp de la Saône. En 1689 il est à Tarmée de Flandre sous Boufflers. Il reçut là Tordre de se rendre à Mont-Royal et d'essayer de se jeter dans Mayence investi. Il y parvient par un coup d'audace. Le i®^ novembre il enlève par surprise la tête du pont de Coblentz sur la Moselle et file sans s'arrêter jusqu'à Mayence, où il contribue à la belle défense qu'y fit le marquis d'Huxelles. En 1690, il enleva aussi lestement le bourg et le

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château de Beckticheim. Devenu Estrades en 1692, il est appelé à Tarmée de Flandre pour coopérer au siège de Namur, ce qui lui donna l'occasion de combattre à Steenkerque ; il assista ensuite au bombardement de Charleroi, et continua de servir en Flandre jusqu'à la paix.

Parti pour Tltalie en décembre 1700, il se trouva en 1 70 1 aux combats de Carpi et de Chiari, en 1 702 à la défense de Crémone, au combat de Santa- Vittoria, à la bataille de Luzzara où le mestre de camp comte d'Estrades prit un étendard, au siège de Guastalla et à la prise de Borgoforte. En 1703, sous le duc de Vendôme, il combat encore à Santa- Vittoria et à San-Benedetto. En 1704 il est aux sièges de Verceil et dTvrée, en 1706 au siège de Verrue, à la bataille de Cassano, et il passe l'hiver cantonné autour de Valleggio, où il a deux fois l'occasion de battre des partis ennemis. Il appartenait alors au comte, depuis maréchal de Bellisle.

En 1706, à la bataille de Calcinato, il défait à lui seul un bataillon de grenadiers de Brandebourg, lui enlève ses drapeaux, et bat ensuite un détachement de cavalerie hongroise conduit par le général baron de Falkenstein qu'il fit prisonnier. Le mestre de camp fut blessé dans cette affaire. Chargé d'observer les Impériaux au delà du Pô, Bellisle-dragons surprend un camp de trois régiments de cuirassiers et fait plus de m. 4

3oo prisonniers, dont 27 officiers. En récompense de cet exploit, le régiment fut autorisé à échanger ses sabres contre ceux qu'il avait si glorieusement conquis, et Tusage de ce sabre particulier, à fourreau en cuivre et à poignée en fer poli, s'est conservé jusqu'à la fin de Tempife dans le 2® chasseurs. C'est ce que l'on a appelé le sabre à la Montmorency, du nom de la famille à laquelle appartenait le comte de Laval, mestre de camp en 1788, qui probablement avait fait renîplacer les vieux sabres usés et hors de service pat* des sabres neufs qui rappelaient seulenient par les accessoires le sabre courbe des Hongrois. Cette faveur a été confirmée au régiment par une décision du Premier consul en date du 18 août 1802. Ces armes disparurent presque toutes dans les funestes campagnes de 1812 et 181 3. Au licenciement du 2® chasseurs le i3 janvier 18 16, il île restait plus des sabres du comte de Laval que chez les officiers et dans la compagnie d'élite.

Les dragons de Bellisle servirent à pied au siège de Turin et y emportèrent la contregarde de gauche de l'attaque. Ils combattirent à cheval a Castiglione et repassèrent les Alpes.

En 1 707, le régiment est à l'armée du Rhin, et livre le 28 juin un combat heureux à Lauffen, près du Neckar, à un corps de cavalerie allemande. Vers le milieu de 1708, il est appelé à la défense de Lille* Il se distingue à la défense du

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chemin couvert, dont il chasse les assiégeants après un combat des plus vifs. Le comte de Bellisle fut dangereusement blessé dans cette affaire. Retourné en 1708 à J'armée du Rhin, il y fait deu]ç campagnes, revient en Flandre en 1 7 1 et 1 7 1 î et reparaît en 1 7 1 2 sur le Rhin pour y servir jusqu'à la paix. Il portait depuis 1809 le nom du chevalier de Bonnelles, qui avait succédé ai} comte de Bellisle.

Le régiment était à Montauban en 171 7, et on le voit en Bjretagneeh 1726 et 1727.

Après avoir fait partie du camp de la Meuse en 1727 et du camp de la Moselle en 1732, le régiment, qui s'appelait alors ArmenoJtvilledragons, fut envoyé en 1733 à l'armée d'Italie. Il assista à la prise de Géra d'Adda, de Pizzighetone et du château de Milan, à l'occupation de Parme et de Tortose, aux batailles de Parme et de Guastalla, aux sièges de Gonzague, Révère et Reggiolo, et repassa les Alpes en 1736 pour aller prendre ses quartiers à Metz.

Il a commencé la guerre de la succession d'Autriche 80U3 le nom à!Argence, l'a continuée sous celui de Surgères et terminée sous celui à' Aitbigné. Il a fait partie de l'armée de Bohême et a débuté sur ce terrain au combat de Sahai. Entré dans Prague le 5 juillet 1742, il a pris part à la défense de cette ville et aux misères de la retraite. A peine revenu en France, après un repos à

