‹ Histoire de la cavalerie françaiseChapitre 39 sur 68 · II. i · texte numérisé non relu

II. i

2i8 Histoire de la Cavalerie,

Il resta attaché à l'année d'Italie et se fit remarquer en 1639 au combat de la Route. En 1643, après la mort de Richelieu, Souvré prit rang, suivant l'ancienneté de son mestre de camp, parmi les régiments français et continua de servir en Italie.

Le 20 mars 1647, Anne d'Autriche acheta ce régiment pour son second fils, Philippe duc d'Anjou. Le commandeur de Souvré continua de le commander comme mestre de camp-lieutenant et, après deux campagnes encore en Italie, il le conduisit en Catalogne en 1649 et en Champagne en i65o. Il était au mois de décembre de cette année à la bataille de RetheL où Turenne un instant rebelle se fit battre par le maréchal du Plessis-Praslin.

Le commandeur de Souvré se démit bientôt de son commandement. Il eut pour successeur le marquis d'Arquien qui devait échanger plus tard son épée contre un chapeau de cardinal.

En 1 652, le régiment du duc d'Anjou se trouvait sous les ordres de Turenne aux combats de Bléneau, d'Etampes et du faubourg Saint- Antoine contre les troupes du prince de Condé. Il est envoyé en i653 en Roussillon, et en 1654 il passe à l'armée de Catalogne. Ce fut là, et à la fin de cette campagne de 1654, à Barcelone, que se fit la fusion des deux régiments de cavaierie que possédait le duc d'Anjou, celui qui nous

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occupe et un régiment étranger qui avait appartenu au cardinal Mazarin et que celui-ci avait cédé au prince en i65i, lorsqu'il dut s'éloigner momentanément de la France. Le duc de Roannèz, mestre de camp -lieutenant d'Anjou étranger, demeura le chef du régiment reconstitué. Celui-ci continua de servir en Catalogne jusqu'à la paix des Pyrénées. Il prit le 12 avril 1660, à la mort de Gaston, frère de Louis XIII, le nom d Orléans, et fut licencié le 18 avril 1661, à l'exception de la compagnie qui appartenait au duc d'Orléans, et qui entra dans la composition du corps quand il fut rétabli le 7 décembre i665.

Ce n'est pas là la seule manière d'établir les titres d'ancienneté du régiment d'Orléans.

Le frère de Louis XIV reçut l'ordre en i665 de remettre sur pied son régiment de cavalerie ; il voulut avoir, pour être sa propriété personnelle et la première compagnie du corps, une compagnie franche qui appartenait à M. de Visé, et qui s'était fait remarquer l'année précédente en Hongrie par la plus brillante conduite. Or voici l'histoire de cette compagnie. Elle avait appartenu à un régiment levé le i3 février 1648, sous le nom du cardinal de Sainte-Cécile, frère de Mazarin, et que commandait Charles, marquis de La Fare. Celui-ci en devint le propriétaire le 26 mai 164Q et, après avoir commandé avec

distinction son régiment en Catalogne, il mourut à Barcelone le 18 février 1654. Son régiment qui se composait de trois compagnies fut alors réformé, et l'on n'en conserva que la compagnie de Visé qui fut versée dans le régiment de Toiras. Il faut penser que ce régiment de La Fare s'était acquis de la réputation, car il existe un jugement d'un conseil de guerre présidé par le colonel général duc de Joyeuse, qui décide que la compagnie de Visé passera dans le régiment de Toiras avec les timbales du régiment de La Fare.

Ce régiment de Toiras dans lequel fiit versée la compagnie de Visé était un de ces 16 régiments weymariens que Richelieu avait fait entrer au service de France le 26 octobre i633. Il s"* appelait alors Tupalden: il était devenu depuis Ruvigny en 1647, ^^ Toiras en i652.

Il prit le nom de La Châtre en 1657, et fut licencié le 20 Juillet 1660, à Texception de la compagnie de M. de Visé.

