De Faudoas (Paul- Eugène), 26 mars
Ce régiment de dragons date du 4 octobre 1 676. Il a été levé aux frais des États de Languedoc pour la garde des côtes, et on le voit désigné indifféremment sous le titre de Languedoc et sous le nom de Ganges qui était celui de son premier mestre de camp. Son véritable nom était Languedoc, et il ne Ta jamais quitté. Il existe une minute de lettre, datée de décembre 1 676 et écrite de la main de Louis XIV aux Etats de Languedoc, pour leur faire connaître « qu'il leur sçait gré de leurs soins pour la levée d'un régiment de dragons. » D'après une lettre de Louvois datée du 3o décembre, ce régiment est entretenu par les Etats à 17 compagnies. Le roi
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fait la première dépense, 114,500 livres : soit 8,5oo livres par compagnie, dont 6,000 pour la levée, 1,200 pour manteaux et bonnets, 400 pour les quartiers d'assemblée et 900 pour les fusils. Ce régiment, réformé le 8 août 1679, excepté la compagnie de Ganges qui fut incorporée dans Royal-dragons, a été rétabli dans les mêmes conditions le 5 janvier 1684. De nouveau réformé le 26 septembre de la même année, sa compagnie mestre de camp fut réunie à Firmarcon-dragons. Son admission définitive dans Tarmée permanente est du 20 août 1688. Il y eut alors sur pied un autre régiment de dragons, également levé aux frais des États de Languedoc et qui portait le titre de Languedoc 2®. Il a vécu jusqu'à la fin de la guerre de la succession d'Espagne.
Celui qui nous occupe ici fit la campagne de 1 689 en Catalogne et se trouva au combat et à la prise de Campredon. L'année suivante il fut envoyé en Italie sous Catinat et prit part à la bataille de Staffarde où il eut 4 officiers tués ou blessés. Il demeura sur les Alpes jusqu'à la fin de 1694. En 1695, il faisait partie de l'armée de la Meuse, et il termina cette guerre en Flandre. Il avait été donné en 1 694 au marquis de Cqylus.
En 1701 il est envoyé sur le Rhin. Il quitte cette frontière au mois de juillet pour passer à l'armée d'Italie, et il assiste au combat de Chiari. En 1702 il est à Luzzara. En 1703 il contribue à
la défaite du général Staremberg à Stradella, assiste au combat de Castelnuovo de Bormîa et accompagne Vendôme dans son expédition sur Trente. En 1 704 on le voit aux sièges de Verceil, d'Ivrée et de Verrue et au combat de Bozzolo où le lieutenant-colonel de Lautrec est tué. En 1706 il est à la bataille de Cassano et en 1 706 à celles de Calcinato et de Turin. L'année suivante, avec Villars, il surveille les défilés des Alpes. En 1708 3 escadrons restent en Dauphiné, les 3 autres sont envoyés en Catalogne. En 1 709 les escadrons du Dauphiné servent sous les ordres du duc de Roquelaure contre les insurgés du Languedoc, et sont appelés en 17 10 à Tarmée du Rhin. Ceux de Catalogne repassent cette année les Pyrénées, contribuent à la défaite des Anglais près de Cette et servent sur la frontière du Roussillon jusqu'en 171 1. Le régiment, réuni en 171 3 sur le Rhin, fait le siège de Fribourg, et reçoit les escadrons de Languedoc 2® réformé le 10 novembre 1713.
Pendant le partage du régiment de 1708 à 1711, les escadrons de Catalogne étaient commandés par le lieutenant-colonel comte de Saint- Amour, qui devint mestre de camp du corps en T 7 T I , les autres escadrons furent commandés par le mestre de camp de Caylus, et après sa mort en 1 7 1 1 par M. de Sebbeville devenu lieutenantcolonel, qui a remplacé plus tard M. de Saint- Amour à la tête du corps.
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Languedoc a fait partie du camp de la Saône en 1 7 1 4 , de Tarmée d'Espagne en 1 7 1 9 , du camp de la Saône en 1727 et du camp du pays messin en 1733. Pendant la guerre delà succession de Pologne, il participe à toutes les opérations de Parmée du Rhin, et à la paix occupe la garnison de Besançon. Au mois de mars 1742, il est parti pour la Bavière, et de là pour la frontière de Bohême. Il a pris part au secours de Braunau et au ravitaillement d'Egra. Rentré en France en juillet 1743, il a été employé à la défense de r Alsace et de la Lorraine, et en 1 744 il fut envoyé sur le Var. Il contribua à la conquête du comté de Nice, et assista aux sièges de Demont et de Coni, ainsi qu'à la bataille de la Madona deP Ulmo. Le mestre de camp de Rannes est blessé au combat de Villafranca et le major Collet y est tué. Languedoc a fait en Piémont les sièges de
1 745 et s'est trouvé au combat du Refudo, et en
1 746 à la bataille de Plaisance où il eut i o officiers blessés et à celle du Tidone, puis à la défense de la Provence. Il est allé à Strasbourg au commencement de 1747, puis à Dole et à Vienne. On le voit à Huningue en 1748, à Montbrison en 1749, à Auch en 1760, à Belfort en 1751, à Cahors et Milhau en 1752, à Montauban en 1753 et à Phalsbourg en 1754.
