‹ Histoire de la cavalerie française (volume 3)Chapitre 19 sur 44 · Prince de Soubise (Charles de Rohan), juillet · texte numérisé non relu

Prince de Soubise (Charles de Rohan), juillet

maréchal de France en 1758.

On sait à quelles poursuites et à quelles récriminations Henri IV fut en butte, après la pacification du royaume, lorsque, songeant à refaire

Gendarmes de la Garde. 228

par réconomie les finances ruinées par un siècle entier de guerres extérieures et civiles, il licencia les troupes que la Ligue, la Réforme et la politique avaient mises sur pied. C'est pour donner une satisfaction à quelques-uns de ses anciens serviteurs qu'il créa, à l'occasion de la naissance du Dauphin et pour servir à la garde de ce prince, une compagnie de 200 gendarmes. Cette création est du 14 décembre 1602, et le premier capitaine de la compagnie fut Gilles de Souvré, gouverneur du Dauphin.

Quand Louis XIII parvint à la couronne, il mit ces gendarmes dans la garde, par ordonnance du 29 avril 161 1, et cette corçpagnie eut dès ce jour le pas sur la compagnie des chevau-légers, quçique celle-ci fût plus ancienne.

L'organisation de cette compagnie a très-peu varié. Voici comment elle était réglée sous Louis XV : i capitaine-lieutenant, 2 capitaines sous-lieutenants, 3 enseignes, 3 guidons, 10 maréchaux des logis, dont 2 aides-majors, et 210 gendarmes, y compris 8 brigadiers, 8 sous-brigadiers, 4 porte-étendards, 4 aides-majors de brigade, 4 trompettes et i timbalier. La compagnie formait I escadron décomposé en 4 brigades.

Les gendarmes étaient au choix du capitainelieutenant. Il n'y avait point de conditions de taille pour être admis à la compagnie, mais il fallait être d'une famille hors du commun, et

avoir Tâge, la tournure et les manières convenables à un corps dont les membres étaient commensaux du roi, et surtout avoir un revenu suffisant pour vivre honorablement sans le secours de la solde, à peine suffisante pour les menus frais.

Les 4 étendards des gendarmes de la garde étaient blancs, brodés et frangés d'or et d'argent, avec des foudres tombant du ciel, et cette devise : Quo jubet iratus Jupiter.

La tenue se composait d'un habit écarlate, avec doublure rouge, parements coupés de velours noir -, poches en travers, galons et brandebourgs d'or en plein sur toutes les coutures; boutons d'or; boutonnières et ceinturon galonnés d'or ; veste de couleur chamois galonnée et bordée d'or, culotte et bas rouges ; chapeau bordé d'or avec cocarde noire et plumet blanc; l'équipage du cheval était rouge galonné d'or. Le timbalier et les trompettes étaient vêtus de velours , bleu galonné d'or en plein.

Cette tenue fut modifiée en 1 762 par l'addition d'un collet, de revers et de retroussis de velours noir, et par une housse et des chaperons également de velours noir. C'est, sans contredit, le plus riche uniforme qui ait jamais été porté, et le prince de Soubise devait en être satisfait.

Les gendarmes de la garde étaient casernes à l'hôtel de la compagnie, à' Versailles.

ChevaU' légers de la Garde, 22 5

Ils ont été licenciés par ordonnance du 3o septembre 1787.

Une nouvelle compagnie a vécu pendant les quelques mois qu'a duré la première restauration.

Page 1