ORDONNANCE DU ROY
« Pour faire prendre an régî7?îent de cavalerie d'Anjou le nom d Aquitaine.
« Du 1 septembre i jSJ.
« De par le Roy :
« Sa Majesté voulant que le Régiment de Cavalerie d'Anjou prenne le nom à^ Aquitaine, Elle a ordonné et ordonnons que ledit Régiment de Cavalerie d'Anjou sera à l'avenir sous le titre de Monsieur le Duc d'Aquitaine, et en portera le nom : l'intention de Sa Majesté n'étant pas, au surplus, de rien changer à la composition dudit Régiment, ni au rang qu'il tient actuelle-
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ment dans ses troupes de Cavalerie. Mande Sa Majesté à Mons. le Prince de Turenne, Cçlonel général de ladite Cavalerie, et au sieuj: Marquis de Béthune, Mestre de Camp général de ladite Cavalerie, de tenir la main à Texécution de la présente Ordonnance. Mande et ordonne Sa Majesté aux Gouverneurs et ses Lieutenants généraux en ses provinces, aux Gouverneurs ou Commandans de ses villes et places, aux Intendans sur ses dites provinces et sur ses frontières, aux Directeurs et Inspecteurs généraux de sa Cavalerie, et à tous autres ses officiers qu'il appartiendra, de tenir la main à l'exécution de la présente, laquelle sera lue et publiée à la tête dudit Régiment, par le Commissaire des Guerres qui en a la conduite et police, afin qu'aucun n'en puisse prétendre cause d'ignorance. Fait à Versailles, le dix septembre mil sept cent cinquantetrois. Signé Louis. Et plus bas, M. P. de Voyer d'Argenson. »
« Godefrqy Charles-Henri de la Tour d'Auvergjie, prince de Turenne, grand chambellan de France en survivance, colonel général de la cavalerie légère, françoise et étrangère.
« Vu l'Ordonnance du Roy du i o Septembre 1753, pour faire prendre au Régiment de Cavalerie d'Anjou le nom dC Aquitaine^ sans rien I. 24
changer à la composition dudit Régiment, ni au rang qu'il tient actuellement dans ses troupes de Cavalerie, à nous adressée : Avec ordre de tenir la main à son exécution : Mandons à Monsieur le Marquis de Béthune, Mestre de camp général de ladite Cavalerie, de tenir la main à ce qu'elle soit exactement observée. Ordonnons à tous Brigadiers, Mestres de Camp, Commandans de ladite cavalerie, et autres qu'il appartiendra, de s'y conformer, et de la faire exécuter selon sa forme et teneur. Fait à Paris, le dix Septembre mil sept cent cinquante-trois. Signé le Prince de Turenne. Et plus bas, par Monseigneur.
Signé Gauthier, secrétaire général de la cavalerie. »
Le récit des vicissitudes par lesquelles Tancienne cavalerie a dû passer pour arriver à l'état où la Révolution l'a trouvée, resterait incomplet si l'on ne mettait pas sous les yeux du lecteur une image aussi exacte que possible de ces soldats, qui ont combattu à Steenkerque , à Denain et à Fontenoy, et qui ont promené le dernier uniforme que leur a donné la monarchie d'Amsterdam au Caire, de Lisbonne à Moscou.
On a vu par la citation d'une pièce écrite de la main de Louis XIV , quelle fut la première tenue portée par les régiments de la cavalerie française. A défaut de détails plus précis on peut .avoir recours aux tableaux de Vandermeulen ,
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qui rendent au moins palpable la physionomie générale des soldats à cette époque.
Cette physionomie a peu varié jusqu'en 1740.
A partir de cette date elle se modifie au contact des Allemands pour aboutir au règlement de 1763, sur rhabillement et l'équipement uniformes, suivi de ceux de 1776, 1779 et 1786, qui sont le développement du premier.
Il y a donc eu pour les costumes des troupes à cheval deux époques bien caractérisées, Fune qui commence en 1690 et qui s'étend jusqu'à la guerre de la succession d'Autriche ; l'autre qui part de la guerre de Sept ans, et qui se maintient sans altérations sensibles jusqu'à la fin de l'Empire.