De quelque manière que l'on envisage les choses, le régiment d'Orléans se rattache donc à Tun des corps de i635, et les deux corps, dont on peut le faire dériver, étaient d'origine étrangère et sur pied avant i635.

Orléans fît partie en 1666 du camp d'instruction de Compiègne. Il était en 1667 à la prise de Tournai, de Douai et de Liile, et :1 passa

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rhiver suivant cantonné à Houkerque. Il était alors composé de 9 compagnies. Les réformes de 1668 le réduisirent à 2 ; remis à 6 compagnies en 1672, il fait la campagne de Hollande dans Tarmée du roi et va prendre ses quartiers d'hiver dans rélectorat de Cologne. Après avoir commencé la campagne de lôyS dans la province d'Utrecht, il se rend au siège de Maëstricht, et plus tard à l'armée du piénce de Condé qui gagne la bataille de Sénefif et fait lever le siège d'Audenarde en 1674. L'année suivante, Orléans est à la prise de Dinant, d'Huy et de Limbourg.

En 16*76, il est à celle de Condé, de Bouchain et d'Aire, en 1677 aux sièges de Valenciennes et de Cambrai, en 1678 à ceux de Gand et d'Ypres. En 1679, il poursuit les troupes brandebourgeoises jusqu'à Minden.

En 1 68 1 on le retrouve au camp de la haute Alsace, en 1682 à celui d'Artois; en i683 il fait les sièges de Courtrai et de Dixmude, et en 1684 celui de Luxembourg.

Au début de la guerre de la ligue d'Augsbourg, en 1 688, il est en Flandre. Il quitte cette frontière pour aller faire le siège de Philisbourg et la conquête du Palatinat. Il revient en Flandre en 1689 ^^ se trouve au combat de Walcourt. Il retourne alors en Allemagne, où il sert pendant les deux campagnes suivantes. Ramené en Flandre en 1692, il assiste au siège deNamur et

à la bataille de Steenkerque. Il est en lôgS à Neerwînden, où le mestre de camp de Silly reçoit trois coups de sabre sur la tête, et à la prise de Charleroi. En 1694 on le voit aux affaires de Tongres et de Bruxelles. Il achève la guerre au corps d'observation de la Meuse et fait partie en 1698 du camp de Compiègne.

Orléans commence en Flandre la guerre de la

- succession d'Espagne. 9 est au combat de Ni* mègue en 1702. Envoyé en lyoS en Allemagne, il prend part à la réduction de Brisach et de Landau et à la bataille de Spire. Il est en 1 704 à la funeste journée d'Hochstedt ; le marquis de Silly y est blessé et fait prisonnier. Le duc d"*Orléans, celui qui fut régent et qui était propriétaire du corps depuis 1701, en donna le commandement et l'usufruit au lieutenant-colonel de Jouy. C'est Un acte de libéralisme qui était rare en ce temps-là.

Orléans, après s'être refait en Alsace, prit part à toutes les opérations de la campagne de 1706 qui eurent pour objectifs Drusenheim, Lauterbourg, Tîle du. Marquisat. Il se rendit en Flandre en 1707, se trouva en 1708 à la bataille d'Audenarde, en 1 709 à celle de Malplaquet, en 1 7 1 1 au combat d' Arleux, et en 1 7 1 2 à la bataille de Denain, à la reprise de Douai, du

Quesnoy et de Bouchain. Ramené sur le Rhin en 171 3, il contribua à la prise de Landau et de

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Fribourg, et il passa l'année 17 14 au camp de la basse Meuse.

Il a fait partie en 1719 de Tarmée d'Espagne, et s'est trouvé aux sièges de Fontarabie, de Saint- Sébastien et de Roses.

Employé en Italie pendant la guerre de la succession de Pologne, il a inscrit sur ses états de service les noms de Géra d'Adda, Pizzighctone, Milan, Novare, Tcrrtone, Colorno, Parme^ Guastalla , La Mîrandole , Révère , ■ Reggio et Gonzague. Il rentra en France en lySô, et prit ses quartiers à Guise.

