Comte Oudinot(N.), 27 avril
Ce régiment, qui est resté régiment de gentilshommes jusqu'à Tannée 1761, et qui a successivement porté les noms de ses mestres de camp jusqu'au comte des Salles inclusivement, est un de ceux que Turenne chargea le marquis de Fourilles de préparer et d'instruire après la paix ^ d' Aix-la-Chapelle , et qui furent mis sur
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pied par Pordonnance du i®' juillet 1671. Il ne nous a pas été possible de déterminer celle des 66 compagnies franches conservées en 1668, qui a servi de noyau à la formation du régiment, mais les deux premiers mestres de camp, ainsi que quelques détails intéressant ce corps, sont connus par la correspondance de M™^de Sévigné. Le chevalier de Grignan était le frère du gendre de la marquise, et il eut pour successeur son neveu, qui avait dix-huit ans lorsqu'il fut fait mestre de camp et qui était déjà depuis un an capitaine au corps. Nous ne pensons pas nous tromper en attribuant à M™« de Sévigné Tarnbitieuse devise qui figurait sur les premiers étendards du régiment. Ces étendards étaient de soie cramoisie et portaient une fusée volante avec ces mots au-dessous : Cheperi, pur che m'innal^a.
Il est probable que cet étendard a été conservé par les successeurs des Grignan jusqu'au moment où a prévalu un type général de forme et d'ornements.
En 1 738, la couleur de l'étendard est toujours cramoisie, mais la fusée et la superbe devise italienne sont remplacées par le soleil royal, et par la devise nec pluribus impar, non moins superbe. Cependant l'étendard en 1738 porte une singularité qui devait être ancienne, puisqu'elle constituait alors une exception unique. C'est, dit M. de La laisse dans sa carte du militaire pour II. 7.
ii8 . Histoire de la Cavalerie.
Tannée lySS, le seul régiment de cavalerie dont les étendards aient des bourses blanches, c^està-dire en style moderne des cravates blanches.
Quand le régiment devint Royal- Lorraine en 1 76 1 , il prit les étendards bleus de la couleur commune à tous les régiments royaux, mais il conserva les bourses blanches. De plus, ces étendards étaient brodés d^un côté au chiffre du roi et de l'autre aux armes de Lorraine. Le régiment avait déjà le timbalier sous Louis XV.
M. de Grignan joignit en 1671^ l'armée commandée par le prince de Gondé, avec son régiment, composé de trois compagnies. L^année suivante, il passa sous les ordres de Turenne à Tarmée d'Allemagne. Il combattit en 1674 à Sintzheim , Einsheim et Mulhausen , et en -janvier 1675 à Turckheim. Après la mort de Turenne, et pendant la retraite de l'armée, Grignan se trouva fort engagé au combat d' Altenheim et il s'y comporta bravement. Après avoir contribué à la levée des sièges d'Haguenau et de Saveme, il alla passer l'hiver en Bretagne où il fut employé à la répression des troubles qui agitaient c^te province. En 1676, il rallie l'armée de Flandre et il participe à la prise de Gondé, de Bouchain et d'Aire. En 1677, il est au siège de Valenciennes, à la bataille de Gassel et à la prise de Saint- Omer. En 1678, il fait le siège de Gand et assiste à la bataille de Saint-Denis.
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On. voit Grignan au camp d'Artois en 1680 et 1681. En 1682, il est au camp de la Lauter. En 1684, il fait partie du corps qui couvre les opérations du siège de Luxembourg. Pendant les trois années qui suivent il reste au camp de la Saône. En 1688, il est au siège de Phili^bourg. Cest le capitaine de Montègut qui le commande en l'absence du chevalier de Grignan retenu par ses infirmités. L'année suivante, le régiment devient la propriété du jeune marquis, et il semble être resté sur la frontière d'Allemagne jusqu'à la paix de Ryswick.
Grignan fait partie de l'armée de Flandre en 1 702 ; il est cette année au combat de Nîmègue et en lyoS à celui d'Eckeren, et à la première bataille d'Hochtedt , le 20 septembre. Son mestre de camp, qui s'y était distingué, mourut peu après à Thionviile de la petite vérole et le régiment devint la propriété du marquis de Flesché. Les renseignements nous manquent sur les services du corps pendant le commandement de ce mestre de camp. On sait cependant qu'il était employé en Flandre, et que la compagnie mestre de camp du régiment réformé du Luc y fut incorporée en
Sous le nom de Lu/nes, on trouve le régiment i
en 1719 au corps d'observation des Pyrénées. J
Sous le même nom, ou sous celui de M. de Che- ^
vreuse, fils du duc de Luynes, il fait «ur le Rhin .i
I20 Histoire de la Cavalerie.
la guerre de la succession de Pologne ; il est cité au siège de Philisbourg et au combat de Klausen. Il 1738, il avait son quartier à Pont-à Moussoa : il s^ appelait alors Ancenis.