Chasté-sur-Moselle, il est appelé à Tarmée du Bas- Rhin, et assiste encore à une déroute à Dettingen. Il achève la campagne de 1743 en Alsace. En 1744 il est à l'armée de la Moselle. Cette armée culbute le général Nadasty aux débouchés de Saverne et joint celle du Rhin ; toutes deux agissant ensemble forcent les Impériaux à repasser le fleuve et les poursuivent jusqu'en Bavière. C'est ainsi que le régiment contribua à la prise du comté de Nullembourg, de Waldshiit, Seckingen,^ Lauffenbourg, Rheinfeld, et rétrograda pour servir au siège de Fribourg. L'armée demeura sur la défensive en Alsace pendant les années 1 746 et 1 746. A la fin de 1 746, Aubignédragons fut dirigé sur la Provence que les Impériaux et les Sardes avaient envahie. Ils furent chassés. Le régiment franchit le Var après eux et concourut à la prise de Nice et de Vintimille. Il quitta la Provence en 1748 pour aller à Montauban et la même année à Belfort. Il est à Valence et Romans en 1749, à Huningue en 1760, au Puy en 1751, à Metz en 1753 et en 1754 au camp de Gray. Après le camp il va à Bourges, et de là, en 1756, au camp de Saint-Malo, puis à Dinan et à Arras. Il était en 1757 à Valenciennes quand commença la guerre de Sept ans. Il contribua cette année à l'occupation du Hanovre et rentra en France en janvier 1758. Il était suivant toute apparence hors d'état de con-

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tinuer la guerre, et demeura sur les côtes de Bretagne. Son nouveau mestre de camp, le comte de Choiseul La Baume sollicita en 1 76 1 son renvoi à Parmée d'Allemagne, et il a fait activement les deux dernières campagnes de la guerre. On le voit à la bataille de Villingshausen en 1 76 1 et au combat du Johannisberg le 3o août 1762. Le mestre de camp et 1 1 officiers y furent blessés ; les dragons n'eurent que 5 tués et 5 blessés, ce qui semble indiquer que le corps était loin en ce moment d'être un modèle.

Il a été réorganisé le 27 mars 1763 conformément à la nouvelle ordonnance. A partir de ce moment, et sous le nom de Cusiine, le célèbre et malheureux général de la Révolution, on voit le régiment en 1 763 à Vaucouleurs et Void, puis à Nancy et Mirecourt, en 1765 à Haguenau, en 1767 à Gray, en 1768 à Douai, en 1769 à Commercy, en 1772 à Ardres, en 1773 à Schlestadt et en 1775 à Colmar. Il devient en 1776 Custine-dragons avec le numéro 17, et il est augmenté d'un escadron par le versement du I •' escadron de la légion de Soubise.

On retrouve le régiment à Neubrisach en 1776, à Tournon en 1778 et à Niort en 1780. Il appartenait depuis un an au marquis de Lescure, qui devait suivre une autre voie que son prédécesseur. En 1784 le corps passa aux mains d'un Montmorency ; on le voit sous ce nom en garnison à 111. 4.

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Gjvet en 1784, à Maubeuge en 1785, et ^ Lille en 1786, Ce fut à Lille qu'il devint le ^^ régiment de chasseurs 4 cheval, avec le titre de Chasseurs des Évêçhés, et augmentation d'un escadron tiré des régiments de cavalerie réformés en 1788,

En 1790, le 2® chasseurs est à Belfort; en 1791 il est à Landau, en 1 792 il occupe 1q Fort-Louis et Lauterbourg. Plus tard il a trois escadrons à l'armée de Custine et un escadron à Strasbourg.

Il a successivement fait partie des arasées du Rhin, de Rhin et Moselle, de Mayence, de rOuest ou d'Angleterre, d'Italie et de Naples, et enfin de la grande armée en Autriche, Prusse, Pologne, Espagne, Russie, Allemagne et France, jusqu'à la fin de l'Empire. Les affaires dans lesquelles il s'est fait particulièrement remarquer sont: la prise de Spire en 1792, le siège de Mayence et le combat de Weissembourg \ la bataille de Rastadt, le combat d'Hindenheim et le passage du Lech, la bataille de Laval contre les Vendéens ; les batailles de Raab, Austerlitz, Jéna, d'Eylau, Ebersberg, Wagram, la Moskowa et Champaubert.

En revenant de Naples en 1802, il avait fait une courte station à Dole et Lons-le-Saunier, et s'était établi à Saint-Omer et Tournai pendant le camp de Boulogne.

Le 2^ chasseurs était à Commercy, en mai 1814. Il y fut réorganisé sous le titre de régiment

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de la Reine, et reçut alors les 1^% 2®, 4® et 5® escadrons du 16® chasseurs, les 2® et 4® escadrons du 26®, le 3® du 2® régiment d'éclaireurs de la jeune garde, et les i'^®, 2® et 5® compagnies de chasseurs de la jeune garde. Remis sur son ancien pied pendant les Cent-jours, il a été licencié le 1 3 novembre 1 8 1 5, et il a versé son fond en 18 16 dans Je 20® chasseurs organisé sous le titre de chasseurs du Var, corps qui est devenu en 1825 le 8® régiment de dragons.

II avait eu sous Louis XIV et Louis XV le costume suivant : habit, manteau, doublure, parements, veste et culotte rouges, boutons d'étain façonnés, bonnet rouge, doublé de rouge et bordé de blanc, bas blancs, chapeau bordé d'argent, cocarde noire, équipage rouge bordé de blanc, avec le chiffre du régiment.

Les guidons du régiment, au temps où il comptait dans les dragons, étaient rouges, avec le soleil et la devise, brodés et frangés en or.

Il avait pris en 1 760 les parements de Thabit et les revers ou patelettes de la veste en drap vert clair.

En 1 763 avec Thabit vert, il eut le collet, les parements et les revers jaune citron ; les boutons blancs étaient timbrés du numéro 9 ; Téquipage vert était bordé d'un galon blanc à deux lézardes cramoisies.-

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