Le 1 9 août i 74 1 , Orléans part de Lauterbourg pour se rendre à Saint-Polten en Autriche, d'où il passe en Bohême. Il assiste à la prise de Prague, au fameux bivouac de Piseck, au combat de Sahay, à la défense de Prague et à la retraite commencée en décembre 1742. Il arrive à Joinville en février 1743, s'y refait et reste dans les cantonnements et postes de l'Alsace pendant plusieurs années. A la fin de 1746, il est envoyé à Douai et Orchies et il reparaît en Flandre en 1 747 pour combattre à Lawfeld, et, après avoir passé rhiver à Calais et environs, il achève cette guerre devant Maëstricht. Il appartenait depuis 1724 au troisième duc d'Orléans, fils du régent, qui le transmit en 1762 à son fils, lequel eut pour successeur, en 1785, le père du roi Louis- Philippe.

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En rentrant des Pays-Bas, Orléans vint à Lille, en février 1749. Il se rendit la même année à Beauvais, puis à Sens et Provins en 1760, à Metz en 1751, à Gisors et Eu en 1762, à Metz en 1754, à Landrecies et au camp d'Aimeries en 1755, et après le camp à Sens. Il occupa Mirecourt en 1756, Sedan en 1767, et partit de là pour joindre à Neuss T armée du maréchal d'Estrées. Il se trouva à la bataille d'Haastembeck et à la conquête du Hanovre. En 1758 il était aux batailles de Créfeld et de Lutzelberg. Au combat d'Eberfeld la même année, il poursuit Tennemi et le force à repasser la Roër. Il marche ensuite sur Munster et fait partie du corps qui défend cette ville bloquée. En 1760, il combat à Corbach et à Warbourg et en 1761 il se trouve aux affaires de Grumberg et de Lich, et prend ses quartiers à Baden et Dourlach.

Mis en garnison à Valenciennes à son retour de l'armée, il y fut réorganisé le 2 1 mars 1 763 , en recevant les compagnies du régiment de Cnissol réformé. On le voit depuis en 1763 à Douai, en 1764 à Vesoul, en 1766 à Strasbourg, en 1767 à Bourges, en 1769 à Pont-à-Mousson, en 1770 à Hesdin, en 1772 à Vaucouleurs, en 1773 à Stenay, en 1774 à Thionville, en 1775 à Vesoul, en 1777 à Pont-à-Mousson, en 177X à Hesdin, en 1779 à Strasbourg, puis à Lille, en 1780 à Toul et Neufchâteau, en 1782 à

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Ghinon, en 1783 à Saumur, en 1784 à Lille, en 1786 à Maubeuge, en 1787 à Valenciennes, en 1 789 à Guise, Ghauny, Noyon et plus tard à Abbevilie, en 1791 à Douai, et en 1792 à Béthune, Arras et Lille.

Orléans a été classé le treizième régiment de cavalerie par le décret du i®' janvier 1791.

Sous ce nouveau titre, il a fait les premières campagnes de la Révohition à l'armée du Nord, celles de .1793 et 1796 à Tarmée de Sambre et Meuse, celle de 1797 à Tarmée du Rhin et Moselle, et toutes les autres en Allemagne jusqu'en 1800. Il est cité à la bataille d'Hochstedt et au passage du Danube. En 1800, il fut établi à Bruxelles et Mons. En 1802 il occupait Bréda et faisait partie de Tarmée de Batavie. En i8o3 on le voit à Maëstricht, et plus tard à Bapaume et Amiens. G'est dans cette position qu'il devint le 22® régiment de dragons. Après avoir séjourné à Thionville, Strasbourg et Schlestadt, le 22® dragons est attaché, en i8o5, au corps de cavalerie de réserve de la grande armée, en 1806 et 1807 au 6« corps de réserve de cavalerie. Envoyé en Espagne en 1808, il y fait toutes les campagnes jusqu'en 181 3. Gette année il fut appelé au corps d'observation de la Bavière, et en 18 14 il a fait partie du 5® corps de cavalerie.

Licencié par la Restauration, le 22® régiment de dragons a été incorporé le 14 mai 18 14, les

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