‹ Histoire de la cavalerie françaiseChapitre 46 sur 68 · Comte de Lusace (Xavier- Auguste de Saxe), f"mars · texte numérisé non relu

Comte de Lusace (Xavier- Auguste de Saxe), f"mars

4. De La Marche (Jacques Drouot),-2 5 juillet 1791. 3. Gotteheim (Frédéric- Henri), 1 5 septembre 1 79 1 .

Ce corps, qui n'a pris le titre de régiment que le 25 mars 1776, est Théritier direct du célèbre corps de chasseurs de Fischer, et c'est en raison de cette ancienneté reconnue qu'il marcha d'abord au troisième rang des hussards, après Ghamborant et ayant Estf rhazy.

Rappelons succinctement l'origine et les services des chasseurs de Fischer.

Fischer fut autorisé le i®"^ novembre 1748 à conserver une compagnie de volontaires, qu'il avait réunis l'année précédente pendant la défense de Prague. Les services qu'il rendit avec cette compagnie de chasseurs pendant les tristes campagnes sur le Rhin, qui suivirent la retraite de Bohême, appelèrent tout à fait l'attention sur lui, et le corps, facilement recruté parmi les Lorrains allemands, compatriotes de Fischer, vit son effectif s'augmenter rapidement.

Les chasseurs à pied portaient le fusil à baïon-

nette et le sabre, et un costume entièrement vert. La cavalerie avait de plus la pelisse demi-écarlate, des bottes à la hussarde, et un équipage rouge orné dans les coins de trois poissons jaunes, par allusion, sans doute, au nom de Fischer; elle était armée de la carabine, d'une paire de pistolets et d'un ^abre. Tous les chasseurs portaient un bonnet noir ou schako sans visière, avec la plume et la cocarde blanches.

En 1 744, Fischer commença à se faire une réputation dans l'armée par ses courses en Souabe. En 1745, il s'empara d'un gazetier de Francfort, dont on avait fort à se plaindre, et Ton ne parla plus que de lui. Sa compagnie grossit à vue d'œil. Transportés en Flandre en 1746, les chasseurs firent des merveilles Tannée suivante au siège de Berg-op-Zoom, et ce fut à la fin de cette mémorable campagne que le corps reçut officiellement un accroissement qui le mettait sur le pied de 400 fantassins et de 200 cavaliers.

Au début de la guerre de Sept ans, toute la jeunesse lorraine voulait entrer dans les chasseurs de Fischer. Il fallut porter le corps à 2,000 hommes, partagés en 8 compagnies de fantassins et 8 compagnies de cavaliers. Au milieu de tant de batailles perdues, on peut dire que la consolation de la France, pendant cette fatale guerre, fut dans les exploits de Fischer, et de quelques autres corps de partisans. En 1758, il enlève Marbourg

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€t Ziegenheim, et s'empare de 14 gros canons et de 6,000 sacs de farine. Il surprend Gottingue et Embeck et tire des contributions de tout le pays au delà de la Werra. Au mois de septembre, il engage un vif combat a^ec les chasseurs hano vriens ; il en tue 200 et en prend 27. A la bataille de Bergen, il harcèle l'ennemi, et en enfonce un corps considérable au passage de la rivière d'Arlof. Peu de jours après, il taille en pièces un bataillon de grenadiers et les dragons prussiens de Finkensteim; 2 escadrons furent détruits, 3 autres furent pris avec 2 étendards et la caisse du régiment. En 1769, Fischer défend Oberwitter. En 1 760, il protège les postes de la Roër, et se distingue particulièrement à Clostercamps en défendant Tabbaye.

Fischer céda sa légion, le 27 avril 1761, au marquis de Conflans, qui suivit les traces de son prédécesseur. Le corps prit alors le nom de Dragons-chasseurs de Conflans.

Sa tenue, mieux définie, se composait comme il suit: infanterie : habit, veste, culotte, doublure et parements verts, collet rouge, 2 épaulettes aurore, poches en long, boutons jaunes, 3 sur chaque poche, bonnet de drap vert pour les chasseurs, bonnet de peau d'ours pour les grenadiers. Cavalerie : veste et pelisse vertes, culotte rouge, boutons jaunes, pattelette sur chaque manche, en drap rouge, garnie d'un petit galon aurore^ sabre-

tache rouge avec bordure aurore, bonnet noir. Conflans prend part, en 1 761, à la bataille de Villingshausen; il poursuit le prince Ferdinand de Brunswick, qui avait décampé de Soëst, et rencontre une colonne d'équipages anglais qu'il culbute ; il ramène des prisonniers et une quantité de chariots. Le 12 août, près d'Husdulmen, il attaque un bataillon de la légion britannique, en couche par terre une partie et prend le reste avec tous les équipages. Le 20, il retrouve les débris de ce corps à Ippenburen, et leur enlève 40 prisonniers. Le 3o, près de Rhene, il surprend une troupe en retraite, lui fait 5o prisonniers du corps de Scheiter, et ramène 3o voitures d'équipages. Détaché ensuite vers Osnabrùck, il pénètre dans la ville, y prend 400 chevaux et 800 voitures de vivres. Au commencement de 1762, la légion bat les hussards noirs-jaunes de Prusse et leur fait 17 prisonniers dont 2 officiers. Attaquée le 22 juin à Recklinghausen par 400 chevaux, elle en fait 200 prisonniers et enlève un colonel et un major. Le prince héréditaire de Prusse avait été pris lui-même par 2 chasseurs, mais il avait été presque aussitôt dégagé par les dragons de Bock. Trois jours après, dans une nouvelle rencontre, Conflans tue 20 hommes, en blesse le double, prend 200 cavaliers, et parmi eux le colonel et un cornette de gendarmes hessois, un major et un cornette de carabiniers de Brunswick. En octobre,

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près de Smalemberg,.il enlève 95 hommes d'infanterie et i32 hommes de cavalerie avec 14 officiers.

Dans l'organisation du i^'mars lyôS, le corps devint la légion de Conflans, composée de 1 7 compagnies,. I de grenadiers, 8 de fusiliers et 8 de dragons. L'uniforme resta vert, entièrement vert, avec les boutons jaunes. L'équipage des dragons fut vert, bordé d'un galon blanc traversé dans sa longueur par une raie verte.

Conflans était alors cantonné en Flandre. Il fut réuni à Metz en 1763, et à Vie en 1766. En 1768, les dragons furent transformés en hussards, entièrement vêtus de vert, avec galons et ganses jaunes, schako noir doublé de vert, sabretache rouge bordée d'un galon vert avec le chiffre du roi en drap vert bordé de jaune; schabraque en peau de mouton avec dents de loup vertes.

Conflans était à Marsal en 1770, et à Mirecourt en 1775.

Ce fut là que la légion fut réformée par ordre du 25 mars 1776. Les compagnies d'infanterie, comme celles des autres légions, furent versées dans les régiments d'infanterie, et devinrent, sous le nom de chasseurs, les compagnies d'élite des deuxièmes bataillons. Les 3 escadrons de hussards formèrent le régiment des hussards de Conflans, porté le même jour à 4 escadrons par l'incorporation du 3« escadron de Royal-Nassau

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