Nous renvoyons aux notices les particularités de la tenue de chaque corps, nous contentant ici d'exposer l'ensemble de cette tenue aux époques indiquées plus haut.
Il existait, en 1740, 67 régiments de cavaleriç proprement dite.
Les régiments appartenant au roi et aux princes de la famille royale, au nombre de 1 5 , portaient l'habit et le manteau bleus avec la couleur distinctive rouge écarlate, combinée de diverses manières dans la doublure, les revers, les parements. Royal, le Roi et le Dauphin avaient les boutons de cuivre et le galon du chapeau en or-, tous les autres portaient les boutons d'étain et le
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galon d'argent. Tous aussi avaient des housses et des chaperons d'équipage bleus , et le galon bordant les diverses parties de l'équipage était de , couleur aurore, excepté dans le régiment du Roi, où ce galon était celui de la livrée, et chez les carabiniers dont le galon aurore était traversé par une raie blanche.
Royal étranger a toujours eu un costume de forme particulière, à la polonaise.
Colonel général, la Reine, Noailles, Pons et Fitz -James portaient l'habit et le manteau rouges; le premier avec des revers et des parements noirs, les quatre derniers avec des distinctions bleues ou rouges. Colonel général, la Reine et Noailles avaient les boutons et le galon dechapeau en métal jaune, les deux autres en métal blanc. Pons, seul, avait l'équipage bleu; cet équipage était rouge chez les quatre autres. Le galon d'équipage était noir et blanc dans Colonel général. Chez les autres il suivait la livrée des chefs de corps.
Les 37 régiments de cavalerie qui font la différence étaient vêtus de drap gris blanc, sauf Mestre de camp général qui se distinguait par l'habit gris de fer et le manteau rouge, Commissaire général qui avait l'habit gris blanc, mais le manteau rouge, et Conti qui avait les deux vêtements gris cendré. Tous avaient les, distinctions rouges, excepté les deux derniers régiments
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de l'état-major qui portaient les revers et les parements de panne noire, comme Colonel général. Les boutons et les galons de chapeau étaient, pour quelques-uns, de métal blanc ou jaune, et pour le plus grand nombre les boutons étaient en drap gris blanc, le galon de chapeau restant métallique. Uéquipage du cheval était uniformément rouge avec galonnage varié, généralement à la livrée des mestres de camp.
La tenue des cavaliers était complétée par la culotte de peau, des bottes molles, et par le port de la cocarde noire qui tranchait sur les galons métalliques des chapeaux. Tous, à Texception des cuirassiers, portaient le buffle ou veste de peau jaune à boutons de cuivre et des buffleteries blanches piquées. A la fin de la guerre de la succession d'Autriche, ils prirent des buffleteries de cuir jaune. Les régiments se distinguaient encore entre eux par la forme et la direction des poches, le nombre et la disposition des boutons.
Ce qui ressort de ce système de costumes, c'est qu'il roulait sur l'emploi exclusif des trois couleurs : bleue, rouge et blanche. Il n'y a d'exception que pour les 3 régiments de l'état-major.
On remarquera que les régiments appartenant au roi et aux princes de son sang avaient seuls le privilège de porter l'habit bleu, bleu de roi. L'habit rouge était une distinction accordée au régiment du Colonel général, à celui de la Reine I. 24.
et à celui de la puissante famille de Noailles. Pons et Fitz-James, qui portaient aussi Thabît rouge, étaient des corps d'origine étrangère.
Louis XIV et après lui Louis XV avaient sans doute leurs raisons pour aimer le bleu, le rouge et le blanc, et pour avoir réglé et maintenu Temploi et la signification de chacune de ces couleurs.
Après la guerre de Sept ans, les costumes des régiments de cavalerie conservés furent réglés comme il suit : le règlement, mis en vigueur en 1763, donna Thabit bleu à tous les régiments de cavalerie. et leur affecta des couleurs distinctives qui ressortaient, sauf quelques exceptions, dans la doublure, le collet renversé, les revers et les parements. L'habit était garni d'une épaulette de laine de la couleur de distinction, portée à droite et destinée à maintenir la courroie porte-giberne. Les poches sont coupées en travers et garnies de 3 boutons, comme Tétaient naguère celles de la gendarmerie. Tous , excepté les cuirassiers , avaient le buffle ou veste de peau de chamois et tous portaient la culotte de chamois et les bottes molles. Tous portaient le chapeau galonné de blanc avec la cocarde noire. Les trois régiments de rétat-major avaient seuls le galon jaune, remplacé en 1768 par le galon aurore. Lés boutons suivaient la couleur du galon et étaient timbrés, pour la première fois, du numéro d'ordre du régiment.
