Desmichels (Louis-Alexis), 24 mars
Ce régiment, créé dragons le 11 décembre 1675, a été formé pour le comte de Dreux-Nancré, gouverneur d'Ath, qui ébaucha 3on organisation et vendit, à la fin de 1676, l'agrément de levée qu'il avait reçu du roi à M. de Bursard, capitaine d'une compagnie franche. Bursard, outre sa compagnie, en recruta trois autres à Maëstricht, ville où s'acheva la formation.
Nous ne possédons pas d'autres renseignements sur les premières années de son existence. Il les passa probablement en garnison dans quelque place de la frontière.
En ï 68 1 , après la mort de Bursard, le régiment devient la propriété du comte de Tessé et on le rencomre en 168 3 au camp de la Saône,
et en 1684 au siège de Luxembourg. En 1689 il est au camp de Fiorainville et à Tarmée du maréchal de Lorges. Il est signalé Tannée suivante à la bataille de Fleurus, et en 1691 à la prise de Mons et à la défense des lignes de Flandre. Le mestre de camp de Tessé passe en Irlande et se démet de son régiment en 1692 en faveur du comte de Sennectère. Sous ce nouveau chef, il sert au siège de Namur, se trouve à la bataille de Steenkerque où il combat à pied, et au bombardement de Charleroi. Passé en 1693 à l'armée d'Italie, il se trouva à la bataille de la Marsaglia. En 1696 il est au siège de Valencia, et il reparaît en Flandre en 1697 pour faire le siège d'Ath. Il fut ensuite cantonné sur la Meuse.
A Fouverture de la guerre de la succession d'Espagne, en 1701, il est d'abord employée l'occupation des places des Pays-bas espagnols. En 1 702 il est envoyé en Italie, et il se trouve cette année à la bataille de Luzzara, à la prise de Guastalla et de Borgo- Forte. Il est en 1704 au combat de Castel-Nuovo de Bormia, au blocus de Bersello, à la prise de Desenzano et à l'expédition du Trentin. En 1704 il est employé aux sièges de Verceil et d'Ivrée, et en 1706 à ceux de Verrue et de Ghivasso. Il était devenu, au commencement de cette année, la propriété du marquis de Belabre^ qui l'avait acheté dans un mauvais moment. Après les désastres de l'armée d'Italie
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autour de Turin, il repasse les Alpes en 1706, et reste probablement attaché à la surveillance des passages du Dauphiné. On ne le retrouve plus qu'en 17 10, en Flandre, à la défense d'Aire et sur le Rhin en 171 3.
Ce régiment a eu, pendant deux ans, de 1727 à 1729, pour mestre de camp, un jeune seigneur breton, dont le nom n'est pas resté assez dans le souvenir de l'armée. C'est le comte de Plélo, dont nous avons parlé dans la notice du régiment de Conti-infanterie. Devenu ambassadeur en Danemark, il était à Copenhague en 1734, lorsque le gouvernement français entreprit d'envoyer des troupes au secours de Stanislas, roi de Pologne, assiégé dans la place de Dantzig. Il prit le commandement de l'expédition, eut l'honneur de se mesurer le premier contre une armée russe, et se fit tuer à la tête des 2,400 hommes avec lesquels il lui était ordonné d'en combattre 3o,ooo.
Le marquis de Plélo avait eu pour successeur, en 1729, le marquis de Nicolaï, puis, en 1731, quand ce mestre de camp échangea son épée de dragon pour la toque de président au Parlement, son frère, le chevalier, qui conduisit le régiment en Italie en 1733, et le commanda au siège de Pizzighetone, au combat de Colorno, aux batailles de Parme et de Guastalla. A sa rentrée en France, Nicolaï-dragons fut mis en garnison à Chinon.
En 1741 , il fait partie de Farinée du Bas- Rhin, prend ses quartiers d'hiver à Andemach, et se dirige en 1 742 vers la frontière de Bohême. Il contribue au ravitaillement de Braunau, passe rhiver à Eggenfeld, prend part à la défense que fit dans cette place le prince de Gonti, et rentra en France en juillet 1743, avec la réserve de l'armée. Sous le nom de Bar ti liât, il garde les passages du Rhin, fait encore la campagne de 1745 en Alsace, sert en 1746 sur les côtes du Languedoc et de la Provence, est appelé en 1747 au camp de Valence et occupe en 1 748 La Sejme, Manosque, puis Valence et Grest, se rend en 1 749 à Strasbourg, en 1760 à Montbrison, en 1751 à Limoges, en 1752 à Douai et en 1753 au camp d'Aimeries-sur-Sambre. Il a été envoyé ensuite à Valognes, puis en 1754 à Gaen et en 1755 à Gambrai. En 1766 il était au camp de Dunkerque, et en 1767 à Tarmée du prince de Soubise qui, on le sait, manœuvrait de concert avec le prince de Saxe-Hildburghausen, général des troupes autrichiennes. Le réginient, sous le nom d'Apchon, s'est donc trouvé à Rx>sbach.