Il sert en 1755 au camp de Valence. Il est en 1756 à Agen et à La Réole, en 1767 à Avran-
au baron d'Asfeld qui Tépura et le réorganisa en y réunissant 4 compagnies franches, parmi lesquelles il y en avait une fort ancienne appartenant au comte de La Feuillée.
Cette réorganisation est du 26 avril 1678^ et le régiment se trouva en état de servir cette année sur le Rhin.
On ne doit pas confondre ce régiment de dragons d'Asfeld avec un régiment du même nom qui était sur pied à la même époque, et qui appartenait à un frère du baron, à celui des Alfeld qui est devenu maréchal de France. Ce dernier régiment était composé d'étrangers.
Le corps qui nous occupe, et qui était sans doute resté, après la paix de Nimègue dans les cantonnements d'Alsace, fut employé en 1 68 1 au coup de main qui fit tomber Strasbourg en la possession du roi. Il était en 1684 au siège de Luxembourg. Ce régiment, semble-t-il, n'était pas encore en i685 un régiment comme un autre, car il existe une ordonnance du 7 septembre réglant la subsistance et manière de vivre du régiment de dragons d'Asfeld, qui sera logé l'hiver prochain dans le pTat pays de la généralité de Poitiers.
En 1688 il retourne sur le Rhin, participe en 1 689 à la défense de Bonn, où le mestre de camp reçoit une blessure dont il meurt peu après à Aixla-Chapelle. Il fut remplacé par son frère qui le conduisit en Flandre et le commanda à la bataille
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de Fleurus. En 1691 , il est au siège de Mons et au combat de Leuze et va prendre ses cantonnements d'hiver sur la Moselle. En 1692, on le voit devant Namur et à la bataille de Steenkerque, en 1693 à Neerwinden, où d'Asfeld est blessé, et devant Charleroi. Employé en 1694 à la défense des côtes, il contribue à faire échouer l'entreprise des Anglais sur Dunkerque. En 1695 il assiste au bombardement de Bruxelles et à la défense du château de Namur. En 1 696 il est toujours sur la Meuse et en 1697, sous le nom ^Hautefort, il fait le siège d'Ath. Il fait partie du camp de Compiègne en 1698. Une ordonnance du 8 décembre 1697 avait réformé les 4 dernières compagnies.
En 1701 le régiment occupe Gueldres pour le roi d'Espagne. En 1702 on le voit au combat de Nimègue. Passé en 1703 à Tarmèe d'Allemagne, il figure à la prise de Brisach, au siège de Landau et à la bataille de Spire. En 1 704 il est employé sur la frontière du Dauphiné; il empêche l'ennemi de faire le siège de Chambéry, contribue à la prise de Suze, à la soumission des Vaudois, à la prise des retranchements de la vallée d'Aoste et de la ville d'Aoste. En 1705, il fait partie du corps qui.occupe le comté de Nice, prend Chivasso, se trouve à l'attaque du château de Montmélian et d'Asti. En 1706 il est au siège et à la bataille de Turin. Envoyé à l'armée du Rhin en 1707, il est rappelé la même année dans le Dauphiné et la
Provence, et contribue à faire lever le siège de Toulon. En 1708 il est sur les Pyrénées, couvre les opérations du siège de Tortose et prend part à la défense de Roses. Il sert en 1709 sur le Rhin, et participe à la prise de Landau et de Fribourg. Il se nommait alors Saumery.
Il fait sous ce nom la campagne de 17 19 en Espagne et figure en 1727 au camp de la Saône.
Devenu La Su:{e, il sert de 1733 à 1735 aux sièges de Kelh et de Philisbourg et assiste aux affaires d'Ettlingen et de Klausen. A la fin de cette guerre il a ses quartiers à Douai.
Il part en 1741 pour la Westphalie, et de là se rend en Bohême en août 1742, contribue au ravitaillement de Braunau et d'Egra, hiverne à Eggenfeld, défend ce poste et bat en retraite avec le prince de Conti. Rentré en France en mai 1 743, il fait la campagne de 1744 en Flandre, couvre les sièges de Menin, Ypres et Furnes, et passe rhiver au camp de Courtrai. Il était rentré cette année dans la famille d'Asfeld. Le marquis d'Asfeld était le fils du maréchal d'Asfeld mort Tannée précédente et le neveu des deux mestres de camp qui avaient commandé le corps de 1678 à 1696.
