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PROVENCE

Comte de Tende, 3o

Les Compagnies de cavalerie légère. 67

Département des compagnies de gens d'armes

au iS mars iS6j.

Lances.

Prince de Condé,

Péronne,

Chaulnes,

Saint-Quentin,

Marquis du Maine,

Guise,

Conti,

Doullens,

Estrées,

Corbie,

Comte de Retz,

Gournay,

Piennes,

Roye,

Crèvecœur,

AbbevUle,

Sénarpont,

Saint- Valéry,

MaiUy,

Montreuil,

Morvilliers,

Boulogne,

Rubempré,

Fromery,

Connétable,

Senlis,

Mal de Montmorency,

Pontoise,

Comte de Brissac,

Gisors,

Méru,

Magny,

Torcy,

Dourdan,

Rambouillet,

Dreux,

Thoré,

Noyon,

Genlis,

Chauny,

La Chapelle des Ursins,

La Ferté-Milon,

L'Admirai,

Courtenay,

Gonnor,

Étampes,

EsguiUy,

Chartres,

Duc d'Anjou,

Villeneuve-le-Roi,

Charny,

Auxerre,

Auchy,

Rosay,

Rostaing,

Villenoxr,

Picquigny,

Sé^anne,

Vaudémont,

Châtillon-sur 'Seine,

Lorraine,

Attigny,

Lances.

Brosse,

Mouron,

Bouillon,

Sedan,

Crussol,

Tonnerre,

Comte de Brienne,

Essoix,

Barbezieux,

Troyes,

Guise,

Chaumont,

Escla voiles,

Sainte-Ménéhould,

Vieilleville,

Verneuil,

Matignon,

Alençon,

Longueville,

Caen,

Carrouges,

Lisieux,

La Mailleraye,'

Auffey,

Sansac,

Angoulême,

î-a Vauguyon,

Confolens,

Jarnac,

Surgères,

La Rochefoucaud,

Civray,

Comte du Lude,

Poitiers,

Montpezat,

Chauvigny,

Au maie.

Beaune,

Tavannes,

Dijon,

Bourdillon,

Mormans,

Tournon,

Chantelle,

Nemours,

Ville/ranche,

. Savoie,

Tour nus.

Beyne,

Charlieu,

Ventadour,

Ussé,

Escars,

Saint' Yrieix,

T .afayette.

Clermont-Ferrand,

Alègre,

Brioude,

Maugiron,

Vienne,

Suze.

Su^e,

Gordes,

Grenoble,

Tende,

Aubagne,

Louis de Birague,

Saluées,

Les Compagnies

de cavalerie légère.

Lances.

Prince de Savoie,

En Piedmont,

Martigues,

Ancenis,

Vassé,

Vitré,

Malicorne,

Fougères,

Il n'est pas besoin de dire qu'au mois de septembre suivant, quand le prince de Condé voulut enlever le roi sur le chemin de Meaux à Paris et commença la seconde guerre civile, une partie de ces compagnies ne suivit pas Tétendard du roi, et que parmi les capitaines qui ne se mirent pas en révolte ouverte, plusieurs encore, plus politiques que loyaux, ne songèrent qu'à s'asseoir et à se maintenir solidement dans les quartiers confiés à leur garde.

La cour, méfiante à juste raison, répéta alors pour la cavalerie ce qu'elle venait de faire pour l'infanterie : elle appela des troupes étrangères. Aux 6,000 fantassins suisses de Louis Pfiffer, qui venaient de sauver le roi sur la route de Meaux, on joignit, en i568, 6,5oo reîtres ou cavaliers allemands, des Italiens et des Espagnols, et l'on profita de leur arrivée pour casser, par édit du 6 février 1 56g, un certain nombre de compagnies françaises dont la fidélité semblait douteuse.

On peut juger de l'importance que prit subitement l'élément étranger dans l'armée royale par le relevé des troupes de cavalerie qui prirent part, le 3 octobre iSôg, à la bataille de Moncontour.