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Pour tous, le manteau était de drap gris blanc, doublé comme Thabit, avec trois brandebourgs de la couleur de distinction.
Les trompettes des régiments de la Reine, des princes du sang et de Noailles portent la livrée spéciale du chef de corps. Tous les autres ont rhabit uniforme avec un petit bordé de galon de soie aurore ou blanc suivant le bouton.
L'équipage du cheval est généralement bleu.
Son galonnage autour de la housse et du chaperon de fonte est variable d'un régiment à l'autre, mais il paraît désormais fixé.
C'est à partir de ce moment que ressort nettement l'intention de faire porter aux officiers Tuniforme de la troupe, tout en les distinguant : ce que la troupe porte en aurore ou en blanc dans les accessoires de la tenue, est remplacé, pour les officiers, par l'or et l'argent.
Tout en faisant disparaître beaucoup de détails de tenue par desquels les chefs de corps cherchaient à se singulariser, le règlement de 1763, pour remplacer ces détails souvent étranges , admet de nouvelles couleurs distinctives qui apparaissent dans les doublures , les revers , les parements et le collet.
Le cramoisi devient la couleur de privilège de Colonel général, tandis que les deux autres régiments de l'état-major conservent le noir. Les couleurs jaune, aurore, rose, blanche, ventre de
biche sont adoptées pour caractériser quelquesuns des régiments de gentilshommes, devenus régiments royaux ou régiments de princes.
Nous avons dit ailleurs comment les règlements de 1776 et 1779 partageaient les régiments de cavalerie en séries ayant chacune sa couleur de distinction.
Le règlement du 3o octobre 1786, type et modèle de précision et de clarté, sans donner encore le coup de grâce à la vieille fantaisie, acheva pourtant d'imprimer aux troupes l'exacte uniformité militaire, que les corps ont conservé à très-peu près pendant la période républicaine et impériale. Nous ferons à ce règlement des emprunts assez étendus pour, bien fixer les idées sur la forme matérielle dçs corps aux dernières années de la monarchie.
« L'habillement uniforme des bas officiers et « cavaliers sera composé d'un habit doublé de « serge aux couleurs de. distinction qui seront « réglées pour chaque régiment, d'une veste de « drap doublée de serge ou cadis blanc et d'une « culotte de peau de daim. L'habit et la veste « seront absolument semblables, quant à la forme « et à la quantité et position des boutons, à ceux « de l'infanterie, excepté que la veste n'aura point « de parements,, ni de collet de la couleur des « distinctions.
« Il sera donné, en outre, à chacun des bas-offi-
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« cîers et cavaliers un surtout de drap bleu, fait « en frac et garni de huit gros boutons uniformes, « dont six à la taille, posés, un en haut, deux au « milieu, trois en bas.et deux aux hanches ; Tépau- « lette et la contre-épaulette seront attachées au « surtout avec un petit bouton.
« Le manteau sera de drap gris blanc, piqué de « bleu; il sera garni de trois brandebourgs de « chaque côté, faits avec * s g alons affectés à la « distinction de l'équipage du cheval de chaque « régiment, et parementé sur le devant de serge « * de la couleur des distinctions.
« La cavalerie portera un chapeau conforme à « x:elui de V infanterie. \\ sera garni en temps de « guerre d'une calotte de fer évidée : la cocarde « sera blanche. »
Remarquons ici que la charge de colonel général de rinfanterie venait d'être rétablie en 1780 en faveur du prince de Condé. C'est à cette occasion que les troupes d'infanterie prirent la cocarde blanche « Chaque compagnie de cavalerie sera distin- « guée par une houppe de laine de forme ronde « et aplatie, qui sera portée au-dessus de la co- « carde. Celle de la i^® compagnie sera écarlate; « celle de la 2® bleu céleste, celle de la 3® rose et « celle de la 4® souci. Les deux adjudants, le « maître maréchal, le maître sellier et l'armurier « porteront la houppe en laine blanche, comme « étant attachés à Vétat^major,
« Les bas -officiers et cavaliers porteront un « bonnet de police, façonné à la dragonne, du « même drap que Phabit. Le haut du bonnet sera « garni d'une frange de drap, moitié de la couleur « du fond et moitié de la couleur de distinction.