Après avoir passé Phiver sur le Rhin, le régiment reparut en Flandre en juin 1 745 et fit les sièges de Tournai, d'Audenarde, Termonde et Ath. En 1746 il occupe Bruxelles, assiège Namur
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où il entre le 5 octobre, et part de là pour Rennes, Il sert en 1 747 sur les côtes de Bretagne, depuis Nantes jusqu'à Quimper et Bellisle. En 1 748 il est rappelé à Tarmée de Flandre, se rassemble à Guise et assiste au siège de Maëstricht. Placé à Longwy à la paix, il va en 1 749 à Luxeuil et Vesoul, en 1760 à Thionville, en 1751 à Dole et en 1753 à Schlestadt.
Il figure en 1764 sous le nom de Thianges au camp de Plobsheim, se rend après ce camp à Bourg et Mâcon, en 1755 à Dijon, en 1756 au camp de Saint-Malo, puis à Aire et Béthune. Revenu Tannée suivante en Bretagne, il est employé à la surveillance des côtes jusqu'en 1759. Il part alors pour l'Allemagne, assiste au siège de Munster, et en 1 760 aux combats de Corbach et de Warbourg, et le 22 août à Taffaire de Zieremberg ou de Stattberg, où il se distingue à côté de Royal-dragons et des chasseurs de Fischer.
La paix faite, on trouve lé régiment à Douai où il est réorganisé le 26 mars 1763. De Douai le régiment est envoyé en 1 764 à Calais et Ardres, en 1 767 à Aire et Dunkerque, puis à Gaen, en 1 770 à Pontivy, en 1771 à Douai, en 1772 à Guise, en 1774 à Sedan, où il reçoit le i®' escadron de chasseurs de la légion du Dauphiné, en 1776 à Libourne, puis à Saintes d'où il détache à Saint- Domingue son escadron de chasseurs. En 1 780 il est au camp de Saint-Jean-d' Angély, après lequel il
se rend à Charleville ; en 1 782 il occupe Neufchâtel et Aumale, en 1783 Thion ville, en 1785 Metz, en 1 787 Pont-à-Mousson où il est transformé en chasseurs et devient le régiment de chasseurs du Hainaut, avec augmentation d'un escadron tiré du régiment réformé de la Marche-cavalerie. Il était à Melun en 1791 et en 1792 à Abbeville et Amiens.
Pendant les trois premières campagnes de la Révolution, le 5® régiment de chasseurs servit en Champagne et dans le Nord, et se fit remarquer à Valmy, Jemmapes, Ruremonde, Poperinghe et Hondscoote. De 1796 à 1798, il fait partie des armées de Sambre et Meuse, de Mayence et de Batavie; il est cité à Berghem. De 1799 à 1 801, il combat sous Masséna et Moreau à Zurich, Constance, Biberach, Engen, Moëskirch et Abensberg. Corbineau est nommé chef de brigade par Masséna sur le champ de bataille, et reçoit une balle à Hohenlinden. A la paix le régiment est mis en garnison à Maëstricht, puis à Beauvais, Chantilly, et Arras. Il se distingue à Austerlitz, puis à Crevitz, Pultusk, Eylau et Friedland. %
De 1808 à 181 1, le 5® chasseurs combat en Espagne à Médina-Sidonia, Talaveira, Médelin, Tarifa. A la fin de 181 1, il est envoyé à Verdun et de là au camp d'observation de TElbe. Il fait les campagnes de Russie et de Saxe. Il se fait remarquer à Leipzig 1 6 octobre 1 8 1 3, puis à Rema-
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gen le 2 janvier 18 14, à Troyes le 14 février, à Bar-sur- Aube le 17, à Arcis, à Saint- Dizier le 25 mars. Son dépôt, resté sur les Pyrénées et qui avait figuré à la bataille de Vittoria, 3o juin 181 3, combat dans le même temps à Navarreins le 24 février 18 14 et à Toulouse le 10 avril.
Le I*' août 18 14, le régiment prend le titre de chasseurs d'Angoulême. Il était à Libourne, où il reçut les i®', 2* et 5® escadrons du 2 1® chasseurs. Licencié par le duc d'Angoulême en personne, après Waterloo, il a versé son fond en 181 6 dans le 9** chasseurs nouveau, dit chasseurs de la Dordogne,qui est devenu en j83i le 4® chasseurs.
Ce régiment avait eu autrefois des guidons de soie rouge et or, du modèle général.
LANGUEDOC Mestres de camp et Colonels.