Il y avait, dans cette journée, à l'avant-garde du duc d'Anjou les 5 compagnies des ordonnances françaises du Dauphin, de Guise, de Martigues, de Chauvigny et de La Valette, comptant ensemble 2,600 chevaux; 2,000 Allemands sous les ordres du comte 'de Westembourg, du Rhdngrave et de M. de Bassompierre, et 2,000 Italiens commandés par le comte de Santa-Fiore, Paul Sforza, le comte d'Esté et Santelli.

Au corps de bataille, il y avait les 16 compagnies françaises d'Aumale, de Longueville, de Cossé, Tavannes, marquis de Villars, Lafayette, Méru, Thoré, Carnavalet, La Vauguyon, Villequier, Vastan, Vésigny, Mailly, Gréau et Sansac, pouvant compter pour 8,000 chevaux, 5 cornettes de 1,000 chevaux allemands chacune, conduites par le comte de Mansfeld, 1,200 cavaliers envoyés par le roi d'Espagne et 1,000 fournis par le marquis de Bade.

Dix-huit ans plus tard, à la journée de Coutras qui fut surtout un combat de cavalerie, l'armée royale commandée par le duc de Joyeuse comçtait 2,100 lances enrégimentées en 3 corps, et un nombre au moins double de chevau-légers, d'argoulets et d'Albanais. La pratique delà guerre ramenait toujours le même effet, la tendance à substituer la cavalerie légère à la gendarmerie.

Le roi de Navarre n'avait à Coutras que 2 , 5oo chevaux en tout, parmi lesquels on comptait 4 esca-

Les Compagnies de cavalerie légère. 71

drons de gendarmes conduits par le vicomte de Turenne, Pardaillan, Fontrailles et Chouppes. Le reste était cavalerie légère formée en escadrons nienés par le prince de Gondé, Louis de Saint- Gelais, Desagneaux, Montataire, Gon4rin, Vidame de Chartres, La Trémouille, Vi^axis, Harambures et Vignoles.

Notons en passant qu'il y avait dans Tune et l'autre armée une cornette blanche. Celle de Tarmée royale était portée par Maillé-Brezé ; Foix- Candale portait celle du roi de Navarre.

Quelques années plus tard encore, et probablement d'après l'exemple et les idées personnelles de Henri IV, qui avait remplacé la compagnie de gendarmes qu'il possédait lorsqu'il était prince de Navarre par une compagnie de chevaulégers demeurée célèbre, par suite. aussi peutêtre du haut prix des grands chevaux de guerre dont la race avait à peu près disparu au milieu des désordres de la guerre civile, toutes les compagnies de gendarmes se débarrassèrent de leurs lourdes armures de pied en cap et de leurs lances. Celles-ci avaient complètement disparu en 1594, et il ne restait plus de différence entre les gendarmes et les chevau-légers que le nom et des privilèges d'honneur, de préséance et de solde, respectables puisqu'ils rappelaient pour la gendarmerie un long et glorieux passé.

Depuis sa formation à part jusqu'au moment

y2 Histoire de la Cavalerie.

où elle fut constituée en régiments, la cavalerie légère offrit certainement le spectacle d'une grande confusion. Elle était livrée aux entraînements de la fantaisie et des imitations. On y voyait deç archers, des argoulets, des genétaires, des pistoliers, des chevau-légers, des arquebusiers, des dragons et des carabins, auxquels il faut joindre des troupes étrangères, telles que les Albanais et les reîtres. Nous ne nous étendrons pas sur les caractères particuliers qui différenciaient ces sousarmes. Ils sont aussi difficiles à saisir que ceux qui séparent aujourd'hui les chasseurs des hussards.

Les archers, quand ils commencèrent à quitter les gens d'armes sous Louis XII, avaient la plupart pour . armes Tare ou l'arbalète, qu'ils ne tardèrent pas à remplacer par un long pistolet, ou pétrinal^ dont la crosse s'appuyait sur la poitrine, et par l'arquebuse dont les Italiens et les Allemands faisaient déjà un grand usage. Ils ne continuèrent pas moins de s'appeler pendant longtemps encore archers par la même raison qui a fait, de nos jours, conserver l'appellation de carabiniers à un corps de grosse cavalerie qui depuis plus de soixante ans ne portait plus la carabine.