« Les adjudants porteront Tépaulette à fond de « soie couleur de feu ; elle sera traversée dans « le milieu de sa longueur de deux cordons de « tresses d'or ou d'argent, suivant la couleur du « bouton.
« Les maréchaux des logis en chef porteront « sur le côté extérieur de Tavant-bras deux galons « d'argent fin placés obliquement.
« Les fourriers porteront deux bandes de gâte Ions d'argent fin cousus en travers sur le dehors « de la manche, au-dessus du pli du bras.
« Les rnaréchaux des logis porteront un seul « galon d'argent fin, placé comme celui d'en bas « des deux qui sont la distinction des maréchaux « des logis en chef
« Les brigadiers porteront sur le côté extérieur « de l'avant-bras deux galons de fil blanc placés « comme ceux des maréchaux des logis en chef.
« Les appointés porteront un seul galon de til « blanc, placé comme celui d'en bas des brîga- « diers.
« Les cavaliers qui seront gentilshommes por- « teront pour distinction l'épaulette sans frange « en galon d'or ou d'argent, vivant la couleur
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« du bouton, laquelle épaulette sera doublée et « lisérée du drap de la couleur distinctive.
« Les maréchaux ferrants porteront sur le de- « hors de chaque manche, au-dessus du pli du « bras, la figure d^unfer en galon de fil blanc.
« Les hommes rengagés continueront de porter « le chevron ou le double chevron en galon de fil « blanc,
« Les maréchaux des logis en chef, fourriers et « maréchaux des logis des régiments de Tétat- « major de la cavalerie, porteront les distinctions « réglées ci-dessus en galon d^or fin, et les briga- « diers, appointés et maréchaux ferrants, ainsi « que les hommes rengagés, en galons de laine « jaune.
« Les trompettes porteront Fhabit de drap « bleu, affecté à la livrée du roi, avec les revers, « parements, vestes, culottes et doublures des « couleurs déterminées, coupe de poches et pla- « cément des boutons réglés pour chaque régi- « ment, à Texception de ceux des régiments de « rétat-major, de la reine et des princes du sang, « qui continueront de porter les habits de la livrée « des mestres de camp titulaires, en se confor- « mant toutefois aux distinctions de l'uniforme de « chaque corps ; de sorte que les revers et pare- « ments qui se trouveront, dans Funiforme des « cavaliers, de même couleur que le fond de leur « habit, soient de même drap pour les trompettes
« que celui de leur habit. Ils porteront, au sur- « plus, la culotte et la veste déterminée pour la « cavalerie.
« L^habillement des officiers sera de même « cotaleur que celui des cavaliers, tant pour le fond « que pour les distinctions. Il ne différera que « par la qualité du drap et par celle des boutons, « qui seront dorés ou argentés.
« Les officiers seront coiffés avec des chapeaux « bordés d'un galon de soie noire et garnis d'une « cocarde de basin blanc, au-dessus de laquelle « sera mise la houppe en poil de chèvre de la cou- « leur affectée à leur compagnie. Celle des office ciers de Tétat-major sera blanche. Aucun officier « ne pourra porter de plumes ni plumets avec son « habit uniforme. »
Il faut être équitable toujours et rendre à chacun ce qui lui appartient. C'est la République, ou plutôt le volontaire de la République, qui a, sinon inventé, mais développé avec entrain Tusage des plumets, et du premier coup il s'en est donné de monstrueux de hauteur et de grosseur. On a déjà bien des fois, depuis soixante ans, essayé de ramener les panaches à des proportions modestes, et même de supprimer ce gênant et coûteux ornement. Il suffit d'un orage pour lui rendre de la sève, et c'est toujours à recommencer.
Reprenons le règlement de 1 786.
