Clary (N.), 3o mars
Ce régiment a été levé en vertu d^une commission délivrée le 12 juin 1720 au comte Bercheny, qui Ta transmis à deux de ses fils et à son petitfils. Ce dernier, trop jeune pour commander, fut suppléé par Jean-Baptiste de Thumery,
Il fut à Torigine composé en partie de compatriotes du mestre de camp, qui était hongrois. Bercheny, dit-on, avait réuni, dans l'intention d'offrir ses services au roi de France, une centaine de hussards à Constantinople, pendant Thiver de 17 19 à 1720. Ces hommes auraient été débarqués à Maguelonne, et auraient formé le fond du régiment. La peste ravageait alors Marseille, et répandait la terreur non-seulement en Provence, mais dans toute la France. Ces Hongrois auraient aussitôt été envoyés dans les Cévennes , pour former le cordpn sanitaire du côté du Languedoc. C'est par les services rendus par eux dans cette circonstance qu'ils auraient conquis la bienveillance du roi, et déterminé leur admission dans Tarmée française, dans un moment où Tétat des finances ne devait pas pousser à la création d'un nouveau régiment. «
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Bercheny, en dehors du fait que nous venons de citer, paraît pour la première fois au camp de la Meuse en 1732. En 1733, il est à l'armée du Rhin et au siège de Kelh. En 1734, il éclairait la marche du maréchal de Berwick autour de Philisbourg. En 1735, il battit un corps ennemi sorti de Mayence et qui venait troubler nos fourrageurs : il se distingua enfin au combat de Klauseo.
Pendant les années de paix qui suivirent, il eut ses quartiers à Sarralbe. Le comte Bercheny, qui était grand écuyer de Stanislas, et qui par suite résidait à Lunéville, avait désiré avoir son régiment à sa portée. Il se trouvait ainsi au centre des pays oujin^ recrutaient les hussards.
En 1741, Bercheny passe en Bohême, assiste à la prise de Prague, et prend ses cantonnements d'hiver sur la Sazawa. Il y fut attaqué le 2 mai 1742, par un gros corps autrichien qui ne put l'entamer. Il opéra sa retraite en bon ordre sur Prague, et partit de là pour rejoindre l'armée à Piseck. Il s'est signalé pendant la défense de Prague par plusieurs coups de main heureux, et il rendit de grands services pendant la retraite de Bohême, en tenant tête avec Tarrière-garde aux nuées de hussards et de pandours autrichiens. Il ne cessa de combattre depuis Prague jusqu'à Egra. Il continua de protéger la marche de l'armé%jusqu'à Spire, et prit ses cantonnements à
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Weîssembourg en février 1743. Appelé bientôt à Tarmée du maréchal de Noailles, il occupa le village de Dettingen avant la bataille qui fut livrée sur ce terrain le 27 juin. Il fit Tarrière-garde quand Farmée repassa le Rhin, et il garda Sarreguemines pendant Phiver suivant.
En 1 744, il [fit partie de Tarmée de Flandre, et fut chargé de maintenir les communications libres entre Lille et Douai, pendant les sièges de Menin et d'Ypres. Il fut pour cet objet placé à Pont-à-Marque avec Orléans-cavalerie et Egmontdragons. Au mois de juin, il part pour T Alsace, et il se signale aux affaires de Suffelsheim et de Bischweiler. Après une station dans le Brisgau, il revint passer Thiver à Sarregueminss^. En 1 746, il servit encore sur le Rhin avec le prince de Condé, et se distingua à Taffaire de Wolfskeal. Il joignit au mois de juin l'armée de Flandre, acheva la campagne sur la Sarre, et en 1746 il est appelé au camp rassemblé sous Bruxelles -, il protège les opérations des sièges d'Anvers, de Mons et de Gharleroi, poursuit Tennemi dans sa retraite au delà de la Meuse et combat à Raucoux. Après avoir encore passé Thiver à Sarreguemines, il retourna en 1747 à Tarmée de Flandre, et se distingua à la bataille de Lawfeld. Un détachement du corps a fait la campagne de 1748 en Provence, pendant que le corps lui-même occupait Louvaîn. Arrivé à Metz en janvier 1749, lier-
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cheny est allé depuis à Lons-le-Saulnier, et de là en lySo à Vervins, en lySi à Sarrelouis, en 1752 à Saint-Mihiel, en 1764 à Sarrelouis, au camp de Richemont et à Vaucouleurs en 1 755, et enfin à Neuss en 1757.
On raconte que le vieuji Bercheny, qui avait cédé le régiment à son fils en 1751, avait fait représenter dans une salle de son château, par des portraits en pied, les principaux officiers de son régiment. Un prélat le surjmt un jour, absorbé dans la contemplation de cette galerie et dans les souvenirs qu'elle lui rappelait.
— yous voilà, dit le prélat, au milieu de vos chanoines.
— Oui, monseigneur, repartit le maréchal, et ce qui m'en plaît, c'est qu'ils n'ont jamais été à matines, sans que j'y allasse avec eux.
