Dommanget (Jean- Baptiste), 20 septembre
12. Chabert (François-Félicité), 14 octobre 181 1. i3. Jacqueminot (Jean-François), 3o avril i8i5.
On a voulu faire remonter l'ancienneté de ce régiment à Tannée 1645, en le confondant avec le régiment des Dragons étrangers du cardinal Mazarin, levé cette année en Allemagne. C'est une erreur, résultant probablement de la confusion des titres et des rangs. Ce régiment de Dragons étran-
Mestre de Camp géni^ûL 3oi
gers a été transformé en régiment de cavalerie
ordinaire, le 23 mai 1649, ^^^ ^^ ^^^^^ ^^ ^^8^" ment de Son Éminence ou Ma^arin étranger 2^, et il a été licencié le 1 2 avril 1 66 1 , i mois après la mort du cardinal.
Celui qui nous occupe a été levé par ordre du 2 5 mars 1674, et il a porté le nom de Tessé Jusqu^au 17 décembre 1684, jour où M. de Tessé parvint, comme on Ta vu, à faire créer en sa faveur la charge de mestre de camp général des dragons, en achetant celle de mestre de camp général des carabins, dont Jouissait encore le comte de Quincy.
Les dragons de Tessé, qui occupaient, au moment de leur formation. Vie de Bigorre, Lourdes, Bagnères et Campan, ont fait leurs premières armes en Roussillon, le 26 juin 1674, aux combats de Saint-Jean de Pages et de Morillas. Ils servirent encore 2 ans sur la frontière des Pyrénées, et en 1677 ils rallièrent Tarmée du maréchal de Créqui : ils contribuèrent à la défaite de Tarrière-garde impériale et à celle du prince de Saxe-Eisenach, au mois de juin, puis à la prise de Fribourg. Le régiment passe Thiver en Franche- Comté, et il est en 1678 aux combats de Rheinfeld et de Seckingen, au passage de la Kintzig et à la prise de Kelh et de Lichtemberg.
Il a fait partie, en 1679, ^^ camp de la Sarre, du même camp en 1 68 1 , et c'est de là qu'il partit en septembre pour aller occuper Casai en Piémont.
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En 1 683, il est au camp de la Saône, et en 1684 au siège de Luxembourg.
L'ordonnance qui met le régiment de Tessé sous la dénomination de Mestre de camp général, est du 10 mars i685. La compagnie personnelle qu'avait Tessé, comme mestre de camp général des carabins, devint la mestre de camp du régiment. Celui-ci était à ce moment au camp de la Kintzig. En 1686, on le voit en Dauphiné, et en 1688 dans le Palatinat. Il sert 2 ans sur cette frontière, poussant des reconnaissances jusqu'à Cologne, Juliers et Aix-la-Chapelle. En 1691, il fait partie de l'armée de Flandre, et a 3 officiers tué et blessés au combat de Leuze. Il part ensuite de Sedan où il avait déjà pris ses quartiers d'hiver pour se rendre à l'armée d'Italie; il se trouve à la prise de Villefranche et de Nice et à l'attaque de Veillane.
Revenu sur le Rhin en 1692, Mestre de camp général se distingue tout particulièrement à la défaite des troupes de l'administrateur du Wurtemberg; il demeure sur le Rhin jusqu'à la fin de 1696. L'année suivante, il est appelé à l'armée de la Lys, et il fait le siège d' Ath. Il est au camp de Compiègne en 1698.
A l'ouverture de la guerre de la succession d'Espagne, le régiment fait partie de Tarmée de Flandre. Il prend part en 1 702 au combat de Nimègue. Après la canonnade d'Hectel, il fait la re-
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traite à Parrière-garde sans se laisser entamer par les troupes de Marlborough. En lyoS, il est aa siège de Brisach et de Landau, et à la bataille de Spire. A Hochstedt, en 1 704, il est fait prisonnier tout entier dans le village de Bleinheim. Il se rétablit lentement et ne fut en état de servir qu'à la fin de 1 706. Il passa les années de 1 706 à 1 7 1 2 en Flandre, et acheva cette guerre sur le Rhin. Il était alors commandé par le comte de Bellisle, depuis maréchal de France.