« Les manteaux des officiers de cavalerie seront
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« de drap bleu. Le collet sera bordé d'un galon « d'or ou d'argent de la largeur d'un pouce, sui- « vant la couleur du bouton, et ils seront pareil mentes en serge de la couleur distinctive du « régiment.
« Le mestre de camp commandant portera, de « chaque côté, une épaulette de tresse ou galon « plein en or ou en argent, selon la couleur du « bouton ; elle sera ornée d'une frange à graines « d'épinard et cordes à puits. Toute espèce de « broderie ou paillette est et demeure défendue. « Le lieutenant-colonel portera à gauche une « seule épaulette garnie de franges et agréments « pareils à l'épauleçte du mestre de camp.
« Ceux des officiers qui auront le grade de c( brigadier des armées porteront pour distinc- « tion, sur l'épaulette, une étoile brodée d'or ou « d'argent, en opposition à la couleur de l'épau- « lette.
« Le major portera, de chaque côté, une épau- « lette en or ou en argent, ornée de franges à « graines d'épinard seulement. »
Quand on créa le grade de chef d'escadron en 1788, cet officier porta l'épaulette à gauche, et le major passa la sienne à droite.
« Les capitaines commandants porteront sur « l'épaule gauche une épaulette pareille à celle du « major.
« Les capitaines en second porteront la même
« épaulette, coupée dans le milieu de sa longueur « par un cordon de soie tressée couleur de feu.
« Les lieutenants en premier ne pourront por- « ter l'épaulette pleine en or ou en argent : elle « sera losangée de carreaux de soie couleur de « feu, sur un fond de tresse en galon d'or ou « d'argent... la frange qui la terminera sera de « filet d'or ou d'argent et de soie, en proportion «• du mélange — un tiers de soie — qui sera dan§ « le tissu de l'épaulette.
« Les lieutenants en second porteront la même « épaulette que les lieutenants en premier, à la « seule différence qu'elle sera traversée dans le «' milieu de sa longueur par un cordon de soie K couleur de feu.
« Les . sous-lieutenants porteront l'épaulette à « fond de soie couleur de feu^ avec des carreaux «« tressés d'or ou d'argent... et les franges seront tt- mêlées de soie et de filets d'or ou d'argent en H proportion du mélange de l'épaulette — deux «' tiers de soie.
• Le quartier-maître trésorier portera la même •• épaulette que les lieutenants... suivant le rang H auquel il sera parvenu dans le régiment*
« Les porte- étendards porteront l'épaulette à M fond de soie couleur de feu, lisérée d'or ou « d'argent... elle sera garnie de franges assor- « lies.
« Les cabres des bas-officiers et cavaliers se-
Régiments de cavalerie. 29 c
ront en cuivre. » — Il s'agit évidemment des garnitures et du fourreau.
« Le cordon de sabre sera de cuir noirci, large M de 8 'lignes et long de 2 pieds 4 pouces, garni à (« Textrémité d'un bouton avec une houppette de « cuir découpé, et d'un autre bouton coulant du « même cuir.
« Le ceinturon des cavaliers sera de' buiBe « blanc sans piqûres. Il n'aura qu'un seul pen- « dant destiné à porter le sabre en ligne perpen- « diculaire, un peu incliné : il sera garni d'une « plaque de cuivre cambrée, garnie de deux ar- « dirions pour la fixer sur le devant du ceinturon, « et d'un crochet qui s'adaptera à un anneau « coulant de forme aplatie, également fixé par « deux ardillons à l'extrémité gauche du ceinte turon.
« Les gibernes sont noires et les courroies « porte-gibernes blanches. Les bretelles de mous- « quêtons sont de cuir de Russie.
« Les bottes de cavalier seront demi-fortes, « garnies d'éperons d'une seule pièce... de cinq « poîicesr de longueur.
« Le porte-manteau sera de tricot, de la cou- « leur affectée à l'équipage de chaque régiment; « il sera long de 25 pouces... les extrémités seront « en carré long de 9 pouces 1/2 sur 3 pouces 1/2, « bordées autour d'un galon de 9 lignes de la « livrée de l'équipage. L'ouverture du porte-
« manteau sera fermée par trois contre-sanglons « et trois boucles enchapées.