Devenu Brancas en lySg, il fait partie en 1 74 1 de l'armée de Flandre. Il quitte A vesnes en février 1 743 pour aller renforcer Parmée du Rhin et il assiste à la déroute de Dettingen. Revenu en Flandre en 1744 avec le maréchal de Saxe, il contribue en 1 745 à la victoire de Fontenoy , et à la prise de Tournai, Termonde, Ath; en 1746, il couvre les sièges de Mons, de Charleroi et de Namur, et combat à Raucoux. Il est en 1747 à la bataille de Lawfeld et en 1748 au siège de Maëstricht. Placé à Vitry après sa rentrée en France, il va en 1760 à Vassy et en 1762 à Valenciennes.
En 1753, le régiment s'appelle Des Salles; il est au camp de Mézières, et plus tard à Vaucouleurs, d'où il passe à Verdun en 1755 et à Montauban en 1756, Envoyé, à la fin de 1756, sur les côtes de Normandie, il part en 1767 pour l'Allemagne et joint l'armée du prince deSoubise après Rosbach. Il participe en 1768 à la prise de Cassel et combat à Sundershausen et à Lutzeiberg. En avril 1759, il est à la bataille de Bergen; plus tard, il se laisse surprendre dans le poste de Holtshausen dont on lui avait confié la garde. Le comte ^3 Salles y fut fait prisonnier. En 1 760,
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le régiment est engagé dans les combats de Corbach et de Warbourg, et en 1761 au combat de Westhoven et à la bataille de Villingshausen.
Rentré en France à la fin de cette année, le régiment prend le titre de Royal-Lorraine le i«' décembre, et reçoit par incorporation les débris du régiment de Toustain.
Il prit à cette époque Thabit bleu avec collet, revers , parements et doublure aurore , boutons blancs timbrés du n<* i3.
Après sa réorganisation, qui date du 14 avril 1763 et qui fut accomplie à Montreuil-sur-Mer, Royal-Lorraine occupa successivement les garnisons de Calais en 1763, Valenciennes en 1764, Pontivy et Rennes en 1765, Hesdin en 1766, Rouen en 1768, et la même année il vient à Saint-Mihiel.
Il est à Belfort en 1770, à Dole en 1772, à Arrasen 1773, à Gharleville en 1774, à Vitry en 1776, à Saarlouis en 1778, à Douai en' 1779, à Angers en 1780, à Toul en 1782, à Vitry en 1784 et en 1788 à Niort, d'où il détache en
1 789 un escadron à Châtellerault, et un autre en
1 790 à Saint-Jean-d' Angély . En 1 79 1 il est réuni entre Givet et Mouzon, et on le voit à Nancy au commencement de 1792.
Devenu le 1 6® régiment de cavalerie, et le 1 5® après la désertion de Royal allemand, il fait partie de l'armée des Ardennes jusqu'eft 1 794. Il
appartient en 179 5 à Tannée de Sambre et Meuse, et les deux années suivantes à l'armée de Rhin et Moselle, puis aux armées du Rhin jusqu'en 1798. Il a séjourné à Paris de la fin de 1798 à 1800 et il retourna cette année en Allemagne. Il est cité à la bataille d'Engen le 3 mai 1800. Après la paix il est envoyé en Italie où il demeure en garnison à Gastel-Pusterlengo, à Vérone et à Lodi. Le décret du 24 septembre 1 8o3 a fait passer Tancien Royal-Lorraine dans Tanne des dragons, et il y a pris le n° 24.
Sous ce titre de 24® dragons, il a servi jusqu'^en 1808 aux armées d'Italie et de Naples. En 1809 il part pour T Espagne, où il combat jusqu'en 1 8 1 3 avec les armées d'Aragon et de Catalogne. En 18 14 il fait partie du 6® corps de cavalerie et de Tarmée des Pyrénées.
Licencié par la Restauration, ses escadrons et compagnies ont été répartis le 1 1 juin 1 814, et de la manière suivante, dans les régiments de dragons conservés :
Le !•' escadron a été partagé à Ancenîs entre les 7« et 12® dragons.
Le 2*, à Saintes, entre les 1 1« et i6*
Le 3^, à Saumur, entre les 12* et ij^.
Le 4^, à Rennes, entre les 9' et i4*.
Le 5*, à Pontivy, entre les 3® et 5«. j
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