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Léopold (Charles- Philippe), 17 janvier

Ce régiment, créé comme le précédent par ordre du 14 septembre 1673, a été formé à Tournai par le marquis de Sauvebœuf, dont il a d'abord porté le nom. C'est en 1675 qu'il est devenu la propriété du Dauphin et par suite d'incidents pareils à ceux qui ont donné à la reine la propriété du régiment précédent.

Il a débuté en 1673 à la prise du château de Sarrebourg, et il était en 1674 à la bataille de

SénefF, suivie des sièges de Dînant, Huy et Limbourg. En 1675, il est au combat de Consaarbruck et à la défense de Trêves. M. de Sauvebœuf, tué le i®' août à Consaarbruck, laissa disponible son régiment que le roi donna le 29 août au Dauphin. L'attention du roi sur ce régiment avait probablement été appelée par sa belle conduite à Tassaut de Sarrebourg et par le fait suivant. Après la compagne de 1674, étant cantonné auprès de Rodemack, il fut surpris dans ses quartiers. Le lieutenant-colonel de Beuzelet fait lestement monter ses dragons à cheval, repousse Tennemi, délivre les prisonniers qu'il avait faits, le poursuit et lui enlève 2 étendards et 2 paires de timbales.

En 1676 il sert aux sièges de Condé, de Bouchain et d'Aire, et l'année suivante il se distingue à la prise de Valenciennes. Ce furent, en effet, les dragons du Dauphin qui emportèrent le fort des Vaches après avoir traversé deux fossés pleins d'eau. Le régiment se trouva ensuite à la bataille de Cassel et termina cette campagne de 1677 par la prise de Saint-Omer. En 1678, il contribua à celles de Gand et d'Ypres et au succès de la journée de Saint-Denis.

Après avoir fait partie du camp de la Sarre en 1681 et 1682, et de celui de la Saône en i683, Pauphin-dragons participe aux opérations du siège de Luxembourg, et retourne en 168 5 au

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camp de la Saône. En 1 686, il est en observation sur la frontière de la Savoie. En 1689 il rallie Tarmée de Flandre et combat à Walcourt, puis à Leuze en 1 69 1 , à la prise de Namur et à Steenkerque en 1692, et à Heidelberg en 1693. En 1695, il fait partie de la garnison de Namur assiégé, et il passe sur la Meuse les trois dernières années de cette guerre.

Pendant que le régiment était en garnison à Namur, le mestre de camp d'Albert vivait à Paris ; c'était assez Phabitude des chefs de corps. Le comte d'Albert apprend que la place était a^si^ée ; il part, se déguise à Dinant en batelier, franchit le camp de Tennemi, traverse la Meuse à la nage et rejoint ses dragons avec lesquels il combat bravement. Cette anecdote est caractéristique, et elle est complétée par ce fait que le comte d'Albert a fini par être destitué en 1699, pour s'être battu en duel' et avoir refusé de se constituer prisonnier à la Conciergerie. Tout le crédit de la duchesse de Chevreuse, sa belle-sœur, ne put parvenir à le faire rétablir.

Au début de la guerre de la succession d'Espagne, le régiment se trouvait encore dans les Pays-Bas. Il fut envoyé en 1702 à l'armée d'Italie^ et se trouva à la bataille de Luzzara, où il chargea à pied et décida le succès de la journée. Tous les capitaines et Soo dragons fiirent tués. Il n'en revint que 18 officiers. Il se trouva encore

cette année au combat de Santa- Vittoria, où fut blessé le mestre de camp lieutenant de Wartigny . En 1 7o3 , Dauphin-dragons est du corps expéditionnaire envoyé dans le Trentin pour faire une diversion utile à Tarmée d'Allemagne ; il s'est trouvé au combat de San-Benedetto et plus tard à la prise d'Asti. On le voit en 1704 aux sièges de Verceil, d'Ivrée et de Verrue, en 1706 à la bataille de Cassano et en 1706 aux désastreuses affaires de Turin. Il a été employé à la garde de la frontière du Dauphiné jusqu'en 1710. Il passa cette année en Flandre et en 171 3 en Allemagne , où il fut employé au siège de Landau.

En 17 18, le régent donna le commandement du régiment du Dauphin au comte de Rions. Il y a lieu de tenir compte au Régent d'avoir évité de mettre ce jeune favori à la tête du régiment de Berry, qui fut également vacant cette année.

Dauphin-dragons occupait en 1729 les quartiers de Carignan. Pendant la guerre de la succession de Pologne, il servit en Italie. Il est cité au siège de Pizzighetone et à la bataille de Guastalla. En 1738, il était cantonné à Conflans, entre Metz et Verdun.