Les argoulets, dans lesquels quelques historiens classiques ont voulu voir des cavaliers de TArgolide, n'étaient probablement dans l'origine que des archers italiens, arcoleti. En 1499, la France

Les Compagnies de cavalerie légère. 73

en avait pris à son service 2,000, chiffre bien élevé pour avoir pu être fourni par Tancien royaume d'Agamemnon. Ces argoulets avaient quelques bizarreries d'accoutrement et de manières. Il n'est donc pas étonnant qu'ils aient été imités chez L. JUS et que notre cavalerie ait compté des argoulets dans ses rangs jusqu'au règne de. Henri III. A cette époque, la mode en était passée ; quelques mésaventures les avaient décriés, et les argoulets devinrent des carabins.

Les chevau-légers et les genétaires furent encore des imitations de l'étranger, du moins quant aux noms. Les Italiens, qui appelaient leurs hommes d'armes cavallarmati, désignaient par opposition les suivants des hommes d'armes par la dénomination de cavallegieri. Une partie de nos archers prit donc ce titre dès l'année 1498. D'autres, après la bataille de Ravenne en i5i2, s'approprièrent le nom et peut-être les petits chevaux de la cavalerie d'Espagne, et devinrent genétaires. Ginesta en espagnol équivaut à cheval léger. Ce mot a passé dans la langue française sous la forme genêt. La vogue des genétaires fut courte. Dès le temps de Henri II, ils avaient disparu.

Pendant les dernières années de l'occupation du Piémont, de i55o à i56o, le maréchal de Brissac, qui sut ^i bien, avec une poignée de fantassins d'élite, faire respecter les positions qu'il occupait au delà des Alpes, et qui donna souvent I. 7

de rudes leçons à ceux qui voulaient Tinquiéter, créa ou laissa introduire le service des dragons. Il commandait à de vieux soldats déterminés, enrichis par une longue suite d'expéditions heureuses et possédant, la plupart, des chevaux conquis sur Tennemi. Ces soldats prirent Thabitude, pour l'exécution rapide de leurs hardis coups de main, de monter à cheval .et de chercher par la célérité de leur course à surprendre Tennemi. Arrivés sur le terrain, ils mettaient pied à terre^ faisaient garder leurs chevaux par des goujats, et jouaient de la pique et de Tarquebuse. Ces fantassins à cheval se donnèrent eux-mêmes le nom de dragons, peut-être en raison de la terreur qu'ils inspiraient. Cet usage se conserva dans une partie de Tinfanterie pendant toute la durée des guerres de religion, ce qui contribua encore à augmenter la confusion dans laquelle se débattait la cavalerie. Quand le nombre des chevaux n'était pas suffisant, ceux qui en possédaient prenaient leurs camarades en croupe. On vit enfin se former, en dehors des régiments d'infanterie, quelques compagnies d'arquebusiers à cheval, et plus tard le^ dragons devinrent une arme mixte nouvelle, indépendante de l'infanterie et^de la cavalerie.

Quant aux Albanais, ou estradioîs, du grec stratiotès, soldat, dont la vogue fut assez longue, et aux reitres, de l'allemand reiter, cavalier.

Les Compagnies de cavalerie légère, 7 5

c'étaient des troupes étrangères armées et montées comme notre cavalerie légère, qui vinrent grossir nos rangs dans un temps où les ressources de Penrôlement étaient au-dessous des besoins de la guerre, et qui, grâce à leur origine et à Tétran* geté de leur tenue et de leurs façons, jouirent d'une réputation supérieure à leurs mérites. Les reîtres cependant se firent un nom pendant les guerres civiles, et nous pensons que Testime dans laquelle on les tenait avait surtout pour cause leur formation en gros corps, ou régiments, agissant sous l'impulsion d'un seul chef, et par conséquent avec plus d'ordre et d'ensemble que les compagnies françaises. Nous avons vu, par l'exemple cité de la bataille de Coutras, que cette formation commençait à être pratiquée dans la cavalerie

française.

