III. I
Il passe, de 1681 à i683, trois années consécutives au camp de la Sarre. Il avait contribué le 20 septembre 1681 à Faction qui rendk la France maîtresse de Strasbourg. Il couvre en 1684 les opérations du siège de Luxembourg. Il devient en i685, après la mort du second Listenois, la propriété du lieutenant-colonel comte de Grammont, membre d'une famille franc-comtoise sans rapport avec celle des Gramont du Béarn. C'est ici que la confusion commence. On a fait passer le régiment de Flandre en Italie et d'Italie sur le Rhin avec une rapidité de mouvements improbable. C'est qu'il y avait, pendant cette guerre de 1688 qui s'est terminée à la paix de Riswyck, deux régiments de dragons portant le nom de Grammont^ celui qui nous occupe appartenant au comte de Grammont,' et un autre qui avait été levé le 20 août 1688 par le marquis de Grammont'Fallon. C'est à celui-ci qu'on doit rapporter les campagnes faites en Italie de 1690 à 1695. Grammont-Fallon est devenu Escorailles le 12 mai 1696 et a été licencié le 18 août
Grammont-dragons, qui était au Mans en 1686, fut appelé en 1688 à l'armée du Rhin et a été employé à la prise de Philisbourg, de Manheim et de Frankenthal. A la fin de cette année, il part pour les Pays-Bas, passe l'hiver au camp de Florainville, se trouve au combat de Walcourt
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en 1689, et quitte ensuite cette frontière pour aller au secours de Mayence. Il demeura pendant les deux années suivantes entre le Rhin et la Moselle, et revint en Flandre en 1692 pour faire le siège de Namur et combattre à Steenkerque. En 1693, il est de nouveau sur la Moselle. En 1694 il sert en Flandre, vient passer Phiver à Luxembourg, et fait partie en 1695 de cette garnison de Namur qui s'illustra par sa belle défense.
Le régiment prit en 1696 le nom de Payssac.
Il acheva cette guerre sur la Meuse et fit partie en 1698 du camp de Compiègne. Rentré dans la maison de Beauifremont en 1699, il commence la guerre de la succession d'Espagne en Allemagne. Il était en lyoS en Bavière. Après avoir figuré au siège de Kelh, il assiste à Tattaque des lignes de Stolhofen, des retranchements de la vallée de Hornberg, au combat de Munderkirchen, à la première bataille de Hochstedt et à la prise de Kempten et d'Augsbourg. En 1704, il est au combat de Schellemberg, où son mestre de camp est dangereusement blessé, et à la deuxième bataille de Hochstedt. Rentré en France après cette malheureuse journée, il fait la campagne de 1706 sur la Moselle, celle de 1 706 en Alsace où il prend part aux affaires de Drusenheim, de Lauterbourg et de rîle du Marquisat. Il fait encore sur le Rhin les campagnes de 1707 et 1708, et passe en
Flandre en 1 709 ; il y partage la défaite de Tarmée à Malplaquet. En 1 7 1 o, il contribue à la belle défense d'Aire, où le marquis de Listenois est tué dans une sortie le 24 septembre. Devenu Beauflfremont le i®*" novembre, il assiste en 171 2 aux sièges de Douai et du Quesnoy, fait le siège de Fribourg en 171 3 et passe Tannée 17 14 au camp de la Saône.
BeaufFremont était en 1730 dans les Evêchés.
Attaché en 1733 à Tarmée du Rhin, il contribue à la prise de Kelh et de Philisbourg, ainsi qu'au succès des combats d'Ettlingen et de Klausen. Il prend ensuite ses quartiers à Huningue et Neufbrisach.
En 1 741, il part du Fort- Louis du Rhin, pour se rendre sur la frontière d'Autriche ; il est mis en garnison à Lintz, prend part à la défense de cette place, et rentre en France en janvier 1742, après une capitulation qui l'obligeait à ne pas servir pendant un an. Il a passé ce temps à Metz. En 1743, il fait partie de l'armée du maréchal de Noailles et partage la défaite de cette armée à Dettingen. Après avoir passé l'hiver à Damvillers et Carignan, il se rend en Flandre en 1744, fait les sièges de Menin et d'Ypres et termine cette campagne à Audenarde et au camp de Courtrai.
