‹ Histoire de la cavalerie françaiseChapitre 24 sur 68 · RufFe (N.), 24 août · texte numérisé non relu

RufFe (N.), 24 août

On a placé la date de la création de ce régiment à Tannée 1654. C'est une erreur. C'est Iç

i6 septembre i652 que le duc de Candale a ei. commission de lever un régiment de cavalerlr pour servir à l'armée de Catalogne. Il est vrai que son nom n'apparaît pour la première fois qu'en 1 664 à la prise de Villefranche, de Roses et de Puycerda. En i655 il est à l'armée de Picardie. En i656 il est de nouveau en Catalogne, et il continue à servir sur la frontière des Pyrénées jusqu'à la paix. Le duc de Candale était mort à Lyon en janvier i558, et son régiment, qui était passé en héritage à un membre de la même famille, continue à être cité sous le nom de Foix'Candale. C'est sous ce titre qu'il est réduit à une compagnie franche le 20 juillet 1660, et sous ce titre qu'il est rétabli le 7 décembre i665 pour servir à l'armée de Roussillon.

En 1668, les quatre compagnies qui le composaient sont désignées pour marcher en Franche- Comté. Mais la paix se fit à ce moment, et il fut encore réduit le 24 mai à la compagnie du mestre de camp.

Reconstitué le 9 août 1671 , toujours sous le nom de Foix-Candale , il sert en 1672 dans les Pays-Bas; fait en 1673 le siège de Maëstricht et participe en 1674 à la conquête définitive de la Franche-Comté. C'est cette année qu'il devient la propriété du marquis de Biran^ connu plus tard sous le nom de maréchal de Roquelaure,

Sous la conduite de ce nouveau chef, il rallie

Royal-Picardie, i > 5

iJarmée que Turenne commandait en Alsace, et 'jl'combat à Landenbourg, Seintzheim, Ensheim, .Turckheim, Altenheim. En 1676, il esta Taffaire de Kokersberg, en 1677 au siège de Fribourg et à la défaite du prince Chartes de Saxe. En 1678, on le trouve à la prise de Rheinfeld, de Kelh, de Lichtemberg et au combat sur la Kintzig.

Le régiment est encore une fois réformé en 1679; la compagnie du mestre de camp, seule conservée, est incorporée dans Royal-Piémont.

Le 20 octobre i683, M. de Roquelaure est autorisé à rétablir son régiment sous le nom à^Armagnac. Sa compagnie, retirée de Royal-Piémont, reprend sa place dans celui-ci, qui redevient régiment de gentilshommes le i5 janvier 1684 et prend le nom de Roquelaure. On le rencontre sous ce nom au camp de la Saône en 1688, en Allemagne en 1689, en Flandre en 1690. Il fait quatre campagnes sur cette frontière, et se trouve aux batailles de Fleurus, de Leuze, de Steenkerque et de Neerwinden, et à la prise de Mons, Namur et Charleroi. Il retourne en 1694 sur le Rhin et y achève la guerre. Il était en 1699 au camp sous Landau. Depuis 1691 il était devenu la propriété de la famille d'Esclainvilliers, qui lui a donné deux mestres de camp, le père et le fils.

Esclainvilliers fait encore partie en 1701 de Tarmée d'Allemagne; en 1702 il est dirigé sur

ritalie. Il y arrive à temps pour combattre à Luzzara. Il fait ensuite partie de la garnison de Mantoue, et prend part à toutes les sorties et expéditions du gouverneur comte de Tessé. A partir de 1 704 et du commandement du second marquis d^Esclainvilliers, les renseignements sur les services du corps deviennent obscurs. On le voit cependant en Flandre de 1707 à 1 712, et en 1 7 1 3 sur le Rhin au siège de Landau.

En 1 724, le régiment prend le nom de Peyre.

Il fait sous ce nom la guerre de la succession de Pologne; il est aux sièges de Kelh et de Fribourg et au combat de Klausen. Après la campagne de 1735, il prend ses quartiers à Gray.