Vers la fin du xvi® siècle, la force des compagnies était extrêmement variable. En principe, et en moyenne, cette force était de 80 chevaux qui se mettaient en bataille sur trois rangs au moins, et plus souvent sur cinq et sur six rangs. Dans le combat, la cavalerie était généralement réunie sur les ailes, prête à prendre en flanc et à inquiéter par des décharges de pistolets et d'arqtiebuses tout ennemi se disposant à attaquer l'infanterie. Des compagnies isolées étaient souvent placées dans les intervalles des bataillons d'infanterie pour protéger ceux-ci de plus près*

Dans Tun et Pautre cas, la manœuvre usitée était la caracole. Elle consistait à rompre successivement dans chaque rang en colonne par un, au t:ot ou au galop, pour venir raser le flanc de r.ennemi. Chaque cavalier faisait feu en passant et venait reprendre sa place par deux demi-voltes à la queue de la colonne, ou au gros de sa compagnie. Cela ressemblait beaucoup à l'exercice actuel de la course des têtes.

La cavalerie chargeait rarement Tinfanterie, qui la tenait à distance par la longueur et Tinflexibilité de ses redoutables piques, par la profondeur de ses rangs et par les effets denses grandes arquebuses qui atteignaient plus loin et plus juste que les pistolets et escopettes. La cavalerie légère portait d'ailleurs à cette époque des corselets, des tassettes et des morions de fer, dont le poids ne lui permettait pas de fournir une carrière longue, rapide et impétueuse. Cette cavalerie légère, il ne faut pas perdre ceci de vue, n'* était légère que par opposition aux hommes et aux chevaux bardés de fer des compagnies d'ordonnance. En réalité elle était plus lourde que ne le sont nos cuirassiers. Elle se contentait donc de caracoler devant Tinfanterie, comme les Mameluks aux Pyramides.

Dans les rencontres de cavalerie contre cavalerie, les deux partis se prolongeaient côte à côte le pistolet au poing, en courant en sens inverse Tun de l'autre, ou bien on se chargeait en haie

Les Compagnies de cavalerie légère, 77'

suivant la vieille mode de la chevalerie. Après avoir fait le coup de pistolet, on finissait par se mêler Tépée à la main et par combattre corps à corps.

C^étaient là des manœuvres primitives, mais, pour être complètement juste, il faut dire que la cavalerie, habituée pendant longtemps à se considérer comme l'armée elle-même, était alors pleinement déconcertée par les rapides progrès qui venaient de s'accomplir dans les armes et les moyens d'action de l'infanterie et de l'artillerie, et qu'elle n'avait pas eu le temps de trouver et d'étudier le nouveau rôle qui lui convenait. Ses chevaux, formés, dressés pour les allures de la haute école qui était alors dans toute sa splendeur, pouvaient être bons pour agir contre une infanterie sans consistance et sans ordre, mais contre les carrés pleins, compactes, faisant face partout, des piquiers des bandes, il fallait de plus l'impétuosité et la solidarité. Or, on ne modifie pas en un jour les races de chevaux et les idées des maîtres en fait d'équitation. On n'y songea même pas. La cavalerie, croyant voir la cause de l'avantage que l'infanterie prenait sur elle dans l'emploi des armes à feu, se donna le pistolet et l'arquejpuse, et resta deux cents ans, dans toute l'Europe, jusqu'au moment où Frédéric et Seydlitz vinrent bouleverser les vieilles idées et appuyer leurs principes nouveaux par d'éclatants faits I. 7.

d'armes, sans rien concevoir de niieux que les manœuvres décrites plus haut.

Du reste, lors même qu'un homme de génie eût trouvé plus tôt les moyens de rendre à la cavalerie une partie de la puissance qu'elle avait perdue, ces moyens fussent restés inefficaces au XVI® siècle. Il eût, en effet, fallu avant tout que les cavaliers, nobles ou réputés tels, renonçassent à des habitudes et à des douceurs qui leur étaient chères. Il eût fallu qu'ils renonçassent à tous les embarras qu'ils traînaient après eux, valets, chevaux de main, bagages, et le reste.

