D.uchastel (Louis-Claude), 25 septembre
L'origine de ce régiment ressemble à une légende. Un gentilhomme gascon, d'esprit et de valeur, nommé d'Audigeau ou d'Audijos, après avoir servi le roi, passa en Espagne, y vécut d'aventures à la Gil Blas, revint en France et se fit chef de bandits. Ayant fait sa paix en 1675 avec prévôts, exempts et maréchaussée, le roi lui permit de former un régiment de dragons de ces malandrins dont il était le chef. Ce singulier corps qui figure sur un état de juin lôyS, ne fut d'abord que de deux compagnies de 60 dragons. A la fin de l'année, et par ordre du 4 octobre, il en comptait 4, et il prend rang le i3 mars 1676 dans les troupes régulières. Audigeau, qui avait l'humeur picaresque et auquel la discipline de Louvois faisait regretter les allures libres de son ancien métier, se mit en révolte en plein pays des Landes, ce qui fit une grosse et scandaleuse affaire. Traqué de toutes parts, il parvint à s'échapper et à se sauver en Sicile, où il mourut au commencement de 1 678, à Messine, probablement sous une potence.
Son régiment, qui n'était pas, paraît-il, exclusivement composé de mauvais garçons, fut donné
au baron d^Asfeld qui Tépura et le réorganisa en y réunissant 4 compagnies franches, parmi lesquelles il y en avait une fort ancienne appartenant au comte de La Feuillée.
Cette réorganisation est du 26 avril 1678^ et le régiment se trouva en état de servir cette année sur le Rhin.
On ne doit pas confondre ce régiment de dragons d'Asfeld avec un régiment du même nom qui était sur pied à la même époque, et qui appartenait à un frère du baron, à celui des Alfeld qui est devenu maréchal de France. Ce dernier régiment était composé d^étrangers.
Le corps qui nous occupe, et qui était sans doute resté, après la paix de Nimègue dans les cantonnements d'Alsace, fut employé en 1681 au coup de main qui fit tomber Strasbourg en la possession du roi. Il était en 1684 au siège de Luxembourg. Ce régiment, semble-t-il, n'était pas encore en i685 un régiment comme un autre, car il existe une ordonnance du 7 septembre réglant la subsistance et manière de vivre du régiment de dragons d'Asfeld, qui sera logé Phiver prochain dans le pTat pays de la généralité de Poitiers.
En 1688 il retourne sur le Rhin, participe en 1 689 à la défense de Bonn, où le mestre de camp reçoit une blessure dont il meurt peu après à Aixla-Chapelle. Il fut remplacé par son frère qui le conduisit en Flandre et le commanda à la bataille
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de Fleurus. En 1691 , il est au siège de Mons et au combat de Leuze et va prendre ses cantonnements d'hiver sur la Moselle. En 1692, on le voit devant Namur et à la bataille de Steenkerque, en 1 698 à Neerwinden, où d'Asfeld est blessé, et devant Gharleroi. Employé en 1694 à la défense des côtes, il contribue à faire échouer Tentreprise des Anglais sur Dunkerque. En 1695 il assiste au bombardement de Bruxelles et à la défense du château de Namur. En 1 696 il est toujours sur la Meuse et en 1697, sous le nom dHautefort, il fait le siège d'Ath. Il fait partie du camp de Compiègne en 1698. Une ordonnance du 8 décembre 1 697 avait réformé les 4 dernières compagnies.
En 1701 le régiment occupe Gueldres pour le roi d'Espagne. En 1702 on le voit au combat de Nimègue. Passé en 1703 à Tarmée d'Allemagne, il figure à la prise de Brisach, au siège de Landau et à la bataille de Spire. En 1 704 il est employé sur la frontière du Dauphiné-, il empêche l'ennemi de faire le siège de Chambéry, contribue à la prise de Suze, à la soumission des Vaudois, à la prise des retranchements de la vallée d'Aoste et de la ville d'Aoste. En 1706, il fait partie du corps qui.occupe le comté de Nice, prend Chivasso, se trouve à l'attaque du château de Montmélian et d'Asti. En 1 706 il est au siège et à la bataille de Turin. Envoyé à l'armée du Rhin en 1707, il est rappelé la même année dans le Dauphiné et la
Provence, et contribue à faire lever le siège de Toulon. En 1708 il est sur les Pyrénées, couvre les opérations du siège de Tortose et prend part i
à la défense de Roses. Il sert en 1 709 sur le Rhin, et participe à la prise de Landau et de Fribourg. Il se nommait alors Saumery.
Il fait sous ce nom la campagne de 17 19 en Espagne et jfîgure en 1727 au camp de la Saône.
Devenu La Su!{e, il sert de 1733 à 1735 aux sièges de Kelh et de Philisbourg et assiste aux affaires d'Ettlingen et de Klausen. A la fin de cette guerre il a ses quartiers à Douai.
