‹ Histoire de la cavalerie françaiseChapitre 60 sur 68 · Saviot(N.), 19 avril i8i · texte numérisé non relu

Saviot(N.), 19 avril i8i

Ce régiment a été levé en Languedoc par ordre du 4 octobre 1676, sous le nom de Barbezières. Il a fait en Allemagne et en Flandre les campagnes de 1677 et 1678, Cette dernière année, le marquis de Barbezières, qui avait porté au roi la nouvelle de la victoire remportée à Saint- Denis»

près de Gand, bataille dans laquelle avait été tué le chevalier de Fimarcon, mestre de camp d'un régiment de dragons plus ancien et probablement mieux composé que le sien, obtint du roi, le lo août 1678, ce régiment sous condition de céder celui qu'il possédait au jeune marquis de Fimarcon, neveu du défunt, de sorte que Fimarcon devint Barbezières et Barbezières Fimarcon. Cet échange a jeté dans l'histoire de ces 2 régiments une confusion qui nous a donné quelque peine à débrouiller. Celui qui nous occupe ici, et qui a porté pendant vingt-sept ans le nom de Fimarcon, puis ceux de du Cayla, de Tilladet, de Châtillon et de Goësbriant, est devenu le 12 décembre 1724 la propriété de la maison de Condé, et a porté les titres de Condé ou de Bourbon jusqu'au 2r février 1740, c'est-à-dire jusqu'à la mort de Louis-Henri duc de Bourbon, son mestre de camp propriétaire, qui ne laissait qu'un fils très-jeune, celui qui est devenu le chef de l'émigration.

Louis XV gratifia alors du régiment un jeune gentilhomme, le chevalier de Mailly, dont le nom devait lui être cher, et le corps a porté ensuite les noms des 4 mestres de camp qui suivent. Le 21 février 1774, il s'appela comte de Provence, du nom du prince à qui il était donné, titre que le prince et son régiment quittèrent le 20 mai de la même année pour prendre celui de Monsieur,

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qu€ là mort de Loiais XV faisait revivre pour le frère puîné da roi Louis XVI. Le régiment, qui avait de 1724 à 1740 marché après Orléans, pritcette fois rang après le Dauphin.

En i683, Fimarcon-dragons était au camp de la Sarre. Six dragons voulurent profiter pour déserter de la proximité de la frontière. Le lieutenant de Fimarcon, frère du mestre de camp et son successeur dans le commandement du corps, devina leur intention, les suivit, se battit seul contre eux, et en arrêta trois. Cet acte de vigueur lui valut le grade de capitaine et un grand ascendant sur ses hommes. En 1684, le régiment faisait partie du camp que M. de BoufBers commandait en Flandre.

Au début de la guerre de 1688, Fimarcon servit d'abord sur le Rhin •, il se rendit en 1690 à Tarmée que Catinat commandait en Italie, et contribua à la victoire de Staffarde le 18 août. En 1691, il se distingua également au combat de Suze. Rappelé en 1692 à Tarmée de Flandre, il se battit vigoureusement à la journée de Steenkerque ; son mestre de camp y fut tué. En 169 3, il était à la bataille de Neerwinden. Pendant le reste de cette guerre, il demeura constamment en Flandre, servant à quelques sièges, faisant des courses dans les Pays-Bas, ou surveillant les cotes.

Il reparut en Italie en 1701, et après quelques

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En 1 74 1 , sous le nom de Mailly , le régiment est à Tarmée de Flandre, qui n'eut d'abord pas d'ennemis devant elle. Aussi le roi, pour faire plaisir aux dames et pour faire paraître le jeune mestre de camp, l'appela-t-il à Paris avec 100 de ses dragons pour servir de garde d'honneur à l'ambassadeur de Turquie , Méhémiet-Effendi, qui fit une entrée solennelle le 7 janvier. C'était un spectacle extraordinaire à cette époque que la venue d'un diplomate de l'Orient.

En 1743, le régiment fut occupé d'une manière plus sérieuse. Il partit de Dunkerque pour se rendre en Allemagne, où une armée se formait pour remplacer celle qui avait à peu près été détruite en Bohême et en Bavière. Il se trouva ainsi à la bataille de Dettingen, après laquelle il alla se rétablir à Landrecies et Avesnes.

Revenu en Flandre en 1 744, il fait le siège de Menin et passe l'hiver au camp de Courtrai.

En 1745, il est à la bataille de Fontenoy et à la prise de Tournai, d'Audenarde, de Termonde et d'Ath. Après avoir passé le quartier d'hiver à Maubeuge, il arrive devant Bruxelles, fait le siège de Namur, et combat à Raucoux. En 1747, il est à la réduction- d'Anvers et des places de la Flandre maritime. Pendant la bataille de Lawfeld il était au camp de Tirlemont. Après cette bataille il est employé au siège de Berg-op-Zoom. Il termine cette guerre en 1748 devant Maëstricht.