Pendant les années qui suivirent, il fut employé, tantôt dans les garnisons des places, tantôt à l'armée active, et il s'est trouvé aux batailles de
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Raucoux et de Lawfeld. Le prince Louis de Beauffremont qui reprit le régiment en 1747, se fit remplacer dans le commandement par un mestre de camp lieutenant, quoique cette charge n'existât pas. Ce remplaçant fut François Tiron d'Argencequi exerça à partir du 3 décembre 1762, et qui fut remplacé le 1 3 août 1765 par Charles - Louis, baron du Ludre d'Afrique.
Depuis la paix, on voit le régiment à Verdun en 1748, à Jussey en 1749, à Thionville en 1751, à Gray en 1752, au Puy en 1753, à Besançon et au camp de Richemont en 1765, à Amiens, au camp de Dieppe et à Fécamp en 1756.
Il a fait les campagnes de 1769 à 1761 en Allemagne ; toutes les autres sur les côtes pour s'opposer aux débarquements. En 1763, il était cantonné aux environs de Caen, où il fut réorganisé le 5 avril 1763. On le trouve depuis en 1 763 à Lons-le-Saunier, en 1 764 à Montauban et Pau, en 1765 à Montbrison et à Valence, en 1767 à Carpentras et Avignon, en 1768 à Neubrisach, en 1770 à Dole et en 1772 à Phalsbourg. C'est là qu'il prit le nom de Lorraine le 3 mars 1773, étant sorti de la famille de Beauffremont pour devenir la propriété d'un prince de la maison de Lorraine.
On le trouve sous ce nom à la fin de 1773 à Épinal, en 1774 à Provins, en 1775 à Meaux et Melun, puis à Valcnciennes où il reçoit le 4® esca-
dron de chasseurs de la légion deCondé, en 1778 à Vernon, à Pont-de-r Arche, au camp de Vaussieux et à Fougères, en 1780 à Valenciennes, et la même année à Belfort, en 1789 à Mâcon et Roanne, puis à Aix, en 1790 a Brignolles et Nîmes, en 1 791 à Tarascon, où il prend le titre de 9® régiment de dragons, et en 1 792 à Nîmes, Avignon et le Vigan.
Il fut attaché d'abord à Tarmée des Alpes et coopéra, sous le général de Montesquiou, à la conquête de la Savoie. En 1793 il est dans la Vendée et il retourne en 1794 sur les Alpes. Il a combattu sous le général Bonaparte, au passage du Mincio et au pont d'Arcole, et il est resté célèbre par le .combat singulier du chef d'escadron Duvivier avec le chef des hussards de Derlody, auprès d'Anghiari, et la destruction de ces hussards après la mort de leur commandant. -Le 9® dragons continua de se battre sur le même terrain jusqu'en 1798. Il fît partie cette année de l'armée d'Helvétie. Il reparut en Italie en 1799. Le chef d'escadron Sébastiani fut nommé chef de brigade au corps sur le champ de bataille de Vérone le 20 avril. Après la bataille de Marengo, le règlement rentra en France, et fut mis en garnison à Paris en récompense de sa brillante conduite. Il occupa plus tard des cantonnements autour de Compiègne. Il appartenait déjà à la grande armée de Boulogne. Il fit avec elle les campagnes d'Au-»
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triche, de Prusse et de Pologne, et se trouva aux grandes batailles d'Austeriitz, d'Iéna, d'Eylau et de Friedland. A la fin de 1807, il est envoyé au corps d'observation de la Gironde, et il passe en 1808 en Espagne, où il prend part à tous les faits d'armes qui ont porté si haut la renommée de nos dragons, jusqu'au 18 juin 181 1 qu'il est devenu le 4® régiment de chevau-légers lanciers.
Sous cette nouvelle forme, il rallie la grande armée sur l'Elbe et fait partie en 18 12 de l'expédition de Russie. En 181 3 et 18 14, il est au 2® corps de cavalerie, et en 181 5 il est attaché au i®^ corps d'armée.
Le 4® régiment de chevau-légers s'est appelé pendant la première Restauration lanciers de Monsieur et il reçut à cette époque les 3® et 4^ escadrons des lanciers de la jeune garde. Licencié après Waterloo, le 4^ lanciers a versé son fond en 18 16 dans le 22® régiment de chasseurs nouveau, dit chasseurs de la Vendée. Ce corps est devenu en 1826 le 10° régiment de dragons.
Les guidons de Lorraine-dragons étaient rouges et du modèle général.
ANGOULEME.
Mestres de camp et Colonels.