Quand le duc d'Albe passa d'Italie en Flandre en 1567, sa cavalerie se composait de 14 compagnies de gens d'armes et de 4 compagnies d'arquebusiers, « et de plus il y avait 400 cour- « tisanes à cheval, belles et braves comme prin- « cesses, » dit Brantôme. Et il s'agit ici, non pas de Français, mais d'Espagnols, gens graves, fervents catholiques et collets montés.

Henri IV, qui était bon juge en ces matières, cassa à la*paix de Vervins, en 1 698, presque toutes les compagnies de cavalerie, réduisit à un effectif insignifiant le petit nombre de celles qu'il conserva et les dispersa dans les places frontières, et cependant, malgré sa ferme volonté de faire des éco-r nomies, il maintenait sur pied 4 gros régiments d'infanterie, sans compter les gardes françaises.

L'édit, que le roi donna en 1600, fait entrevoir

Les Compagnies de cavalerie légère. 79

les vrais motifs de la sévérité avec laquelle il traita la cavalerie.

Cet édit, portant règlement sur le fait des tailles, déclarait que la profession des armes n'anoblirait plus celui qui l'exercerait, et même qu'elle ne serait pas censée avoir anobli parfaitement la personne de ceux qui ne l'avaient exercée que depuis Pan i563, c'est-à-dire depuis l'origine des guerres civiles. « Cet article demande à être « éclairci, ajoute le président Hénault à qui nous « empruntons cette citation; tous les hommes « d'armes étaient gentilshommes du temps de « Louis XII, c'est-à-dire tous ceux qui compo- « saient les compagnies d'ordonnance; mais il « ne faut pas entendre, par les gentilshomme « d'alors, les gentilshommes issus de race noble ; « il suffisait, pour être réputé tel, qu'un homme <( né dans le tiers état fît uniquement profession « des armes, sans exercer aucun autre emploi: « il suffisait, à plus forte raison, que cet homme « né dans le tiers état eût acquis un fief noble « quil desservait par devoir compétent, c'est- « à-dire qu'il suivît son seigneur en guerre, pour « être réputé gentilhomme; ainsi donc alors on « s'anoblissait soi-même, et on n'avait besoin ni « de lettres du prince, ni de posséder des offices

« pour obtenir la noblesse Cette noblesse

« ainsi entendue subsista en France jusqu'^au « règne de Henri III. L'article i58 de l'ordon-

8o Histoire de la Cavalerie.

« nance de Blois de i Syg supprima la noblesse « acquise par les fiefs, et Tédit de Henri IV sup- « prima celle acquise par les armes. Depuis ce « temps, le gentilhomme n'est plus celui qui a « servi à la guerre, ni qui a acquis des seigneuries « ou fiefs . nobles, mais celui qui est extrait de « race noble, ou qui a eu des lettres d'anoblis- « sèment, ou enfin qui possède un office auquel la « noblesse soit attachée. »

La maladie de s'anoblir est une maladie naturelle aux Français : elle est endémique en France. Aujourd'hui cette maladie est sans danger : il n'en était pas de même au temps de Henri IV, où la noblesse dispensait de payer l'impôt. Le sceptique Béarnais attachait, je crois, peu d'importance à ce que ses sujets fussent ou ne fussent pas gentilshommes, mais il avait besoin d'argent et il n'entendait pas, après quarante ans de guerre civile, pendant lesquelles tout le monde avait^, peu ou prou, porté les armes, qu'il suffit à un homme d'avoir enfourché un cheval pendant une campagne pour être exempté de rendre ses devoirs au receveur des tailles.

Les gendarmes et chevau-légers durent être fort mécontents d'un édit, dont les effets remontaient par rétroactivité jusqu'à l'année 1 563 : c'est pour cela, pour se débarrasser de leurs doléances et de leurs rancunes, que Henri IV les renvoya dans leurs foyers.

Les Régiments temporaires. 8i

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