Il part en 1741 pour la Westphalie, et de là se rend en Bohême en août 1 742, contribue au ravitaillement de Braunau et d^Egra, hiverne à Eggenfeld, défend ce poste et bat en retraite avec le prince de Conti. Rentré en France en mai 1 743, il fait la campagne de 1744 en Flandre, couvre les sièges de Menin, Ypres et Fumes, et passe rhiver au camp de Courtrai. Il était rentré cette année dans la famille d'Asfeld. Le marquis d'Asfeld était le fils du maréchal d'Asfeld mort Tannée précédente et le neveu des deux mestres de camp qui avaient commandé le corps de 1 678 à 1696.
Après avoir passé Phiver sur le Rhin, le régiment reparut en Flandre en juin 1 746 et fit les sièges de Tournai, d'Audenarde, Termonde et Ath. En 1746 il occupe Bruxelles, assiège Namur
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où il entre le 5 octobre, et part de là pour Rennes, Il sert en 1 747 sur les côtes de Bretagne, depuis Nantes jusqu'à Quimper et Bellisle. En 1 748 il est rappelé à Tarmée de Flandre, se rassemble à Guise et assiste au siège de Maëstricht. Placé à Longwy à la paix, il va en 1 749 à Luxeuil et Vesoul, en 1760 à Thionville, en 1751 à Dole et en 1753 à Schlestadt.
Il figure en 1754 sous le nom de Thianges au camp de Plobsheim, se rend après ce camp à Bourg et Mâcon, en 1755 à Dijon, en 1756 au camp de Saint-Malo, puis à Aire et Béthune. Revenu Tannée suivante en Bretagne, il est employé à la surveillance des côtes jusqu'en 1759. Il part alors pour l'Allemagne, assiste au siège de Munster, et en 1 760 aux combats de Corbach et de Warbourg, et le 22 août à l'affaire de Zieremberg ou de Stattberg, où il se distingue à côté de Royal-dragons et des chasseurs de Fischer.
La paix faite, on trouve le régiment à Douai où il est réorganisé le 26 mars 1763. De Douai le régiment est envoyé en 1 764 à Calais et Ardres, en 1767 à Aire et Dunkerque, puis à Caen, en 1770 à Pontivy, en 177 1 à Douai, en 1772 à Guise, en 1774 à Sedan, où il reçoit le i®' escadron de chasseurs de la légion du Dauphiné, en 1776 à Libourne, puis à Saintes d'où il détache à Saint- Domingue son escadron de chasseurs. En 1 780 il est au camp de Saint-Jean-d' Angély , après lequel il
se rend à Charleville ; en 1 782 il occupe Neufchâtel et Aumale, en 1783 Thionville, en 1786 Metz, en 1 787 Pont-à-Mousson où il est transformé en chasseurs et devient le régiment de chasseurs du Hainaut, avec augmentation d'un escadron tiré du régiment réformé de la Marche-cavalerie. Il était à Melun en 1791 et en 1792 à Abbeville et Amiens.
Pendant les trois premières campagnes de la Révolution, le 5® régiment de chasseurs servit en Champagne et dans le Nord, et se fit remarquer à Valmy, Jemmapes, Ruremonde, Poperinghe et Hondscoote. De 1795 à 1798, il fait partie des armées de Sambre et Meuse, de Mayence et de Batavie; il est cité à Berghem. De 1799 à 1 801, il combat sous Masséna et Moreau à Zurich, Constance, Biberach, Engen, Moëskirchet Abensberg. Corbineau est nommé chef de brigade par Masséna sur le champ de bataille, et reçoit une balle à Hohenlinden. A la paix le régiment est mis en garnison à Maëstricht, puis à Beauvais, Chantilly, et Arras. Il se distingue à Austerlitz, puis à Crevitz, Pultusk, Eylau et Friedland. %
De 1808 à 181 1, le 5® chasseurs combat en Espagne à Médina-Sidonia, Talaveira, Médelin, Tarifa. A la fin de 181 1, il est envoyé à Verdun et de là au camp d'observation de TElbe. Il fait les campagnes de Russie et de Saxe. Il se fait remarquer à Leipzig 1 6 octobre 1 8 1 3, puis à Rema-
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gen le 2 janvier 18 14, à Troyes le 14 février, à Bar-sur- Aube le 17, à Arcis, à Saint-Dizier le 25 mars. Son dépôt, resté sur les Pyrénées et qui avait figuré à la bataille de Vittoria, 3o juin 181 3, combat dans le même temps à Navarreins le 24 février 18 14 et à Toulouse le 10 avril.
Le I*' août 18 14, le régiment prend le titre de chasseurs d^Angoulême. Il était à Libourne, où il reçut les i®% 2® et 5® escadrons du 2 1® chasseurs. Licencié par le duc d'Angoulême en personne, après Waterloo, il a versé son fond en 181 6 dans le 9" chasseurs nouveau, dit chasseurs de la Dordogne,qui est devenu en j83i le 4® chasseurs.
Ce régiment avait eu autrefois des guidons de soie rouge et or, du modèle général.
LANGUEDOC Mestres de camp et G>lonels.