Après avoir réparé ses pertes dans la Hesse et le comté de Hanau, il reparaît en 1758 à Tarmée et combat vigoureusement à Liitzelberg et à Sunderhausen. Il se conduisit très-bien le i3 avril 1769 à Bergen, et quelques jours après, le 19, il eut rhonneur de battre un bataillon de grenadiers
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escorté de deux escadrons du régiment de Finkestein et de leur enlever deux étendards. Le 26 juin, il chasse lennemi de Debriicke après un engagement opiniâtre. Dans la nuit du 1 1 au 12 juillet, il sauve 400 carabiniers qui, après avoir chassé Tennemi de Holtzhausen, Pavaient poursuivi avec plus d'ardeur que de prudence. Cette campagne avait été glorieuse pour le régiment d'Apchon, qui se trouve encore aux batailles ou combats de Minden, de Gorbach, de Warbourg et à celui du Johannisberg en 1 762 où il éprouve des pertes sensibles.
Le régiment, qui avait repris le nom de Nicolaï en 1 76 1 ^ fut mis à la paix en garnison au Puy, où il a été réorganisé le 10 avril 1763 et d'où il partit la même année pour aller à Saint- Mihiel. Il va ensuite en 1764 à Haguenau, en 1 765 à Lons-le-Saulnier, en 1 766 à Sarrelouis, en 1768 àMaubeuge, en 1770 à Calais et Ardres, en 1772 à Saint-Mihiel, en 1773 à Vesoul, en 1775 à Besançon, où il a reçu le 4* escadron de chasseurs de la légion de Soubise, en ^1777 à Dole, en 1779 à Metz, en 1781 à Pont-à-Mousson, en 1782 à Saint-Avold, en 1783 àGray, en 1 787 à Vesoul, où il est devenu le 4^ réghnent de chasseurs à cheval de Franche-Comté et fut augmenté d'un escadron tiré du régiment de cavalerie des Évêchés supprimé.
Le 4* de chasseurs était à Besançon depuis
8o Histoire de la Cavalerie.
1791, lorsqu'il fut attaché à Tarmée du Rhin. Il commença par éprouver un malheur ; il fut fait presque en entier prisonnier de guerre au Fort- Vauban et conduit en Autriche. Beaucoup d'hommes parvinrent à s'échapper des forteresses où on les avait renfermés et rallièrent ce gui restait du corps. La masse ne fut échangée qu'à la fin de 1 796 contre les nombreux prisonniers autrichiens faits par Parmée d'Italie. La portion qui avait échappé à la captivité se fit remarquer à l'armée du Rhin et Moselle aux combats de Wantzenau, de Kaiserslautern, de Rastadt et au passage du Danube à Neubourg. Le colonel Scalfort eut son cheval tué sous lui à Kandem, le 27 octobre 1796. Cette partie du régiment se rendit à la fin de 1796 à l'armée d'Italie. Les escadrons formés par les prisonniers rentrés, servirent en 1797 et 1 798 à la soumission de la Vendée et de la Bretagne, et en 1799 à l'armée de Batavie; ils se battirent avec rage à Alkmaër et Kastricum. En 1800, tous les escadrons étaient réunis en Italie et s'y distinguaient.
A la paix d'Amiens, le régiment, rappelé dans l'ouest de la France, fut cantonné à Saintes, La Rochelle, Niort, Fontenay et Nantes.
En 1 804, il fournit un escadron qui s'embarqua à l'île d'Aix pour la Martinique, et qui n'est rentré qu'en 1812. Les autres partirent en i8o5 pour Turin. Ils furent employés d'abord au blo-
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eus de Venise, et se rendirent en 1806 dans le royaume de Naples où ils restèrent jusqu'en 1 8 1 1 . Ils se réunirent cette année à Parme, d'où le régiment partit pour se rendre au corps d'observation de Hambourg où rejoignit l'escadron des Antilles. Le régiment était entier à l'armée de Russie. Il avait appris à fond dans les Calabres le rôle de la cavalerie légère, et il le joua si habilement et si énergiquement dès le début de la campagne que, même avant la bataille de la Moskowa, le régiment avait reçu de l'Empereur trente-trois croix de la Légion d'honneur pour les audacieux faits d'armes qu'il avait accomplis et les services rendus à l'armée. Il avait d'ailleurs combattu en ligne à Witepsk, à Krasnoë, où le colonel Boulnois avait reçu deux coups de feu et avait eu son cheval tué au milieu des carrés russes. Le 19 août, à Voloutina-Gora, Boulnois reçut une balle à la tête, et le 7 septembre, à la Moskowa, il eut trois chevaux tués ou blessés sous lui, dans trois charges successives dirigées sur une redoute. Son successeur, le comte de Vence, reçut à Leipzig, en 181 3, trois blessures et eut son cheval tué. Le colonel Bruguière avait été assassiné en 1 806 près de Gaëte.
Le 4« chasseurs a fait la campagne de France
en 18 14. Reconstitué par Louis XVIII sous le
titre de Monsieur, il reçut alors à Rouen les restes
du 19* chasseurs. Il a fait la campagne de Wa-
lu. 3.
terloo au 2® corps d'armée et a été licencié après le retour du roi. Ce qui restait de lui est passé, le 12 janvier 1816, à Rouen, dans le 21* chasseurs de Vaucluse, aujourd'hui, et depuis 1825, le 9® dragons.
Les anciens guidons du régiment étaient v.erts, du modèle général, brodés et frangés d'or.