Au moment où la guerre de Sept ans allait s'ouvrir, le régiment de Bercheny, sur lequel on comptait pour les services qu'une véritable cavalerie légère pouvait rendre en Allemagne, fut considérablement augmenté. On y incorpora, le 3o octobre 1756, une partie des trois régiments de hussards de Linden, de Beausobre et de Ferrary, qui ne pouvaient pas se compléter et qui furent réformés. Bercheny reçut encore, le 2 mai 1758, une partie des hussards de Polleretzki. Il a fait toutes les campagnes de la guerre de Sept ans en Allemagne, et s'y est trouvé digne de sa réputa-
25o Histoire de la Cavalerie.
tîon dans toutes les rencontres où le premier rôle revient aux troupes légères. Il était avec le régiment de Bourbonnais-infanterie et Chamborant, au dernier combat livré en 1762, près de Hombourg.
A la paix, il fut mis en garnison à Landau, où il a été réorganisé le 18 avril 1763. On le trouve depuis à Donchéry et Mouzon en 1764, eh 1765 à Vaucouleurs, puis à Limoges, en 1767 à Épinal et Mirecourt, en 1768 à Landau, en 1770 à Saint- Avold, en 1773 à Landau, et en 1775 à Saînt- Mihiel. C'est là qu'il fut porté à 6 escadrons par l'incorporation d'un escadron de Nassauhussards.
En 1778, Bercheny se rendit de Saint-Mihiel à Stenai, puis en 1779 à Luçon, en 1780 à Gray et Besançon, en 1 78 1 à Saint-Mihiel, et en 1 782 à Commercy. Il fournit en 1783 son i®^ escadron pour la formation du régiment Colonel général. Cet escadron fut remplacé en 1788 par un nouvel escadron formé avec des éléments tirés des régiments de Franche-Comté, de La Marche et Royal-Nassau-cavalerie. Envoyé à Mirecourt en 1787, il était à Charleville en 1788, fut appelé à Charenton en Juin 1 789, retourna à Charleville et partit de là en 1 790, pour aller occuper les quartiers de la Sarre jusqu'en I792« Attaché à l'armée du Nord, il s'est distingué à Jemmapes. Il avait repris en 1791 le n° i dans
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rarme des hussards. La plus grande partie du régiment suivit Dumouriez, quand ce général abandonna son armée le 5 avril 1793. Le 3o mai suivant, la G>nvention, tenant à conserver un corps dont le nom avait un grand prestige, le reconstitua sans bruit en amalgamant ce qui restait de Bercheny avec deux escadrons de volontaires organisés en 1 792, sous le nom de cavalerie légère du Calvados. Le régiment reçut encore le 20 mars 1794 100 dragons ck la Montagne et 100 hommes du 26® de cavalerie, et le lendemai 2 1 mars une compagnie de hulans-flanqueurs. Le corps, ainsi rétabli, quitta en 1794 Tarmée du Nord, pour rallier Tarmée des Alpes. Il a fait de la manière la plus brillante toutes les campagnes dltalie et celles de Tarmée de réserve et de l'armée des Grisons. Le colonel Bougon-Duclos a été tué à Gastiglione, et le colonel de Carowé tomba de même à Rovérédo, quatre mois à peine après avoir été appelé au commandement da régiment. Le capitaine de Juniac, qui devait devenir en 1807 le chef du régiment, se couvrit de gloire, le 24 février 1797, dans une reconnaissance de la Piave. Avec sa compagnie, il s'empara d'une tête de pont et de la compagnie croate qui la gardait, tua de sa main deux hussards de Wiirmser, et fut dangereusement blessé au bras par un biscaïen. A Marengo, il exécuta les charges les plus hardies, pour faciliter l'arrivée de la division Desaix
sur le champ de bataille. A la paix d'Amiens, le I®' hussards se reposa dans les garnisons de Saumur, Pontivy et Saint-Brieuc, Le régiment, décimé par la guerre, avait encore reçu le 20 mai 1796 100 hussards du i3®, et, le 12 mars ^799^ 5o hussards du 7® bis.
En i8o5 et 1806, le i^^ hussards fait partie du 6® corps de la grande armée: en 1807, il est au corps de cavalerie légère de reserve; en 1808, au 4® corps de cavalerie de la grande armée ; de 1 809 à 18 14,* il sert aux armées d'Espagne, de Portugal et de Catalogne. Les trois premiers escadrons de chasseurs de la légion hanovrienne y furent versés en juin 181 1. Appelé à la fin de 1 8 1 3 en Allemagne, le i ^ hussards appartient au 3® corps de cavalerie de la grande armée et au corps d'observation de Tarmée d'Italie; il a fait la campagne de 1814 en Italie : arrivé à Paris en juillet 18 14, il prit le titre de Hussards du roi. En 181 5, il faisait partie de la 6® division de réserve de cavalerie, et après son licenciement il versa ses débris dans le nouveau 4® hussards, dit du Nord.
Les étendards de l'ancien Bercheny étaient rouges, en pointe et fendus par le bas, comme tous ceux des hussards. Ils portaient dans la partie pleine un soleil et des fleurs de lys, le tout brodé et frangé d'or.
Chamborant. 2 53
CHAMBORANT.
Mestres de camp et Colonels.