En 1742, sous le nom de Vintimille, il commence la guerre en Flandre et part d'Aire et de Béthune en 1 743 pour rallier à Wœrth Tarmée du Rhin. Il se trouve ainsi à la bataille de Dettingen. En 1744 il fait partie de Tarrnée de la Moselle et il contribue à la défaite du général Nadasty sur les hauteurs de Saverne. En 1746, il occupe le camp de la Sarre pour amuser l'ennemi pendant le siège de Mons. Il rejoint ensuite l'armée de Flandre au siège de Charleroi, assiste à celui de Namur et combat à Raucoux.

Au commencement de 1 747, il quitta ses quar* tiers de Philippeville et Mariembourg pour se rendre en Provence, où l'ennemi essayait une invasion. De retour en Flandre en 1748, il a servi

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au siège de Maëstricht, après lequel il fut envoyé à Ypres et de là à Bapaume, Guise et le Quesnoy.

Passé dans la maison de Fiimel, et successivement commandé par les deux frères, le marquis et le chevalier de Fumel, le régiment est à Givet, puis à Neufchâteau en 1 760, à Maubeuge et au camp de Sarrelouis en 1753, puis à Dole et Marnay en 1754, Rocroi en 1755, Lure et Favemey en 1756 et Longwy en 1757. C'est de Longwy qu'il part pour rallier à Neuss Tarmée du maréchal d'Estrées. Les affaires principales auxquelles il a pris part sont les batailles d'Haastembeck et de Gréfeld, et le combat du 24 juin 1762, où il couvre la retraite de Tarmée.

Conservé par Torganisation du i®' décembre 1761, il reçut le titre de Royal-Picardie, monta du 41® au 14® rang, et fut complété par l'incorporation des compagnies du régiment réformé de Bourbon-Busset. Cette réorganisation a été effectuée le 1 1 avril 1763, à Rethel.

On ignore quelles purent être les formes et couleurs des étendards de ce régiment sous les premiers gentilshommes dont il porta les noms. Au temps de Louis XV, ils étaient de soie verte avec le soleil et la devise : Nec pluribus impur, brodés et frangés d'or.

Vers 1760, la tenue du corps comportait une aiguillette plate en tresses mélangées blanches, noires, rouges et vertes.

Il prit en 1763 Thabit et le parement bleus, le collet, les revers et la doublure chamois et boutons blancs n° 14.

Depuis la guerre de Sept ans jusqu'à la Révolution, Royal-Picardie a occupé les garnisons suivantes: en 1763 Rethel et Metz, en 1764 DôIe, en 1 765 Colmar, en 1 768 Lunel, en 1 769 Montpellier et Carcassonne, en 1771 Schlestadt, en 1773 Redon, en 1775 Toul, en 1778 Niort, en 1779 Douai, en 1780 Alby et Castres, puis Limoges, en 1782 Neufbrisach, en 1783 Saint- Avold, en 1 785 Sarrelouis, en 1 788 Angers, en

1791 Josselin, Ploërmel, Pontivy et Nantes. Il fut appelé à Gonesse en octobre 1 79 1 , et après un court séjour il se rendit à Rocroi, et enfin en

1 792 à Charleville.

Il se trouvait tout porté pour faire partie de l'armée des Ardennes.

Sous le titre de 20® régiment de cavalerie, que lui avait donné le classement de 1 79 1 et la suppression de Royal allemand, il a fait les campagnes de Tarmée du Nord et de Tarmée de Sambre et Meuse jusqu'à Tannée 1797. Il s'était distingué aux combats de Lincelles et de Courtraî où il avait enlevé un guidon à un , régiment de dragons anglais. De 1797 à 1800, il a séjourné à Paris, alors quartier général de la 1 7* division militaire. Sous le Consulat il a fait partie de l'armée de réserve et d'Italie, et il est un des trois

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régiments qui s'illustrèrent à Marengo, en enveloppant six bataillons de grenadiers autrichiens, en leur faisant mettre bas les armes, et en sabrant un régiment de hussards hongrois. Cette glorieuse action n'empêcha pas le régiment de disparaître dans l'organisation de i8o3. Licencié à Lyon, il versa son i»"" escadron au 12® régiment de cuirassiers, ancien Dauphin, le 2® escadron au 1 3® de cavalerie , ancien régiment d'Orléans devenu 22^ dragons, et le 3* escadron au 14^ de cavalerie, ancien Royal-Piémont devenu 23® dragons.

Il fournit aussi un détachement au i®*" carabiniers.

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