Après avoir séjourné en Languedoc et en Normandie, il vint en 1727 au camp de Stenai, et après ce camp à Thionville. En 1732, il est au camp de la Meuse, et en 1733 à celui du pays messin. Mestre de camp général se rend à Tarmée du Rhin et se trouve à Pattaque des lignes d'Ettlingen, à la prise de Traërbach, au siège de PhiHsbourg et à Taffaire de Klausen. Après une station à Épinal, il part en 1741 pour la Bohême • et assiste à la prise de Prague. En 1742, il se signale au combat de Sahay. « Le duc de Che- « vreuse, qui est un très-beau seigneur, y montre « une valeur étonnante ; il y reçoit un coup de « sabre et un coup de feu à la joue, un coup de « feu au talon et une balle morte à la poitrine. »
Le régiment se conduisit également bien à l'affaire de Frauemberg, à la défense et à la retraite de Prague. Revenu sur le Rhin, il se rétablit à Mirecourt, et quelques mois après il est englobé
dans le désastre de Dettingen. L'année suivante, 1744, après avoir passé Phiver à Orléans, il est envoyé en Flandre, contribue à la prise de Menîn, Ypres et Furnes, et achève cette campagne au camp de Gourtrai. En 1745, il est à Fontenoy et aux sièges de Tournai, Audenarde^ Termonde et Ath. En 1746, il sert devant Bruxelles et Namur, combat à Raucoux et prend ses quartiers d'hiver à Thionville, Vie et Marsal. En 1747, il se bat encore à Lawfeld et devant Berg-op-Zoom, et il termine cette guerre en 1 748 devant Maastricht. La paix l'envoie à Verdun, puis à Sedan. On le voit en 1749 à Chaste et Charmes, puis à Montauban et Milhau, en 176 1 à Cahors,en 1762 à Metz, en 1753 au camp de Sarrelouis, en 1754 à Lisieux, en 1755 àArras, et en 1756 au camp de Calais, puis à Saint-Omer et Joigny. Il était en 1757 à Valenciennes, lorsqu'il reçut l'ordre de se rendre à Liège pour rallier l'armée du Hanovre. Il s'est trouvé à la bataille d'Haastembeck et à l'occupation de Minden, Hanover et Zell en 1757. En 1758, il est de la triste retraite du Hanovre, et combat à Créfeld. Il a fait toutes les autres campagnes de la guerre de Sept ans sur les côtes. Il était en 1762 au camp de Dunkerque.
Depuis ce moment, on le voit en 1763 à Niort et Saint-Jean-d'Angély où il a été réorganisé, le 4 avril, sur le pied de la nouvelle ordonnance -, la même année à Maubeuge, en 1 764 à Bar-le Duc,
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en 1765 au camp de Compiègne, en 1769 à Metz, en 1770 à Caen, en 1772 à Maubeuge, en 1774 à Joigny; il y reçoit, en 1776, le 2^ escadron de chasseurs de la légion royale, et part pour Valenciennes d'où il est allé en 1778 à Hesdin, Ardres et Arras, en 1779 à Bernay, Morlaix, Ploërmel et Redon, en 1780 àChâteaudun, en 1783 à Douai, en 1784 à Joinville, en 1787 à Neufchâteau, en 1788 au camp de Metz, en 1790 à Gharleville, et en 1792 à Rocroi, puis à l'armée des Ardennes. Il était devenu, en 1 79 1 , le 10^ régiment de dragons.
Les guidons de Mestre de camp général étaient blancs d'un côté et bleus de l'autre. Sur la face blanche, on lisait la devise Victoria pinget ; sur la face bleue, semée de fleurs de lys, était brodé un soleil, le tout en or.
Le loe régiment de dragons a fait les campagnes de 1 792 à 1 794 aux armées des Ardennes et du Nord, celles de 1 795 et 1 796 aux armées de Sambre et Meuse et de Rhin et Moselle, les 3 suivantes aux armées de Mayence et de l'Ouest. En 1 799, il servait en Batavie, en 1 800 en Italie, et en 1801 à Tarmée des Grisons. Il s'était fait remarquer aux batailles et combats de Virton, de Rastadt, -de Berghen, d'Alkmaër et de Kastricum. Le colonel Godard avait été grièvement blessé en Hollande. De 1802 à 1804, il est eh garnison à Caen, Bayeux, Argentan et Abbe-
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ville. En i8o5, il fait partie du i**" corps de cavalerie de réserve de la grande armée. Il est en 1807 à Tarmée du Centre et au camp de Boulogne, en 1 808 au corps d'observation de la Gironde, et il passe en 1809 en Espagne, puis en Portugal, et se distingue au combat d'Alméida.
Par suite du décret impérial' du 1 8 juin 1 8 1 1 , le 10* régiment de dragons est devenu le 5® régiment de çhevau-légers lanciers. Sous cette nouvelle forme, il a fait la campagne de Russie au
1 «^ corps de cavsflerie de réserve, celles de 1 8 1 3 et 18 14 au même corps, et celle de 181 5 au 2® corps d'armée. Le colonel Ghabert avait eu
2 chevaux tués sous lui en Russie, et 2 autres également tués à Leipzig.
Pendant la première Restauration, il s'appela le 5® régiment de lanciers d'Angoulême, et reçut le 5* escadron des lanciers de la jeune garde. Licencié après Waterloo, sa dislocation a été effectuée le 2 1 novembre 1 8 1 5 , et il a versé son fond en 181 6 dans le 24® régiment de chasseurs à cheval, dit des Vosges, qui est devenu en 1825 le 12^ de dragons.