« La besace sera de treillis; — mêmes dimen- « sions que le porte-manteau; — les extrémités « seront recouvertes de tricot et bordées autour « d'un galon de 9 lignes...
« Le sabre des officiers sera de cuivre doré.
« La dragonne ou cordon sera formée de filets « d'or et de soie couleur de feu, dans la forme et « la proportion déterminées pour le mélange des « épaulettes; le gland sera garni d'une frange con- « forme à celle réglée pour Tépaulette de chaque « grade.
« Lesdits officiers porteront, hors de service. « répée du modèle dit à la mousquetaire.
« Le ceinturon sera de buffle blanc, et il sera « porté sur la veste.
« Les éperons des officiers seront de fer bronzé.
« La housse, pour les cavaliers, sera faite en « drap, bordée de galon de livrée de 18 lignes de « large, des couleurs réglées pour la distinction « de chaque régiment.
« Les chaperons seront faits du même drap « que la housse et bordés d'un semblable galon ; « il seront façonnés en forme de demi-ovale ré- « gulier, de la hauteur de 7 pouces 3 lignes, et de « I o pouces de largeur.
« La selle des chevaux d'officier sera du drap « de couleur de la housse; les mords de bride
Régiments de cavalerie. 293
« seront garnis de bossettes jaunes, timbrées « comme le bouton de Thabit.
« Les housses et chaperons pour officiers...
« seront bordés de galons d'or et d'argent, sui- « vant le métal du bouton de Thabit, et des lar- « geurs ci-après :
« 3o lignes pour les officiers supérieurs-, « 24 lignes pour les capitaines; « 20 lignes pour les lieutenants ; « 1 5 lignes pour les sous-lieutenants et autres « officiers attachés à Tétat-major.
« Les adjudants, maréchaux des logis, fourriers « et trompettes seront armés de deux pistolets, « indépendamment du sabre.
« Les brigadiers, appointés et cavaliers auront « un> sabre, un mousqueton et deux pistolets.
« Ils porteront le plastron de cuirasse en fer, « même en temps de paix, aux revues de parades « générales et particulières, et lorsque la cavalerie « sera de service à cheval. » — Nous n'avons trouvé aucune preuve que ce cuirassement général de la cavalerie ait reçu son exécution dans les années tourmentées qui ont suivi ; mais cette prescription du règlement de 1 786 a été réalisée sous le Consulat, après la paix d'Amiens.
« Les fourriers continueront de porter, pour « les campements, une fiche longue de 6 pieds, « garnie d une bandelette de drap de la couleur « distinctive du régiment, et sur laquelle le nu-
294 Histowe de la Cavalerie.
« méro sera mis d'une manière très-apparente en « couleur opposée ; ils porteront à cheval le talon « de cette fiche dans une botte à peu près sem- « blable à celle destinée à porter le mousqueton, « le bout supérieur en arrière.
« Indépenda.mment du sabre uniforme, chaque « officier devra être pourvu de deux pistolets.
« Tous les officiels porteront le ceinturon sur « la veste et néanmoins auront une contre-épau- « lette comme celle de Tinfantgrie.
« Les cheveux des cavaliers seront liés en « queue couverte de ruban npir. »
Disons de suite, pour faire saisir la portée de ce détail, que les cheveux des dragons étaient liés en cadogan avec un ruban noir noué en rosette. Les uns et les autres durent avoir les cheveux de face coupés de la manière dite à lavant-garde,
« Tous les régiments de cavalerie porteront « rhabit bleu de roi, avec poches en travers, « la veste en drap blanc, et la culotte de peau « blanche.
« Les surtouts et les gilets seront de drap bleu.
« Lesdits régiments seront (à l'exception de w ceux de Royal allemand, de Berry, des cara- « biniers, d'Artois, d'Orléans et de Nassau-Saar- « brûck, qui conservent leurs uniformes tels qu'ails « seront ci-après désignés) divisés, 'suivant leur « ancienneté, en neuf classes, à chacune desquelles « sera affectée une couleur distinctive, de laquelle
Réffiments de cavalerie.
« couleur le premier régiment portera les revers « et parements, le second les revers, et le troisième « les parements seulement, le tout dans Tordre ci-
« après :