En 1741, il faisait partie de l'armée de Bohême, et il a pris une part active à la défense de Prague et au combat de Sahai. Après s'être rétabli à Épinal en 1743, il partit en 1744 pour

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la Flandre, fît les sièges de Menin et dTpres et passa rhiver au camp de Courtrai et à Dunkerque. Au mois d'avril 1745, il se met en route pour rallier Farmée des Alpes ; il assiste aux sièges entrepris cette année, fait en 1 746 la campagne de Provence qui a pour résultat de forcer Tennemi à repasser le Var. Le mestre de camp, marquis de Lescure, a été tué à la bataille de Plaisance, 16 juin 1746, où les dragons firent des prodiges de valeur. Le régiment y eut 2 capitaines tués et 1 1 officiers blessés.

En 1 747 il fait successivement partie du camp de Gap et du camp de Valence, qu'il quitte au mois d'octobre pour se rendre à Strasbourg. On le voit ensuite au Puy en 1749, à Strasbourg en 1751, à Sainte- Foy et Bergerac en 1762, à Libourne en 1753, à Bergerac en 1764, à Schlestadt et au camp de Valence en 1755, puis à Saint- Esprit et à Castres, en 1756 à Libourne.

Dauphin -dragons a servi sur les côtes de Guyenne pendant les trois premières campagnes de la guerre de Sept ans. Il occupait pendant les deux campagnes suivantes Dunkerque et Bergues, et il fut appelé en 1761 à l'armée d'Allemagne. Il s'est signalé au combat d'Hohenkirchen, où il a fait une centaine de prisonniers et protégé la retraite.

A la paix, il est mis en garnison à Thionville, où il est réorganisé le i®' avril 1763. On le voit II. 19-

depuis en 1766 à Épinal, en 1767 à Clermont- Ferrand, en 1769 à Sedan, en 1772 à Limoges, en 1773 à Libourne, en 1774 à Stenai, où il reçoit par incorporation le 2® escadron de chasseurs de la légion de Flandre, en 1776 à Provins, en 1779 àThionville, en 1781 à Metz, en 1782 à Angers, en 1787 à Metz, en 1788 au camp de Metz, en 1789 à Senlis, puis à Amiens, en 1790 à Rouen, puis à Pont-à-Mousson, et en 1791 à Thionville, où il prend le titre de 7* régiment de dragons.

De 1792 à 1794, il sert aux armées des Ardennes, du Nord et du Rhin, et se fait distinguer à Jemmapes. En 1795 et 1796 il fait partie de Tarmée de Sambre et Meuse et de celle de TOuest. Il fait la campagne de 1797 en Allemagne avec le général Hoche et celle de 1 798 sous Kilmaine à Tarmée d'Angleterre. Passé à Tarmée d'Italie en 1799, il est à la bataille de Marengo et combat dans ce pays, spécialement dans les Calabres, jusqu'à Tannée 1809 sous les ordres de Joubert, de Schérer, Moreau, Championnet, Bonaparte, Masséna, Brune, Murât et Gouvion Saint-Cyr.

En 1809, il part pour la Hongrie avec le prince Eugène, et se distingue au passage de la Piave et à Wagram. Revenu en Italie après la cannpagne d'Autriche, il fait partie en 18 12 et 181 3 des armées de Russie et de Saxe, et de la 3® division de cavalerie de réserve. En 18 14, il est au

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i*' corps de cavalerie et en i8i5 à la 4® division de réserve de cavalerie.

Le 7® régiment de dragons est remarquable par le grand nombre de sabres d'honneur qu'il a reçus et qui atteste sa bravoure pendant les guerres de la République. Il a été commandé pendant quelques mois par le célèbre Guibert. Un de ses chefs mérite d'être particulièrement signalé. C'est Lavérand. Dragon au corps en 1774, il y a pris tous ses grades. Il avait eu un cheval [tué sous lui le i«' mai 1793 près de Valenciennes. Le 5 août 1794, avec une partie du régiment, il combat pendant trois heures contre 4,000 chevaux commandés par le général Clairfayt qui l'enveloppent, et parvient à se faire jour. Le 2 septembre 1 796., il se couvre de gloire près de Nuremberg, en chargeant avec 3 escadrons une forte colonne ennemie, en la culbutant et en délivrant les prisonniers qu'elle avait faits. Au passage du Mincio, le i«' janvier 1809, il dirigeait son régiment de la manière la plus habile.

Son successeur le baron de Séron fut aussi un remarquable colonel. Il a eu le bras gauche fracassé par un boulet à Wagram.

Sopransi commandait le régiment en Russie, et plus tard à Dresde et à Leipzig.

Léopold était à sa tête à La Fère Champenoise et à Waterloo, où presque tous les ofl&ciers furent atteints par le feu de l'ennemi.

Le régiment, qui avait porté un instant sous la première Restauration le numéro 5, et le titre de dragons d'Angoulême, et qui avait reçu à Béthune les 2 derniers escadrons du 28^ dragons, ex- 7® bis de hussards , a été licencié à Tannée de la Loire, et son fond est entré en 18 16 dans la composition du 7® dragons de la Manche,^devenu en 1826 le 7® régiment de cuirassiers.

Dauphin-dragons avait des guidons bleus, semés de fleurs de lys et de dauphins alternés, avec le soleil au centre. Ils étaient brodés et frangés d'or et d'argent.

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