Envoyé à Toul après la reddition de cette place, on le voit depuis en 1749 à Périgueux, en 1760 à Sainte-Foy, en 1752 à Besançon, en 1753 au camp de Gray, puis à Pont-Saint-Esprit, en 1765 à Castres et à Strasbourg, en 1756 à la Ferté- Macé, Mortain et au camp de Granville, puis à Dol, Quimpa:^ et Pontivy, enfin en 1757 à Haguenau.

C'est de là qu'il partit pour rallier l'armée du Hanovre. En 1768 il avait 2 escadrons en Allemagne, tandis que le reste du régiment gardait les côtes de Bretagne menacées par les Anglais. Il prit une part très-brillante au combat de Saint-Cast, livré le 4 septembre 1758 contre un corps anglais qui avait réussi à débarquer et qui fut complètement refoulé à la mer.

En 1 759 le corps entier était à Vienne sur les bords du Rhône. Il revint la même année en Bretagne pour participer à une expédition projetée en Ecosse. Ce projet étant resté sans exécution, 2 escadrons partirent pour TAllemagne en 1760, les compagnies demeurées en Bretagne furent distribuées entre Carhaix, Guéménée, Guingamp, Chatekudren et Pontivy. Au moment où la paix était signée, le régiment était en entier à Pontivy où il fut réorganisé le 7 avril 1763. Il est allé depuis en 1763 à Joinville et Saint-Dizier, en 1764 à Sedan, en 1766 à Joigny, en 1788 à Sarrelouis, en 1770 à Valenciennes,

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en 177 1 à Abbcville, en 1772 à Vitré et Fougères, en 1774 à Falaise, en 1776 à Cambrai, en 1778 à Falaise et au camp de Vaussieux, puis à Lille, en 1779 à Dunkerque et Abbeville, puis au Mans, en 1783 à Schlestadt, en 1788 à Huningue et Colmar, puis à Chalon-sur-Saône, Vienne, Limoges et Mâcon, en 1790 à Saint- Mihiel et Thionville, en 1791 à Ruffach, Fort- Louis du Rhin et Toul, enfin à Epinal en

Il avait reçu dans ses rangs, en 1776, le troisième escadron de chasseurs de la légion de Flandre.

Les guidons de ce corps ont souvent varié.

Nous n'avons retrouvé que ceux qu'il a portés sous le duc de Bourbon. Ils étaient de couleur ventre de biche, semés de fleurs de lys, les armes de Condé au centre, brodés et frangés d'or et d'argent. Pendant les années qu'il a appartenu à Monsieur, le comte de Provence, ses guidons ont dû reproduire les couleurs et les dispositions des étendards du régiment des carabiniers qui était la propriété du même prince. .

Sous son nouveau titre de i3* régiment de dragons, le corps a pris part à la répression des troubles de la garnison de Nancy le 3i août

Au début de la guerre, il fut attaché à l'armée du Centre, puis à celle du Nord ; il s'est dis-

tingué à Valmy et à Jemmapes. Il a fait les campagnes de 1796 à 1796 dans TOuest, et les suivantes jusqu'à la paix d'Amiens en Allemagne et en Suisse : il est cité au siège de Thionville, aux combats d'Engen et de Mûldorf, au combat d'Ingolstadt et à la bataille de Hohenlinden. Le colonel Levasseur fut blessé en Suisse, le 2 5 septembre 1799, ^^ passage de la Limath, en chargeant sur les Russes. Un de ses prédécesseurs, Fouque, qui avait été tambour-major au corps, et qui le commandait pendant son séjour dans rOuest, fut destitué après neuf mois d'exercice.

De 1 802 à 1 804, le 1 3« dragons a stationné à Valenciennes , Montreuil et Bapaume, faisant partie de l'armée des Côtes de l'Océan. Il a fait les campagnes d'Autriche, de Prusse et de Pologne, celles de 1808 à 181 3 en Espagne et en Portugal, et les deux dernières de l'Empire en France et en Belgique; il est cité à la prise d'Ulm, aux combats de Memmingen et d'HoUabriinn, à la bataille d'Austerlitz, à celles de Pulstuck et d'Ostrolenka, aux affaires de la Corogne, de TArzobispo et de Villafranca, aux batailles de Dresde et de Leipzig.

En 1814, le i3® régiment de dragons prit le numéro 8, par suite du mouvement qui s'opéra sur la tête de l'arme pour remplir les numéros vacants. En 181 5, il reprit le numéro i3, et fut licencié à la fin de cette année. On ne sait ce que

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sont devenus ses débris. La probabilité est que le fond du 8® régiment de 18 14 a été versé dans le 8® de 1816, les dragons du Rhône, corps qui a été organisé à Lunéville le i®^ février 18 16, et qui est devenu en 1825 le 8® régiment de cuirassiers.

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